1 - Programme de base, 3 samedis par niveau, diffusé à l'IPT

voir ci-dessous "Le sens du culte" par le professeur Nicolas COCHAND, le 26 novembre.

2 - Programme formation continue sur sept samedis matins à Batignolles

Formation de base à  la prédication en deux niveaux

26 novembre 2016 + 14 janvier + 4 février 2017

2016_0602 - Formation-PREDICATION-L

 

Première journée samedi 26 novembre: Les deux niveaux se sont trouvés le matin en présence du professeur Nicolas COCHAND après une introduction générale par Marc PELCÉ

Présentation de Nicolas Cochand par Marc Pelcé

Professeur de théologie pratique, Docteur en théologie de Neuchâtel, passage à l’IPT de Montpellier, pasteur à Paris Auteuil en 2013, professeur à l’IPT Paris.

Diverses questions sont abordées dans la présentation de Nicolas Cochand avec questions et remarques de la salle (niveau 1 et 2 réunis)

Le sens du culte

Théologie pratique : comment réfléchir sur le culte ? Autrefois, on parlait de doctrine et pratique du culte : on pose la théorie, puis on l’applique. Aujourd’hui on regarde comment se passent les choses.

Quand commence le culte ? A l’accueil des fidèles ? Chez soi ? Quand le prédicateur parle ? Quand on réfléchit sur ce qu’on va dire ? « Autrefois », on entrait dans le temple avant que le culte ne commence. On avait un moment de prière individuelle et de recueillement. Aujourd’hui, de plus en plus, les fidèles arrivent « échelonnés ». Par ailleurs, on vit maintenant entouré de musique partout où l’on va, donc la musique d’entrée, même à l’orgue, n’impressionne plus vraiment, de façon générale, on s’arrête de parler quand l’officiant se lève. On peut donc dire que la pratique interroge, et les observations faites sur le comportement des fidèles nous apprennent bien des choses.

Etre prédicateur signifie donc aussi gérer des agacements. On vit un peu comme si les fidèles attendaient le « replay ». Et c’est un peu tout le monde qui arrive n’importe comment, surtout en région parisienne ou globalement dans les grandes villes (transports, embouteillages……). C’est donc un changement du rapport que l’on a à l’église et au culte. On ne se sent plus jugé quand on arrive en retard.

Manière de prêcher : est-ce qu’on monte en chaire ? Où se situe-t-on ? Posture d’autorité ou posture d’accompagnement ?

Premières paroles :

Invitation à se lever (geste) ? la grâce et la paix vous sont données ? Bienvenue ? Dieu vous convoque (ou vous reçoit) ? La paix du Seigneur soit avec vous ?

Ce qui fait référence, c’est la couleur du classeur liturgique. Actuellement on est en liturgie jaune (depuis 1996). En 1963, on était en liturgie verte (vœu du synode constitutif de 1938). Avant, c’était la liturgie noire (1898) adoptée par le synode général des églises réformées. Synode officieux parce qu’il fallait l’autorisation de l’Etat (autorisation donnée par Napoléon 3 en 1872).

Pour la liturgie jaune, c’est la salutation apostolique qui fait référence. Qui parle ? C’est Dieu qui parle.  L’officiant s’adresse à l’auditoire, mais sa parole n’est pas uniquement la sienne.

Référence à Searle : 5 types d’actes de parole

-       Représentatif (ex : il fait beau) : La grâce et la paix vous sont donnés, mais en fait il s’agit là de la réalité de la foi non observable.

-      Directif : donner un ordre. Inviter celui à qui l’on parle. Mais le fidèle n’est pas forcément préparé, c’est donc une invitation à se situer sous la grâce.

-     Promissif : la grâce est là, mais c’est une promesse que Dieu nous a faite. Ce n’est pas l’officiant qui accomplit la promesse.

-       Expressif : comment vais-je habiter ces paroles que je dis ? Il faut aussi communiquer un peu de joie. On porte la Parole. On donne envie de suivre parce qu’on a soi-même reçu la grâce. « vous » est donnée par « notre » Dieu. Ce vœu est difficile à habiter, il nous donne une certaine autorité.

-      Déclaratif (encore appelé performatif) : c’est la parole qui accomplit ce qu’elle dit. Par exemple « je te baptise ». C’est la réalité irréversible de notre foi. Un peu comme lorsqu’on dit « la séance est ouverte ».

C’est le Conseil presbytéral qui confie la parole au prédicateur, ce n’est pas le pasteur. Dire la parole d’ouverture, c’est habiter une certaine autorité.

Ce qui fait le culte, c’est que nous avons été accueillis par Dieu. La grâce est première, le reste est un chemin. L’assemblée a répondu à une convocation. La grâce est donnée ici et maintenant. C’est la Parole de la Bible, l’église se constitue par l’écoute de la Parole. Le culte est un temps à part qui habite notre vie quotidienne. Comment articuler ce qui est dit et ce que nous recevons comme Parole de Dieu ? Cf Luther : « Il y a vraiment église là où la parole est droitement prêchée et où les sacrements sont correctement célébrés et reçus dans la foi ».

Il faut distinguer l’institution et l’événement. L’église a lieu lorsque les personnes sont réunies. Que signifie « droitement prêché » = fidèle aux Evangiles. Mais c’est aussi la parole dans laquelle le prédicateur met quelque chose de lui.

Qui choisit le texte ? La Bible en 6 ans et pour chaque dimanche le texte œcuménique. Mais on peut aussi s’inscrire dans une thématique proposée par le projet d’église, ou prêcher sur un texte qui vous parle. Le critère central est le rapport à l’Ecriture.

Les sacrements sont confiés à celui qui a la Présidence du culte. La manière de faire de l’église est un déroulement habituel. Les gens qui sont venus ont des repères. Si on change, il faut expliquer pourquoi. La manière de faire est la trace de l’église locale. Mais il y a des éléments communs. Le culte nous vient de la tradition chrétienne occidentale. Les répons datent de la fin du 19ème siècle. Il y a des traces de notre histoire dans un culte (regarder de quand datent les cantiques).

On n’est jamais seul avec un texte biblique, on l’interprète. Etre l’interprète ne signifie pas forcément dire quelque chose d’original. La prédication repose sur le brassage d’idées. Comment habite-t-on la Parole ? On peut même plagier, mais il faut habiter ce que l’on dit.

Que signifie « célébré » : honorer, servir, recevoir fruit et édification (nourrir la personne et la communauté). Le but d’une prédication est que ceux qui sont là reçoivent quelque chose. C’est le témoignage intérieur du Saint-Esprit. La Parole de Dieu est ce qui est reçu par les personnes, donc un mouvement personnel. Le prédicateur est un canal. La parole de Dieu est un événement. Elle ne peut pas être mesurée objectivement. C’est le « joyeux échange de la foi », comme disait Luther.

Nous n’avons pas la maîtrise ce qui se passe dans la personne. Mais cela implique un travail sérieux, le Saint-Esprit n’aide pas les paresseux. Le travail spirituel nous amène à faire un travail sur nous-mêmes.

Que chacun s’examine lui-même avant la communion. Il faut articuler la parole humaine et la Parole divine. Permettre un espace et un temps où la Parole est au service de ceux qui sont là.

(Notes d'étudiant)

 

2 - Formation continue : Atelier de prédication à Batignolles

2016: 8 octobre, 5 novembre, 3 décembre

2017: 28 janvier, 25 février, 18 mars, 13 mai

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