Cellule formation erf-rp

31 mars 2012

ACCUEILLIR LES CONFLITS, "CE QUE JE NE PEUX ÉVITER JE L'EMBRASSE"

ACCUEILLIR LES CONFLITS À LA MANIÈRE DE WILLIAM SHAKESPEARE

Bernard_Dugas660 

Le programme de la journée se trouve sur ce blog à la date du 25/02/2012

1Objectifs_AC 

2causes 

3origine_JPEG 

4Frederic_Rognon F

5niveaux 

6Solutions  

7Reactions 

8Elements 

9Elements 

10declencheur 

11changements 

11changements  

13àrigines 

12Changement  

16Erreurs 

17Adversaire 

18Acceptable 

19Trouver 

Post-it_662

20Fluidifier 

21Gerer-le 

22Gerer-les 

23ManagerConflits 

98Managerleconflit2  

25Outils 

26Reguler 

27Trois-regles  

28Assertivité 

29Efficace 

30Communiquer 

31Conclusion 

32Résoudre 

33Reflexion  

 

Rapports664 

34Compétences 

ACCOMPAGNEMENT DU CHANGEMENT POUR MINIMISER LES "CHANCES" DE CONFLIT - Bernard DUGAS : LES GRILLES DE LECTURE -

Bernard DUGAS est au Pole National de Formation de l'ERF. Il se trouve sur la photo de groupe ci-dessus.

37Grille-lecture 

38grille 

39Negociateur 

40engagement  

41Contestation 

42emotionnel  

 43facteurs

44succes  

 Frederic_Rognon 

Rognon 

Un culte, un repas, des échanges eurent lieu au cours de cette journée préparée spécialement par la Cellule formation pour les Conseillers presbytéraux. Les participants peuvent ajouter dans les commentaires ce qu'ils voudraient partager sur le blog. 

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25 février 2012

ACCUEILLIR LES CONFLITS

ACCUEILLIR LES CONFLITS

Cliquer sur le cadre ci-dessous pour agrandir l'image et au cas où elle n'apparaitrai pas.

2012_0331 - J des CP - 31 mars 2012 

Pour imprimer le texte ci-dessus, déplacer l'image sur le bureau de votre ordinateur, puis ouvrir en cliquant sur son icone et enfin une fois ouverte l'imprimer.

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15 février 2012

PRECHER LA CONVERSION

conversion_aval

PRÊCHER LA CONVERSION, PAR ANDY BUCKLER

DEUX GROUPES DISTINCTS AVEC DES PRISES DE NOTES DIFFÉRENTES ET COMPLÉMENTAIRES DE GEORGES LAWTON ET DE PIERRETTE LIENHARDT

FORMATION PRÉDICATEURS LAICS – groupe 2A – 11 février 2012

Prêcher la conversion           Andy BUCKLER

Poser les fondements

Conversion : Ce terme est délaissé dans nos églises un peu comme la « mission »…

Le terme revient à la mode, travail : reconversion professionnelle, reconversion d’une maison, conversion des devises, conversion en informatique….

Google : 5 pages pour arriver à une connotation religieuse et c’était conversion à l’Islam…

La conversion est au cœur de l’évangile, donc de la prédication

Mc 1-15 : « convertissez-vous et croyez en l’évangile »  ou « changez votre vie… » ou « repentez-vous »…. CHANGEMENT profond : métanoïa, changement de logique, de pensée

Se détourner de qq-chose vers autre chose, ici vers une personne…

Dans la continuité des prophètes, qui appellent à revenir sur une route déjà tracée.

Jésus comme les disciples appellent à une réponse. Pierre : « convertissez-vous »

Rm : 12-1,2  Paul : « ne vous conformez pas au monde présent mais soyez transformés (metamorphos) » s’adresse aux chrétiens, donc pas seulement à ceux qui croient déjà…

Vise le changement profond de l’auditeur

Dans le NT : 2 niveaux

-       Changement définitif et radical, suite à un appel  (les premiers disciples, Nicodème, Saul, ).

-       Changement progressif par l’écoute et le cheminement… les disciples accompagnant Jésus. Nicodème aussi on le revoit…

Conversion : pas forcément un changement soudain ni uniquement un cheminement : c’est les deux…

On ne peut pas ne pas prêcher la conversion… Laurent Schlumberger « Sur le seuil »

Prêcher : Mettre l’auditeur devant un choix nécessaire…

Devons-nous chercher la conversion ?  Danger : se mettre à la place de Dieu, nous ne sommes pas maître de ses effets…C’est la Parole qui convertit… Evangéliser pour sauver ? Non, ce n’est que Dieu qui sauve…

Bonhoeffer : « rester à une distance entre le sujet propre de la parole et moi-même »

Posture prophétique du prédicateur :

Es 55 « venez… demandez… recherchez le Seigneur, appelez le, … , mes pensées ne sont pas vos pensées….mes chemins ne sont pas vos chemins… » C’est la Parole de Dieu qui agit…

Si le prophète est confiant, il s’attend à ce que sa parole agisse….

St- Augustin        Doctrinal

                        Ludique

                        Evangélisateur                        Les 3 aspects doivent être présents… 

D’abord nous laisser convertir par le texte que nous prêchons….

Et par cette conversion retrouver cette confiance en une parole qui agit…

Luther 3 stades de lecture : Oratio – Meditatio – Tentatio  (mise à l’épreuve)

Confiance mais humilité

Oser mettre les gens au défi de la Parole : Foi de confort ou Foi de conversion qui interpelle

Bonhoeffer : la bonne question est : « qu’est-ce que ce texte dit à la communauté et non pas qu’est-ce que je vais dire à la communauté ! »

Mettre en pratique

Prédication de type évangélisation :

Ce n’est pas:

- la vente de photocopieurs, faire des consommateurs, commercial…

- un discours de campagne politique (cherchant des adhérents),

- une leçon de morale (changement d’action sans fonds)

C’est du prosélytisme c'est-à-dire faire des disciples. C’est ce que faisait la première Église évangélique – c’est l’évangile que l’on prêche pas notre église, pas pour faire des protestants !

            - être enthousiaste cad « porté par Dieu »  en-theos

            - pentecôtiste : l’action du Saint Esprit

            - être équilibré entre l’aspect repentance (se séparer de qqchose)  et l’aspect foi (s’attacher au Christ)

            - annonce d'une bonne nouvelle centrée sur le Christ

            - faire un appel personnel – à l’auditeur dans sa personnalité – grand respect de l’autre message qui vient par une personne, la bonne nouvelle est incarnée. Fait appel à toute la personne : intelligence, sentiment..       

Une communication : Schlumberger : différence entre mode digital (cérébral) et le mode analogique (sentiment)

On essaie de faire le lien entre monde biblique et le monde aujourd’hui.

Mode cérébral : mode apologétique : raisonner la foi, convaincre par l’argumentation raisonnée : les pères de l’Eglise (Clément d’Alexandrie, concept du logos pour faire le lien avec la logique grecque).

Essayer de rejoindre les gens, expliquer le sens de l’Evangile dans le monde d’aujourd’hui. Karl Barth : prêcher la Bible dans une main et le journal dans l’autre.

Mode analogique : rejoindre les gens dans leur vécu = mode inductif : commence avec le particulier avec l’exemple pour aller vers le général… Commence par petite histoire, emploie le narratif la parabole est dans le mode narratif… Jésus : multiplication des pains = analogique, pain de vie = digital

Il faut un équilibre entre les deux…

Construire des ponts c’est créer des ouvertures , il est facile de provoquer des réponses en créant des ouvertures… profiter de certains moments spécifiques pour choisir tel ou tel types de discours… Noël, Baptême, mariage etc…

Faciliter des réponses possibles : par exemple certains passages des épitres qui appellent à « lâcher »

Le prédicateur peut provoquer des réponses si

            - Unité entre culte liturgie et prédication,

            - Il y a des réponses liturgiques : ex après la prédication : temps de silence peut être proposé comme temps de prière et de réponse à la parole. Par un cantique bien choisi et expliqué ; une confession de foi, une prière orientée… le temps des annonces… tout peut être décliné comme une réponse à la parole…. Proposer un geste liturgique… allumer une bougie…  Par des gestes : se tenir la main en disant le Notre Père… Petit papier à écrire… temps de prière personnalisée à la fin du culte…

            Penser la suite :

Que fait-on pour accompagner ? Visites à faire ? Invitations ?

Bonhoeffer : « la parole est en chemin vers la communauté et je suis invité comme prédicateur à accompagner ce mouvement »

Luther 3 conversions        Cœur

                                    Intelligence

                                    Portefeuille

(Notes: Georges Lawton)



FORMATION PRÉDICATEURS LAICS – groupe 2B - 21 janvier 2012

Andy BUCKLER : PRÊCHER LA CONVERSION.

Le message délivré ici ne se veut pas normatif, à chacun de construire autour….

POSER LES FONDEMENTS.

QU’EST-CE QUE LA CONVERSION ?

Le mot « conversion » est actuellement quelque peu délaissé par la théologie. En revanche, dans la vie courante, on le retrouve par le biais du monde du travail où l’on parle de reconversion, en économie avec les conversions de monnaies, ou même en informatique, lorsqu’il s’agit de convertir Word en PDF…

Si l’on fait une recherche dans Google avec le mot-clé « conversion », il faut attendre 5 pages avant de trouver une référence religieuse, et encore, il s’agit de l’Islam !

Si le mot « conversion » revient, c’est parce que l’on reparle davantage d’évangélisation.

Dans le Nouveau Testament, le thème de la conversion est omniprésent, au cœur de la prédication des débuts.

Marc 1/15 : les premières paroles de Jésus sont un appel à la conversion. Il est intéressant, à cet égard, de comparer les différentes versions de traductions de la Bible, le vocabulaire est d’une grande souplesse pour traduire cette idée.

En grec, il n’y a qu’un seul mot, « metanoïa », qui peut se traduire par repentance, changement, retournement d’intelligence, de logique, changement radical d’orientation.

Il s’agit donc d’une invitation à une réorientation fondamentale.

Première idée, c’est se détourner de quelque chose pour se tourner vers autre chose, en l’occurrence, vers quelqu’un d’autre : le Christ.

Jésus lui-même n’a jamais laissé personne indifférent, il provoquait des réactions, appelait des réponses.

Tout comme les prophètes, dont la posture était analogue : ils interpellaient le peuple pour qu’il se détourne des faux dieux et qu’il revienne sur le bon chemin.

Le jour de la Pentecôte, l’évangile de Jésus-Christ est annoncé de façon à amener une réponse. Il y a beaucoup de monde, et c’est en quelque sorte interactif : que devons-nous faire ? Réponse de Pierre : « convertissez-vous » ! (metanoïa)

Dans les Epîtres, même chose : ce ne sont qu’exhortations. Ex : dans l’Epître aux Romains, Paul expose l’Evangile, puis exhorte au sacrifice vivant : « ne vous conformez pas au monde présent, mais transformez votre intelligence (c’est « metamorphosis » plutôt que « metanoïa ») ; cette métamorphose peut même concerner la morphologie. 

Ce changement profond auquel on est invité peut se produire sous deux aspects : il peut être définitif et radical, ou au contraire progressif. Il faut garder présent à l’esprit ces deux aspects, tout en les nuançant.

-Changement radical :

Ce sont les disciples qui abandonnent leurs filets sur le champ pour suivre Jésus.

C’est Nicodème à qui l’on explique la nouvelle naissance par le Saint-Esprit.

C’est Paul sur le chemin de Damas : conversion subite par une parole venue de « l’extérieur ».

-Changement progressif :

On se laisse progressivement aller à recevoir la Parole… Dans Romains 12 : laisser la parole nous habiter en profondeur, pour parvenir à une unification intérieure de la personne (justification)

Quand on est élevé dans une famille chrétienne, l’imprégnation est progressive, et la confirmation vient expliciter l’enseignement reçu.

Et il y a des moments-clés, dans la vie, qui nous amènent à faire le point.

Mais les « born again », eux, sont dans une logique de rupture : dans cette optique, on ne peut pas ne pas prêcher la conversion.

En effet, quelle serait la valeur d’une proclamation évangélique qui ne serait suivie d’aucun impact repérable dans la vie de celles et ceux qui l’ont reçue ? (L. Schlumberger : « Sur le seuil ».)

Dans Mathieu 7, à la fin du sermon sur la montagne, les gens sont appelés à se situer clairement ; Jésus cherche à provoquer par l’exagération.

Posons maintenant une antithèse !

Ce n’est pas la parole du prédicateur qui opère, c’est celle de Dieu. Alors l’enjeu est de savoir si c’est par notre intermédiaire que doit venir la conversion ?

Nous prêchons la parole qui mène à la conversion, donc il faut laisse la parole fructifier, si le terreau est bon… Dieu seul sauve, donc ce n’est pas nous qui sauvons, ne nous mettons pas à la place de Dieu.

Schlumberger, à cet égard, parle plutôt de « sauver » que de « convertir ». Est-ce qu’on doit annoncer l’Evangile pour sauver les gens ? Sa réponse est plutôt non.

Evangéliser pour sauver : ce type de réponse présente des avantages majeurs, mais me semble rejeté par la conviction qui est au cœur de la compréhension protestante de l’Evangile : Dieu sauve par sa grâce seule, quelle que soit la manière dont on comprend le salut,  et cette diversité me semble parfaitement légitime, ce salut est l’œuvre de Dieu et de Lui seul.

Bonhoeffer, lui, dit qu’il faut rester à une certaine distance du texte. Ex : dans un texte sur la colère, ce n’est pas moi qui suis en colère.

La réussite d’une prédication ne tient pas à la compétence technique et à l’oralité du prédicateur, mais au texte, à travers lequel Dieu agit. D’ailleurs Dieu peut susciter des conversions indépendamment de la prédication. Et il arrive quelque fois que les auditeurs entendent autre chose que ce que l’on a dit.

Synthèse :

Finalement, on fait appel à l’action de Dieu, car, dans la prédication, on peut être mal à l’aise, eu égard au contexte laïc de la, société, et aussi au fait que  l’on a un peu l’impression de faire une intrusion dans la vie privée des gens. On est réticent à l’idée de les influencer… Bref, on n’a pas trop envie de bousculer les gens.

Certaines hésitations peuvent aussi provenir du fait qu’on ne se sent pas à hauteur, ou qu’on est influencé par la culture de notre église : façon de voir la foi, culture d’une foi-confort plutôt que d’une foi-conversion… Et c’est plus rassurant d’être dans la continuité que dans la rupture, alors que dans l’Evangile, il y a des deux.

Il faut avoir confiance dans les textes, comme les prophètes de l’AT, qui ont plus confiance dans la Parole qui les précède que dans leur propre parole. Ainsi, Esaïe croit en la force de la parole qui va agir : sa parole ne reviendra pas sans résultat, car c’est Dieu qui parle.

Le prophète se sait messager d’une parole qu’il laisse résonner chez les gens, car c’est elle qui agit, et non pas sa propre puissance personnelle.

D’ailleurs, des prophètes peuvent douter quant à leur mission, ce qui ne les empêche pas de prophétiser : Ex : Jérémie se sentait trop jeune, Esaïe se disait pêcheur…

Nous sommes les messagers d’une parole venue d’ailleurs, et c’est cela qui nous légitime. (A cet égard, les télévangélistes abusent, dans leur mode de fonctionnement, de leur présence physique.)

Conclusion :

Toute prédication devrait viser, quelque part, à la conversion, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’on y parvient.

Saint-Augustin estimait que trois éléments devaient être nécessairement réunis :

-doctrinal (vérité de la foi)

-ludique (plaisir, joie)

-évangélisateur (changement)

-En tant que prédicateur, il faut oser se laisser convertir soi-même par le texte,

Quand on aborde un texte, c’est déjà pour nous, et non pour le prêcher d’emblée. (Bonhoeffer disait que, si devant un texte, on se demande ce qu’on doit prêcher, c’est mal parti !)

Luther posait trois éléments :

-oratio : la prière

-meditatio : résonnance intérieure

-tentatio : mettre la parole à l’épreuve de la vie.

-En tant que prédicateur, il faut oser mettre les gens au défi de la parole.

Ne pas avoir peur d’aller jusqu’à la rupture d’une certaine logique, car on aurait plutôt envie de dire des choses qui nous plaisent, ou d’éviter les choses difficiles.

La possibilité du changement nous est ouverte par le texte.

Lorsque le Christ a des paroles de réconfort (« venez à moi vous qui êtes fatigués »), il faut quand même être prêt à déposer son fardeau, donc abandonner quelque chose, et là, on est dans la rupture.

La foi n’est pas seulement une composante de notre patrimoine culturel, à côté de la musique, la culture, la politique ou autres, la foi vient toujours réinventer certains aspects de notre vie.

Ce dont nous ne sommes pas maîtres en tant que prédicateurs :

-la réponse des gens. (C’est leur liberté ; le semeur sème avec générosité, mais il y a des terres qui ne reçoivent pas la semence. Le prédicateur annonce la parole, après, il doit faire confiance.)

Ce dont nous sommes maîtres en tant que prédicateurs :

-notre motivation. (Nous avons donc une responsabilité : respecter la parole, et la laisser résonner en nous. Toutefois, un sondage révèle que moins d’une personne sur 10 a réellement compris : il y a encore du travail…)

En fait, il faut savoir que la réponse authentique à la prédication vient avec le temps.

Sur le fait d’utiliser la prédication d’un autre : pas de problème. On peut même aller au-delà…

Les évangélistes du type Billy Graham ne sont pas forcément des « manipulateurs » : leur message est sobre et ultra simple, mais le problème, c’est que personne ne peut leur répondre, et ça peut nous mettre mal à l’aise, mais ils obtiennent de nombreuses conversions. L’Eglise a donc aussi besoin de gens comme eux… 

METTRE EN PRATIQUE :

QUELLE PERSONNE POUR QUEL MESSAGE ? 

Quel type de réponse la prédication peut-elle amener, pour le prédicateur :

 -nous faire réfléchir sur un thème, nous titiller

-qui suis-je pour oser transmettre la parole ?

-quelle sera la réceptivité de l’assemblée ? (dépend du contexte…)

-nourriture spirituelle

-une sorte de consécration (sérieux dans la louange, la prière)

-une ouverture sur le monde 

-un témoignage de ce qu’on a reçu

-du réconfort dans les épreuves

-une plus grande confiance dans les écritures.

En tout cas, le prédicateur est là pour « faciliter ».

Prêcher la conversion, ce n’est pas :

-faire du prosélytisme illégitime

-faire du chiffre

-faire une campagne politique pour recueillir des adhérents ou des  cotisants (encore que…)

-se livrer à un jeu de séduction ou de manipulation

-donner une leçon de morale

Prêcher la conversion, c’est :

-entrer dans une logique prosélyte (ceux qui découvrent et vivent une conversion)

-annoncer une bonne nouvelle : le Seigneur peut agir dans les vies.

-être évangélique : ne pas se cantonner dans la « culture d’église », mais être portés, enracinés dans l’Evangile.

-être enthousiaste au sens éthymologique : portés par Dieu.

-être simple : les premières prédications de Jésus tiennent dans une phrase. (Jean 4, la samaritaine : « venez et voyez »)

-aller plus loin que le témoignage (« repentez-vous, le royaume de Dieu est proche » : il est plus proche qu’on ne l’imagine. Jésus a cette capacité de rendre simple les choses compliquées. (Alors qu’on a tendance parfois à faire l’inverse)

-mettre en valeur l’essentiel pour aider les gens à faire le tri dans toutes les informations sous lesquelles ils sont ensevelis

-équilibrer les « contraires » : foi/repentance, intellectuel/manuel, etc…

-centrer sur Jésus-Christ : c’est lui qu’il faut mettre en valeur, plus que l’Eglise elle-même

-laisser le texte biblique nous interpeller

-faire une invitation ouverte et positive (mais on n’est pas maître de la suite)

-l’auditoire est une assemblée, donc il ne s’agit pas d’un dialogue de personne à personne, même s’il y a forcément une part de nous dans la prédication.

-laisser une grande liberté personnelle à celui qui écoute

-la prédication fait appel à tous les aspects de la personne : l’intelligence, les sentiments, l’histoire personnelle…

A l’ERF, on est fort pour s’adresser à l’intelligence, mais il ne faut pas oublier le reste !

Schlumberger évoque deux modes de communication : le digital, cérébral, adapté au contenu, et le l’analogique, émotionnel (Cf. le discours amoureux, avec les regards, les intonations…)

Prêcher la conversion, c’est jouer des deux.

DIGITAL :

Les protestants sont plus forts en digital qu’en analogique !

L’apologétique : c’est définir la foi, l’expliquer, démontrer sa pertinence, aider les gens à la comprendre. En argumentant sur le pourquoi, on entre dans une logique apologétique, où la prédication fait alors appel à la raison.

Cf. les Pères de l’Eglise : Clément d’Alexandrie, imprégné de culture grecque,  s’est efforcé d’inscrire l’Evangile dans ce mode de pensée.

L’apologétique va chercher les gens là où ils sont pour les amener ailleurs. (Cf. l’autel au dieu inconnu…)

Karl Barth dit qu’il faut prêcher la Bible dans une main, et le journal dans l’autre : c’est aussi de l’apologétique.

ANALOGIQUE :

La méthode analogique par excellence, c’est la parabole ; on utilisera davantage le narratif, des illustrations, des éléments de témoignage.

Méthode inductive ou déductive. (En France, on est très déductifs !)

Commencer par une « accroche », c’est faire de l’inductif. De même quand on fait appel à l’humour ou à l’émotion.

Dans Jean 6, lorsque jésus nourrit les gens, qui ont faim, il est dans l’analogique, ensuite, il passe au digital quand il leur explique. Il faut savoir utiliser les deux.

CONSTRUIRE DES PONTS ET CREER DES OUVERTURES.

Les actes pastoraux (baptêmes, obsèques, mariages) sont l’occasion d’attirer des gens qui ne viennent pas d’habitude. (Dans les obsèques, le déplacement autour du cercueil implique les gens physiquement)

Et aussi certaines circonstances exceptionnelles, comme Pâques, cultes à thèmes, fêtes d’église, cultes parents-enfants…

Dans le déroulement du culte, on peut agir sur d’autres éléments que la prédication, en :

-établissant un lien entre le thème de la prédication, et la liturgie elle-même

-en explicitant la liturgie

-en instaurant un moment de silence après la prédication

-en invitant les gens à poser une question

-en faisant de l’interactif

-en choisissant les chants, les textes des prières,

-en englobant les annonces dans la thématique (inviter à y voir des prolongements de la thématique, etc…)

-invitation à venir allumer des bougies (mais en cohérence avec la prédic) 

PENSER LA SUITE.

C’est possible, sous des formes multiples :

-faire des visites,

-travailler la communication lors de circonstances particulières (kermesses, voisins…)

-donner des ouvrages à lire à ceux qui le souhaitent.

-etc…etc… Bref, c’est accompagner les gens !

En conclusion :

La parole est en chemin vers la communauté, et je suis invité, comme prédicateur, à accompagner son mouvement. (Dietrich Bonhoeffer)

(Notes: Pierrette Lienhart)

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14 février 2012

CRÉEER UNE PRÉDICATION EN 7 JOURS. COMMENT JE M'Y PRENDS ?

IPT Formation prédicateur – 11 fev 2012

Comment je m'y prends?

Pasteure Françoise Sternberger

 "Création d'une prédication en 7 jours "

 

1. Je voudrais répondre à la question" Comment je m'y prends" par une parabole biblique.

            Qui me permettra de discerner 7 étapes:

1-pré-méditer ! écouter le texte

2-se repérer, lire le texte

3-comprendre le texte: disséquer le texte

4-choisir une piste: élaguer les idées

5-construire le plan pour dire le texte

6-écrire

7-relire

Je vous invite à prendre vos Bibles à la première page.

Je lis les trois premiers mots: v.1 "Au commencement, Dieu."

La prédication est d'abord une invitation à partager une Parole qui nous vient de Dieu, dont Dieu est l'origine. La première question de la Bible est celle de Dieu. Que me dit Dieu dans ce récit? que fait-il? que met-il en œuvre? que dit-il de lui-même ? 

Prêcher c'est prendre le risque de dire quelque chose de Dieu pour nous aujourd'hui,

La prédication n'est pas d'abord l'art de bien parler et d'impressionner son auditoire, mais une invitation, un appel à humblement partager une parole de.. et sur.. Dieu, à laquelle je me risque.

Un risque parceque personne ne peut dire Dieu. On peut seulement tenter, proposer une parole limitée.

 Cf. La prédication de l'Ecriture seule vue par un laïc, p.38/40 "Formation Prédicateur laïc"  

Donc, le travail sur la prédication commence par un temps d'écoute et de méditation.

1er. Écouter  " le sermon est un acte pré-médité. Avant d'être un orateur le prédicateur est un adorateur" Laurent Gagnebin (p.3 livret du prédicateur)

- Je continue … Dieu crée le ciel et la terre.

2ème temps Lire et Se repérer  Créer c'est ordonner, sortir du chaos!  

a)     Créer une prédication c'est déjà poser les limites du texte à écouter et prêcher.

Par ex. Genèse Ch 1, v1 commence par Au commencement, Dieu crée le ciel et la terre….: Et comme en écho, le v.4 du Ch2 conclut : Voilà comment Dieu a crée le ciel et la terre.

Je peux justifier ce qui sera mon cadre de lecture à partir d'une unité de sens, "créer le ciel et la terre".

Le cadre permet d'entrevoir l'intrigue du récit. De quoi ce récit parle.  Ici, L'intrigue du récit c'est la création du ciel et de la terre. C'est un récit de création.

Situation de départ : "La terre est informe et vide. Elle est dans la nuit .Une eau profonde la recouvre. "

à la Situation d'arrivée : ch 2, 4, le repos de Dieu devant sa création très bonne.

Qu'est-ce qui a changé?   Le vide du commencement est un tohu-bohu, un chaos, un néant, il devient le vide bon d'un jour de repos, du sabbat, un vide habité par la présence de Dieu.

Ce vide du commencement, ce peut- être la page blanche du prédicateur. L'eau qui recouvre la terre, l'angoisse qui l'anime! On pourrait parler en fin de récit du repos du prédicateur une fois sa prédication achevée !

b) Zoom sur le texte : Une fois que le cadre est posé, commence le découpage

sortir ses crayons!

"Dieu voit que la lumière est bonne alors il sépare la lumière de l'obscurité":

 Le travail de la Parole c'est de séparer, distinguer pour faire surgir la vie, le sens

c'est la tâche qui nous attend maintenant dans l'étude du texte

Comme Dieu, le prédicateur fait apparaître un sens au texte confus pour lui au départ en séparant :

- les indications de temps, un soir, un matin, premier jour, 7 fois/ 7 jours

 -les lieux où se passe l'action

- les acteurs du texte, les pronoms, les  sujets de verbe

- les indicateurs d'action, les verbes par exemple: dire, voir, appeler, faire, créer

- et enfin...

..découper le récit en séquences ou petits paragraphes. Par exemple dans ce récit, autour de l'expression "Dieu dit", ou des notions de temps.

- Dans un texte bien découpé, ce qui est le centre du récit doit se détacher.

Après le découpage du texte vient le temps de comprendre

3ème temps  disséquer le texte à la recherche du sens ! Comprendre ce que dit le texte

Le sens du texte est à chercher à l'intérieur.

Lire v. 11 "que la terre produise l'herbe verte et chaque plante ses graines… "

Le texte produit du sens. Laisser émerger le sens que le texte produit de lui-même.

On conseille de ne pas se précipiter sur les commentaires bibliques à cette étape, Souvent il suffit de chercher un éclairage dans les notes de sa Bible d'étude ou une concordance.

             -a). S'intéresser aux blancs du texte ou à ses anomalies : v.26 "faisons",

Un blanc du texte peut parfois être le départ d'une prédication.

            -b) situer le texte par rapport à son contexte biblique plus large,

Ex.  le récit de la genèse fait partie des 11 premiers chapitres, dits récits fondateurs, qui parlent du commencement du monde et de l'humanité.

On peut noter que l'évangile de Jean commence de façon similaire, au commencement la parole était …on peut aussi saisir le contraste entre le premier et le dernier livre de la Bible, la nouvelle création de l'Apocalypse.

Nous en arrivons au passage de ce que dit le texte, à ce qu'il veut nous dire aujourd'hui?

A la bonne nouvelle à annoncer, le message de la prédication

4 Définir un message : faire un choix. l' idée forte, aller vers l'idée d'un message

a) Jeter plusieurs idées sur le papier Ne pas avoir peur du Tohu-bohu de départ …et laisser reposer. Afin de prendre de la distance par rapport au texte. Ne plus être collé au texte. Au risque de tomber dans la prédication- paraphrase qui répète le texte que l'on vient de lire sans l'assimiler.

b) choisir un sujet simple, la grande tentation c'est de vouloir tout dire du texte. En rendre compte fidèlement.

c) Choisir un sujet  à partir d'une perspective particulière. C'est ce qui me paraît le plus intéressant dans l'échange de chaire entre prédicateurs.  Le texte est le même mais notre place chacun différente, expérience professionnelle, personnelle, le regard est différent. Chaque prédicateur aura sa perspective. Là est l'intérêt du partage de la prédication entre pasteurs et prédicateurs; parler de là où l'on est enrichit la prédication.

Il n'y a pas à entrer dans un moule du prédicateur neutre et conforme au modèle attendu.

Prendre conscience de la subjectivité de notre lecture. Aucun lecteur de la Bible n'est objectif Lire la Bible, prêcher, nous permet aussi de mieux nous connaître.

Prendre conscience de sa subjectivité et en faire une richesse. Pour trouver sa façon de prêcher, sa voix, son style.

5ème Construire, c'est l'étape créative

-a) le  sujet:  l'idéal c'est de pouvoir l'écrire en une phrase .résumer sa pensée en une ou deux idées.

-b) développer son sujet : De même que Dieu fait une compagne à Adam, on peut avoir besoin d'une compagne ou un compagnon de lecture pour partager ses idées ou se ressourcer.

Un proche, un groupe avec lequel on travaille le texte, son pasteur; Les notes bibliques, quelques commentaires bibliques, parfois d'autres prédications, peuvent accompagner le travail.

-c) Le plan. Un outil indispensable pour clarifier sa pensée et pour que l'assemblée puisse suivre. Etre très clair sur les grandes parties du développement de la prédication qui sont des repères autant pour le prédicateur que pour l'assemblée.

6 - Passer à l'expression écrite de la prédication

7 - Relecture pour l'autre

Personnellement je fais une relecture de mon écrit:

- pour rendre l'expression orale, phrases courtes, idées claires,

- relire en pensant à la personne la plus éloignée de la Bible dans l’assemblée pour soigner sa transmission du message et ne pas écrire en "patois de Canaan"

Enfin:

Se donner le temps de se sentir habité par son message. 

Application pratique ; récit de la tempête apaisée.

-       Méthode:

Lire, écouter, jeter toutes les impressions, les mettre de côté (tempête de cerveau)

Retourner au texte:

1 se repérer

-situer son cadre, le début et à la fin qu'est-ce qui a évolué, où en est-on?

Déroulement de l'intrigue: personnages, lieux, étapes

2 Comprendre

Que dit ce texte de Dieu et des hommes ?  A quels autres textes bibliques  nous fait-il penser ?  Quels sont les silences du texte, les blancs, ce qu'il ne précise pas?

3 Pistes pour un message.

Essayer de choisir une piste de réflexion parmi toutes celles qui s'ouvrent.

La creuser. La développer le plus largement possible.

4. L'après-midi:

Cerner une idée, un sujet.

Qu'en dire aux autres?

Commencer un plan.

Si possible, écrivez une première phrase d'accroche.

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22 janvier 2012

PARLER DEVANT UNE ASSEMBLÉE, PARLER EN PUBLIC

Parler en public

Plusieurs groupes ont fonctionné ce samedi 21 janvier. Les prédicateurs laïcs des différents niveaux avaient chacun leur programme. Selon la pratique appréciée par tous, les groupes des différents niveaux ont déjeuné ensemble avec les formateurs et se sont retrouvés sur les marches de la Fac pour la photo souvenir.

Le photographe dans un geste "liturgique"... L'attente des retardataires pour la photo commémorative... le stand de librairie pour prédicateurs. (cliquer sur les vignettes si vous souhaitez voir les photos en plus grand)

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Gilles, prédicateur laïc en formation, rend compte de ce qu'il a vécu et appris dans son groupe de quinze participants avec Delphine Robert, comédienne.

2012_0121 - Parler en public 

© Photo Pelcé - Le groupe au travail avec Delphine Robert

Une journée entière consacrée à ce thème, c’était bien peu mais beaucoup de points ont été abordés, merci à Delphine.

1 - Tour de table, présentations des participants, attentes des uns et des autres.

Plusieurs stagiaires étaient demandeurs de « techniques », de recettes, de trucs et ficelles du métier, demande classique qui est en fait une recherche de rassurance, mais bien sûr, tout un chacun doit construire sa propre recette, en partant de sa propre façon d’être et en y adaptant les apports pédagogiques de l’intervenant.

Nombreuses aussi étaient les attentes pour lutter contre le trac, le stress, le manque de mémoire, etc.

Les autres demandes ont servi à Delphine pour construire la journée, qui s’est finalement déroulée à peu près comme suit :

2 - Prise de conscience de son corps

Tout d’abord, lâcher prise, réaliser que la prise de parole, sans aller jusqu’à la considérer comme un « rôle à jouer », est quand même un exercice où tout va compter, pas seulement le texte qui sera dit, mais aussi la façon de le dire, la présentation de celle ou celui qui va le dire, ses postures, ses intonations, ses tics, même.

Donc des exercices corporels déroutants comme marcher de long en large, appeler un taxi, tendre l’oreille pour écouter quelque chose.

Après ces exercices individuels, une séquence d’exercice en groupe : à une invite imprévue, se ranger subitement dans deux groupes différents ou par rang de taille, ou porter secours à quelqu’un qui défaille, pour apprendre à être vigilants et réactifs, pas facile…

3 - Respiration

Comme l’être humain contemporain ne prend plus le temps de respirer, et qu’il est difficile de prendre la parole sans respirer, Delphine nous a appris à prendre conscience des différentes respirations qui s’offrent à nous, la respiration basse au niveau de l’abdomen, moyenne au niveau du plexus solaire, haute enfin avec le haut de la cage thoracique ; découverte : c’est en se servant de la respiration la plus basse possible qu’on aura la voix la plus pleine, la plus puissante, la plus écoutée donc.

4 - Pose de voix

Face à la tendance habituelle de faire « monter sa voix » dans les aigus lorsque la situation devient inquiétante, il faut apprendre à la garder au contraire dans les registres plus graves, en fonction de la physiologie et de l’anatomie de chacun.

5 - Diction

Quelques cauchemars nécessaires : dire sans se tromper et de la façon la plus fluide possible :

  • je veux et j’exige d’exquises excuses
  • petit pot de beurre, quand te dé-petit-pot-de-beurreriseras-tu ? Je me dé-petit-pot-de-beurreriserai quand tous les petits pot des beurres se dé-petit-pot-de-beurreriseront
  • tas de riz, tas de rats, tas de riz tentant, tas de rats tentés, tas de riz tentant tas de rats tentés

On n’a pas eu à dire ces phrases avec un crayon dans la bouche, mais c’était moins une !

6 - Mises en situation

Plusieurs mises en situation, jeux de rôle, etc. ont été proposés, une lecture devant un micro et un pupitre, de curieux dialogues entre deux personnes ne parlant pas la même langue, avec deux « traducteurs » tout aussi ignorants de ce qui venait d’être dit, et enfin, un exercice très riche et très curieux : deux personnes censées se trouver dans une salle d’attente engagent la conversation ; chacune d’entre elles doit placer une phrase secrète dans la conversation, phrase inconnue de l’autre mais aussi des autres stagiaires témoins de la scène; mais attention, ce n’est pas un concours ni un match, chacun doit au contraire être attentif à ce que dit l’autre pour tenter de repérer les efforts qu’il va faire pour placer « sa » phrase, et donc l’aider à arriver à son but. Exercice délicat, subtil et plein d’enseignement qui mériterait qu’on le répète et qu’on y passe plus de temps.

Enfin, une lecture biblique effectuée par une des stagiaires a servi de synthèse, tous les acquis pédagogiques de la journée devant bien sûr être mis en pratique.

Et un grand merci à Delphine, pleine de qualités et qui a « mouillé sa chemise » pour que ce groupe de quinze personnes progresse et soit content de le faire.

Gilles Carbonell – ERF Saumur

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© Photo Pelcé - Les prédicateurs laïcs en formation le 21 janvier

Les formations de prédicateurs sont conçues, organisées, évaluées et pilotées par la cellule formation des Églises de la région parisienne présidée par le pasteur Jean-Charles Tenreiro. Elles sont effectuées dans les locaux de l'IPT-Paris qui assure de son côté le secrétariat des inscriptions et la réservation des salles.


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06 décembre 2011

LE SENS DU CULTE

. francois-clavairoly CÉLEBRER UN CULTE

Notes prises par un étudiant pendant l'intervention du pasteur François Clavairoly, paroisse de Paris Saint-Esprit

  Introduction

Selon la discipline actuelle et la Discipline à venir de l’Eglise unie il est reconnu un mandat pour la célébration du culte (article 20 alinéa 4). C’est une situation unique dans le monde chrétien qui offre à un laïc la possibilité de conduire un culte.

Etymologie :

  • Culte : vient de la même racine que culture qui veut dire entretenir un autel ou encore labourer le champ, il y a donc une idée de faire le tour, de tourner autour. (en sanscrit c’est le mot chakra) cela donnera également le mot cycle : idée de revenir d’où l’on vient. Cultiver est bien alors se tourner pour créer un espace personnel, une colonie. Le culte est enraciné dans la culture : c’est peut être la façon dont l’humain tourne autour des questions du sens de la vie et la façon dont le culte s’enracine dans le vécu de chacun. Ce qui veut dire que le culte est lié à un contexte et qu’il doit être compris par tous. : Luther a supprimé les messes basses et a parlé en allemand afin d’être compris par tous. Célébrer un culte c’est s’enraciner dans le présent.
  • Liturgie : dans l’épitre aux Hébreux les liturges sont envoyés « en service pour une fonction comme des anges ». en grec le mot liturgie veut dire avoir une fonction dans la cité pour que la circulation puisse se faire (travail sur la voirie et l’organisation des jeux). Le liturge est un responsable public dans l’organisation de la cité. Chez les romains, le licteur est celui qui marche devant le magistrat avec les instruments du verdict (verges et haches). Dans les deux cas, on lui reconnait des responsabilités dans la cité : il a une fonction publique pour réaliser un acte public (loi de 1905 article 18 : le culte est un acte public).
  • L’Eglise s’est privatisée en 1905 sur un malentendu au moment de la construction de la laïcité, elle reste pourtant un espace public. Le mot agora, à l’origine du mot église, signifie assemblée de citoyen qui a pour charge de régler les problèmes de la cité. Le mot a quitté le champ politique pour passer au religieux mais l’église reste appelée à la délibération et à la décision. Cette privatisation de l’espace religieux est une spécificité exclusivement française.
  • Sacrement : selon ses origines ce peut être le serment au drapeau de la légion ou la part financière promise à l’autel d’un dieu païen. Dans les deux cas il apparait la notion d’engagement.
  • Religion : peut avoir deux origines : religere (relire par exemple les éléments fondateurs, la bible) ou bien religare (relier par exemple les humains entre eux). La relecture à une importance considérable dans le monde protestant : chaque relecture de la bible pouvant s’ouvrir à une compréhension nouvelle.

a)  Textes bibliques :

Exode 20 : instruction / consigne de base pour le culte : premier élément sur le culte sacrificiel.

L’essentiel de l’acte cultuel est dans le verset 24b : le but du culte est de constater que Dieu vient et béni. Au verset 22 : c’est le « tu » qui est employé, c’est une injonction personnalisée qui s’adresse au lecteur donc à tous et pas seulement aux prêtres. Il n’est pas question de prêtre, le sacrifiant et le sacrificateur sont confondus dans le « tu », c’est la laïcisation du culte. Lors de l’apparition de la religion juive, il y aura intervention du prêtre comme médiateur pour séparer profane / sacré et pur / impur.

L’autel est défini par sa construction : simplicité et renvoi vers la nature : il n’y a pas de lieu spécifique pour célébrer le culte, l’autel est un simple monticule qui fait penser au Sinaï. À travers ce texte, il ressort 3 choses essentielles :

  • l’acte cultuel n’est pas réservé
  • le lieu de culte n’est pas spécifique
  • l’objet du sacrifice n’est ni d’apaiser une quelconque colère ou une action de grâce, c’est une bénédiction.

Le culte réformé est très proche de cette vision : "rappeler le nom du Seigneur en tous lieux"et "Dieu béni". C’est une mise en question des pratiques de l’époque.

La promesse est que l’offrande fait venir Dieu qui donne une bénédiction : si on réfléchi à la Cène on a le même schéma : l’organisation du repas est humaine, Dieu béni.

La bénédiction est une parole qui réalise ce qu’elle dit : elle effectue la promesse qu’elle contient y compris des effets à long terme. Ce mot vient de « baraquer » : dire le bien, c’est une promesse positive. (Anecdote : le dromadaire baraque c'est-à-dire, il se met à genou).

Le culte traditionnel d’Israël est reformulé à la Réforme : c’est un évènement par lequel Dieu vient vers nous : c’est Dieu qui fait le culte et qui bénit. La bénédiction est un geste de bienveillance qui assure une protection bénéfique. La proclamation de la grâce en début du culte est déjà une bénédiction.

 La culture religieuse ancienne portait l’idée que l’acte religieux était un acte d’élévation, une sortie de soi qui permettait d’accéder à un niveau de conscience supérieur en lien avec la sphère divine : d’où la présence d’estrades dans les lieux de culte. Le monde est à plusieurs étages et Dieu est tout en haut. La montée vers Dieu sous forme d’un remerciement est seconde c’est d’abord Dieu qui descend vers l’humain.

Apocalypse 4 et 5 :

Ces documents sont marqués par les premières liturgies de la première Eglise : cri liturgique. C’est une invitation à la louange.

1 Corinthiens chap 11 :

Texte écrit dans les années 50 après Jésus Christ. C’est une des premières liturgies chrétiennes. Paul au verset 23 dit : « voici l’enseignement que j’ai reçu du Seigneur et que je vous ai transmis ». Il l’a déjà reçu d’un autre. La liturgie s’inscrit dans une tradition, dans une chaine de transmission. Le culte est un évènement mais le culte appartient aussi à une tradition et à une institution : il y a un avant nous et un après nous. Nous l’avons vécu et nous en témoignons. Le culte est en tension entre l’événement de la venue de Dieu et la tradition. 

2 Corinthiens chap 5 verset 18 à 20 

« Tout vient de Dieu qui nous donne la réconciliation », nous sommes chargés d’annoncer cette réconciliation. Dieu se réconcilie avec l’humanité à son initiative sans tenir compte des fautes de chacun. Dieu agit en premier, ce n’est ni nous, ni nos prières qui l’ont amené à agir : il fait. Le culte doit transmettre l’information de cette réconciliation ; le liturge est un ambassadeur, un envoyé, un ange qui annonce cette œuvre de réconciliation indépendamment de ce que nous sommes ou de ce que nous avons fait. Dieu nous réserve un accueil inconditionnel.

La prière est néanmoins un moyen d’expression mai elle n’est pas un lieu de marchandage avec Dieu. Dieu n’agit pas en fonction de ce marchandage. La prière peut être selon les cas une louange personnelle ou collective, un cri de détresse, un cri de colère, une confession de foi, mais ce n’est jamais un processus d’activation de la réponse de Dieu.

L’intercession, prière des uns pour les autres, positionne le priant et les écoutants dans une position de vigilance par rapport aux autres : c’est une prière de militance et d’auto encouragement : à nous d’agir et de nous souvenir des autres. La prière est là pour nous gendarmer,  nous pousser à agir et à manifester la communion de l’Eglise. Dans l’Eglise, il n’y a pas de hiérarchisation des relations à Dieu : la prière du pasteur n’a pas plus de valeur que celle de quiconque. L’acte cultuel n’est pas opératoire, ce n’est pas une œuvre : sinon quand il est raté quelle déprime !

La grâce est offerte sans limite et il ne faut pas enterrer le message du culte : nous sommes porteur d’un trésor qu’il faut à notre tour transmettre.

b)    Textes théologiques :

KBarthKark Barth : Dogmatique 3ème volume tome 4 p208 à 211

Karl Barth rappelle le sens profond du culte autour de deux éléments : la foi en Dieu et le renoncement à soi-même (point au combien difficile dans nos sociétés actuelle hyper individualistes).

Il pose également la question du dimanche : pourquoi ce jour ? Chez les premiers chrétiens le choix est de ne pas faire le culte le jour du sabbat et sans raison réelle le choix du lendemain a été fait. Il ne s’oppose pas du tout aux cultes en semaine. Le problème que soulève Barth est celui de le faire quand on veut mais si on décide de faire le culte de le faire bien : ce doit être un événement. Il dénonce le culte « lieu de concert » mais insiste sur l’absolue nécessité du chant en tant que louange.

 Gagnebin8 Laurent Gagnebin : rapport du synode de Marseille 1989 : les sens du culte

Plusieurs points sont abordés dans ce texte : le premier est celui de l’importance du silence pour se retrouver soi-même. Ensuite il évoque l’aspect esthétique que doit revêtir un culte : le lieu de culte doit être accueillant et agréable. Ensuite l’appropriation du culte est essentielle dans la vie du chrétien : c’est un élément constitutif. Et pour finir le culte a pour but l’édification de chacun d’entre nous et de l’Eglise pour former une communauté vivante. Le culte structure la communauté, au-delà, peut-il structurer la cité ?

Dietrich-Bonhoeffer Dietrich Bonhoeffer : la parole de prédication : p 40-41 cours 1938

Sa question, durant ce cours destiné à de futurs pasteurs, est: le prédicateur peut-il poursuivre un but ? Le texte doit-il être écouté (le prédicateur laisse dire au texte ce qu’il a à dire) ou utilisé (le prédicateur se sert du texte pour dire ce que lui a à dire) ?

Le prédicateur doit se soumettre au texte et pas l’inverse, la prédication ne doit pas servir à véhiculer ses propres idées. Il faut noter qu’il est récent que les prédicateurs puissent choisir leur texte, autrefois, la liste de lecture était toujours respectée. Ce choix possible n’existe que chez les protestants.

Pour Bonhoeffer, chaque venue au culte est à la fois un miracle (l’Eglise =  le corps du Christ =  ceux qui ont été appelés) et une obligation (il faut y aller). Le culte est une cathédrale sémiotique : on s’y prépare, on y va et on sait que ce temps ne va pas durer. Le culte est un acte institutionnel et un événement personnel mais dans la durée il est une aide indispensable à l’édification personnelle et à celle de l’Église (le but du culte est de créer l’Eglise). D’où l’expression « le culte est une nourriture spirituelle » car cette nourriture est tout aussi indispensable que les nourritures terrestres. On ne se souvient pas toujours du menu – contenu mais on sait qu’on a aimé et que c’était bon.

ABirmelé André Birmele : la différence fondamentale est ecclésiologique p 255 à 257

Birmele se penche sur nos différences avec les Catholiques romains. Il explique que sur le plan du salut nous sommes en parfaite adéquation. Mais que sur le plan de la valeur de l’Eglise les choses sont très différentes. Dans les deux cas, l’Eglise est sainte mais pour les Catholiques elle est, de plus, sanctifiante : « hors de l’Eglise point de salut » pour les Protestants c’est « hors du Christ point de salut ».3Essentiel

Dans la tradition protestante, l’Eglise est par sa prédication à la fois témoin et transmétrices des écrits bibliques. Le culte est une ellipse a deux foyers : sermon et Sainte Cène : parole audible et parole visible (sacrement). L’édification du protestant chrétien se fait par ces deux axes. Pour ce qui est de la présidence des cultes, les mieux formés sont ordonnés pasteurs (organisateur de l’Eglise locale) mais cela ne leur donne aucune différence avec les laïcs, chacun est témoin et transmetteur. L’ordination se fait au nom du Christ et par l’Eglise. Est considéré comme membre de l’Eglise quiconque confesse sa foi en Christ.

Chez les Catholiques, l'Église est en plus juge : il faut que le prêtre soit présent pour que le message eucharistique soit opératoire. Le prêtre a un lien particulier avec le sacerdoce : il a été ordonné à l’évêque et de ce fait il est différent du laïc. Le prêtre obtient, au moment de son ordination, le pouvoir de célébrer les sacrements indispensables pour être sauvés. Ce qui sous entend que, pour être pleinement catholiques et sauvés, il faut participer aux rites. L’Eglise est la médiation active et indispensable pour être sanctifiée par l’intermédiaire de l’eucharistie, la partie sermon est secondaire. Sans eucharistie point de salut

1.   Le sens comme « direction »

Le culte est une circularité : la fin renvoie au début et le début annonce déjà la fin : annonce de la grâce = bénédiction. Cette organisation peut créer un phénomène d’usure.

L’ordonnancement de la liturgie est un perpétuel recommencement qui renvoie à une antériorité : d’autres l’ont déjà fait avant nous. Dans la lettre aux Corinthiens, Paul le dit clairement : « ce que j’ai reçu, je le transmets ». Cet ordre fait référence à l’histoire du protestantisme, cette transmission de l’héritage donne également sa légitimité à l’officiant. Une part d’improvisation est possible : on peut s’inspirer des textes issus de la tradition pour créer ses propres textes, cette appropriation permet d’être vraiment dans ce que l’on dit. La liturgie est un cheminement spirituel de la grâce à la bénédiction. L’ordre liturgique correspond à une théologie : il en existe deux dont une 'historique' (la verte).

La liturgie verte reprends l’ordre du 19ème siècle : loi / repentance / pardon. Dans ce cas la loi qui  rappelle le péché est programmatique : elle induit la possibilité de la grâce.

La liturgie jaune plus récente est organisée en fiches qui peuvent être utilisées dans un ordre différent. Elle penche pour l’ordre : grâce / repentance / loi : dans ce cas la loi est un appel à vivre qui ne peut être compris que dans la foi. La loi a ici un usage pédagogique : c’est un aiguillon pour la foi puisque l’on a de toute façon la grâce. 

La loi n’est dite que dans l’Église réformée, elle n’est présente ni chez les catholiques romains, les orthodoxes ou les luthériens.

Quoi qu’il en soit, la repentance est dans ce cas une reconnaissance de son incapacité personnelle et collective à suivre ce qui nous est demandé sans l’aide de la grâce : c’est la reconnaissance du péché.

Cette situation de pluralité des textes liturgiques est une richesse mais a un coût : il faut s’adapter à la liturgie du lieu. Il existe toujours un tronc commun, c’est le fameux chemin pédagogique qui assure cohérence et apaisement.

 La prédication fait partie de la tradition de l’Eglise, ii faut aller voir ce que les prédécesseurs disaient des textes, cela donne des idées et une orientation de la construction de la prédication en gardant ce qui nous correspond et qui nous semble bon.

Il faudrait un geste pour introduire les prédicateurs laïcs : installation, présentation ; faut-il un vêtement signifiant ?

2. Le sens comme « expérimentation »

Toutes les petites choses qui paraissent à première vue secondaires disent quelque chose de notre paroisse et de notre plaisir, joie à être ensemble en Christ.

Ecouter entendre : prière, louange, lecture, prédication. Les cantiques, les chants : importance du contenus, des paroles des cantiques

Attention que les cantiques ne contredisent pas le contenu, le message du sermon. Certaines personnes ne chantent que le dimanche (la nouvelle génération écoute plus qu’elle ne chante). Il faudrait d’une part sortir de l’hymnologie du 19ème siècle par de nouvelles créations et continuer à apprendre de nouveaux cantiques. A l’époque de Calvin, la création musicale et poétique est très riche avec des écrivains tel Clément Marot.

 Voir regarder : officiant, couleurs, objets, lumières, espace et lieu de culte

Le culte donne à voir quelque chose : un espace et un officiant : on ne voit plus, quand on fait partie d’une paroisse le lieu de culte : pourtant il y aurait des choses à faire pour le rendre plus accueillant, chaleureux, beau ? L’espace offert à la vue doit être agréable.

L’officiant s’expose : il ne peut pas être habillé n’importe comment et il ne peut pas se présenter n’importe comment (sourire, regard…). Il faut tenir compte des "signes qui parlent " : couronne de l’avent, sapin, bougies…il ya dans ce cas un mélange cultuel et culturel ; les bougies très prosaïquement servaient à l’origine à éclairer ! Le voir doit contribuer à la vie cultuelle.

Toucher communier : salutation, baptême, cène, geste de paix 

Il y a contact physique lors d’un culte. La communion avec coupe commune a posé et pose des problèmes et des questions : au début du 20ème siècle une épidémie de tuberculose avait entraîné l’utilisation de gobelets individuels, cette pratique a reparu avec le sida. Cette pratique est en décalage avec l’institution, qui dit communion dit se voir, transmettre et partager. L'intinction (humidification ou trempage du pain dans le vin) est d’origine orthodoxe.

Le geste de paix n’existe pas chez les protestants, il est quelque fois remplacé par le fait de se tenir par la main lors du Notre Père.  Il peut y avoir des réticences mais qui ne correspondent pas à un quelconque écrit liturgique : le rituel du culte est d’être les uns avec les autres, on devient des frères et sœurs, ce qui autorise une certaine familiarité en Christ.

Les rites et rituels (étymologiquement « remettre de l’ordre ») évitent le chaos par la coupure : on arrête le monde par le rituel ce qui permet de remettre de l’ordre et ne pas aller vers le chaos.  Le ritualité nous rappelle que nous pouvons (nous sommes autorisés à ) faire une coupure pour nous retrouver et remettre de l’ordre.

Goûter  savoir: pain et vin, musique et chant

La périodicité de la Sainte Cène est un sujet de controverse sans fin. Calvin était pour une Cène tous les dimanches, à l’extrême certains prônent la Sainte Cène que 2 à 3 fois par an. La Discipline précise juste « une fois par mois ».

Le pain et le vin de la Cène sont la part réalité de la communion : on est dans la réalité d’un repas : la Cène n’est pas qu’un geste spirituel : on incorpore physiquement la réalité christique. On atteint à la réalité du corps du Christ autour du repas commun : on est nourri tant par la parole que par la réalité du pain et du vin. La qualité du pain et du vin lors de la Cène fait également partie de la qualité de l’accueil : on parle du vivre ensemble.

Sentir ressentir : ambiance, style

Le culte requiert notre intellect et notre spiritualité mais aussi le corps tout entier et la communauté toute entière. Tous nos sens sont parties-prenantes lors du culte. Ce qui fait dire qu’une paroisse à un « style ».

3.   Le culte réformé

Origine et perspectives :

On a très peu d’écrits sur les origines du culte réformé.

En 1538, Calvin est appelé par Martin Bucer à Strasbourg, il n’a jamais vraiment célébré de culte. Strasbourg est une ville du Refuge qui accueille beaucoup de Français, la cathédrale bascule à la Réforme puis l’ensemble des églises de la ville. Calvin prend en charge la paroisse des réfugiés huguenots, son statut n’est pas très clair. Il va mettre en place le culte à partir de la messe de Luther par une traduction : ce premier ordre liturgique est calqué sur la messe romaine. Calvin fait face à une position pastorale sans aucune formation initiale, il se lance, et son premier culte est célébré en 1539. L’évolution de la liturgie de la Sainte Cène est la même : il y a continuité dans les textes, la différence la plus notoire est que les psaumes sont chantés par l’assemblée et que toute la liturgie se fait à voie haute.

Le célébrant est le représentant de la communauté qui célèbre : la communauté confesse par l’intermédiaire du célébrant : la confession des péchés est dite pour toute l’assemblée : il n’y a plus de confession individuelle. Le sermon apparait très vite comme l’élément essentiel du culte au même titre que la Cène.

Calvin en quittant Strasbourg en 1542, "emporte" la liturgie avec lui et va la répandre.

Le  sermon a sans doute une double origine :

  • Origine luthérienne : pour Luther, la bible est première, il faut l’enseigner, ce sera fait au cours du sermon pendant le culte.

Origine réformée et influence des monastères : dans les monastères, il est habituel que des commentaires bibliques soient faits par un théologien sous la forme de sermon, Bucer est dominicain, il a gardé cette habitude. D’autre part, les réfugiés huguenots ne sont pas ou peu instruits de la bible, il faut leur fournir éducation et instruction biblique.

Enjeux théologiques :

Présider un culte, c’est être à la fois dans la situation d’un acteur : il faut capter l'attention de son auditoire et d’un metteur en scène : il faut que tout se tienne et que les participants y adhèrent.

Le metteur en scène est aidé par la liturgie et la Discipline qui donne le déroulé de base du culte. La mise en scène a pour objectif de faire comprendre l’invitation de chacun à un repas, invitation transmise par le célébrant de la part du Christ à l’assemblée. Un culte est à la fois issu de la tradition / institution mais c’est aussi un événement.

Le culte est un événement public, convivial, esthétique, informatif, performatif et prophétique :

Public : la loi de 1905 précise « exercice public du culte ». Les lieux de culte appartiennent parfois à la commune. Ouvert à tous. Il faut en faire la publicité.

Convivial : accueillant pour les convives. On va au culte comme on va au restaurant : notre choix est lié à l’offre et aux personnes : la prédication et le repas sont des nourritures : tout dépend du service.

Esthétique : il faut rendre les lieux agréables c’est un des éléments constitutifs du culte. Épitre de Pierre : « soyez de beaux administrateurs »

Informatif : la prédication informe, forme, formate et réforme. La spiritualité est fonction de l’évangile prêché dans la perspective de la grâce. Le culte est « l’école de l’évangile » pour faire grandir sa foi.

Performatif : le langage opère ce qu’il annonce : « ceci est mon corps" on détourne le sens de l’objet : le pain prend une vocation nouvelle (sanctification), ce qu’on nous montre est autre chose. Dans la prédication, la parole préchée produit un effet : elle ne laisse pas indifférent, elle lance un phénomène de germination : conversion

Prophétique : être en avance sur les autres. Prophétiser : c’est la capacité de parler de la part de Dieu

Conclusion :

Le culte est un objet de préoccupation : il faut le prendre au sérieux, cela demande du travail et met dans une situation de responsabilité, il occupe l’esprit. Mais au moment venu le culte est sujet de joie.

Merci au pasteur François Clavairoly pour cette présentation très complète et éclairante, ainsi qu'à Isabelle Zuber pour ses notes particulièrement claires. Les prédicateurs en formation leut en seront particulièrement reconnaissants. Des commentaires et des questions peuvent être écrits ci-dessous. La cellule formation les lira avec attention et y répondra directement ou les transmettra.

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30 novembre 2011

SYNODE RÉGIONAL ERF DE DOURDAN, 25-27 novembre 2011

SYNODE DE DOURDAN 2011 - 25 AU 27 NOVEMBRE

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L'ATELIER FORMATION S'INSCRIT DANS LA DYNAMIQUE "ÉCOUTE DIEU NOUS PARLE...

Avons-nous conscience que nous sommes en train de vivre un moment vraiment très particulier ? Un moment déterminant même. Oui, ce synode, ces deux jours qui s’ouvrent devant nous sont... poétiques ! Dans le sens étymologique premier du terme qui a à voir avec l’acte de création.  Pasteur Jean-Charles TENREIRO, Dourdan, le 25 novembre 2011

DES OBJECTIFS

OBJECTIFS 

DES QUESTIONS

Cliquer sur les textes pour les rendre plus lisibles

Questions1

Questions2 

 LE TRAVAIL DE L'ATELIER

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Les membres de la cellule formation animent la production du groupe

LA QUESTION 1:

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Fondamentaux, Identité culturelle, Décentralisation, Méthode, Mission, Prédicateurs laïcs, IPT, Liens du CR,

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P1050594 P1050595 P1050598 etc... 

L'EXISTANT: (si une image manque, cliquer sur son emplacement pour la faire apparaître)

P1050583 A1050583

LA SYNTHESE 1 PRÉSENTÉE AU SYNODE:

 Formation1

LA QUESTION 2 N'A PAS ÉTÉ TRAITÉE POUR ELLE MÊME, MAIS INCIDAMMENT ET PARTIELLEMENT À L'OCCASION DES AUTRES QUESTIONS

LA QUESTION 3:

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Les regroupements thématiques: Tension féconde (échanges et enrichissements mutuels); mutualisation (donner les notres), Union en marche (just married, bizounours), En route vers une Église de témoins.

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cliquer sur les vignettes pour les agrandir

LA SYNTHÈSE 2 PRÉSENTÉE AU SYNODE:

formation2

Le travail de l'atelier formation a été présenté devant le synode ainsi que les résultats des travaux des autres ateliers.

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08 octobre 2011

LE CP ET L'ANIMATION SPIRITUELLE DE L'ÉGISE LOCALE

JOURNÉE DE RENCONTRE ET DE FORMATION DU SAMEDI 8 OCTOBRE 2011 - 56 Personnes ont participé.

Inscriptions au Secrétariat régional, 37 rue Tournefort 75005 Paris

Si une Église locale n'avait ni son président, ni son vice président disponible pour cette date, il était possible de déléguer un autre membre du conseil presbytéral.

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Des présidents motivés

 

1Pdt et VP - 08 oct 2011

2Pdt et VP - 08 oct 2011

3Pdt et VP - 08-10-11

Après le culte présidé par le pasteur Jean-Charles Tenreiro l'introduction de la journée par le pasteur Marcel Manoel

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Plan détaillé de la présentation du thème par le pasteur Marcel Manoel

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VOIR LE TEXTE COMPLET DU PASTEUR MARCEL MANOEL AU BAS DE CETTE PAGE

Les pauses et le repas organisés dans les locaux des UCJG sont des occasions d'échanges entre pairs très appréciés

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Cliquer sur la vignette que vous voulez agrandir

Le lancement des ateliers et des formulaires d'évaluation

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Avec Marc Pelcé

Le groupe sur la relation Pasteur-Président avec la pasteure Laurence Berlot et sa présidente.

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Les regroupements

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Cliquer à gauche ou à droite pour agrandir

Le groupe de Marie Claire sur le discernement spirituel

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Il y a eu aussi un groupe sur la vacance pastorale qui peut nous envoyer ses notes pour qu'elles paraissent sur cette page.

La fiche d'évaluation par les objectifs

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Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus puis l'imprimer si vous le souhaitez.

Les participants peuvent ajouter des informations dans les commentaires ci-dessous.

Le dépouillement des évaluations "à chaud" a donné:

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Pasteur Marcel MANOEL

LA RESPONSABILITÉ SPIRITUELLE DU CONSEIL PRESBYTÉRAL

FONDEMENTS THÉOLOGIQUES 

Prolégomènes

 D'abord quelques mots à propos du titre de cet exposé qui parle de fondements" théologiques" de la responsabilité spirituelle du Conseil presbytéral. En fait, et plus modestement, je n'ouvrirai qu'un des domaines de la théologie, celui de l'ecclésiologie. En effet, nous ne pensons pas que notre façon de vivre l'Eglise, d'exercer son ministère, de le partager entre nous… découle directement de la volonté de Dieu, telle que nous pourrions la recevoir dans la lecture des Ecritures, ou directement de l'Esprit ! Les Eglises de la Réforme ont au contraire en général pensé que ce sont là des questions "secondes", c'est-à-dire :

-       Des questions qui découlent des questions "premières" : l'Evangile de la justification par la foi,  l'autorité reconnue aux Ecritures éclairées par l'Esprit, le sacerdoce universel des croyants… : notre façon de vivre l'Eglise doit rendre compte de cela, et du mieux possible ! Par exemple, une autorité sur l'Eglise qui s'exercerait de manière tyrannique, qui condamnerait sans appel, ou ne laisserait pas de liberté de parcours aux membres de l'Eglise… serait incompatible avec ces convictions fondamentales !

-       Mais des questions qui peuvent recevoir des réponses diverses, à la fois entre plusieurs types de réponses (par exemple, la responsabilité spirituelle peut être exercée de manière plus ou moins collégiale ou personnelle), et à la fois à l'intérieur d'un même type ou d'une même Eglise : ainsi on peut, dans l'ERF, vivre le système presbytérien synodal avec une certaine diversité. Fondamentalement ce caractère "second" des questions ecclésiologiques indique qu'il s'agit de réception, de mise en œuvre, d'adaptation… de convictions essentielles à la fois dans une certaine tradition (on ne crée par l'Eglise chaque matin, … ou à chaque mutation pastorale !... mais on la reçoit dans une histoire où les racines de nos choix peuvent parfois remonter très loin) et dans des situations diverses et des temps divers.

Je soumettrai donc à votre discussion 4 propositions d'ordre ecclésiologique, plus 4 thèses qui relèvent plutôt de la théologie biblique qui nous renvoient vers ce qu'est le ministère évangélique.

***

Deuxièmement, mon intervention sera plus sur le mode de la question ou de la suggestion que sur celui de la description, parce qu'il touche des domaines qui peuvent faire l'objet d'un débat parmi nous.

Et d'abord, qu'est-ce que la spiritualité ?

Qu'est-ce que l'animation spirituelle d'une paroisse ?

On peut d'abord définir le "spirituel" en l'opposant à son contraire : le "matériel". La "vie spirituelle" d'une paroisse serait alors tout ce qui ne serait pas sa vie matérielle : l'immobilier, les finances, la gestion des programmes, la recherche de responsables… - toutes choses qui tiennent souvent beaucoup de place dans les séances des CP ! Le "spirituel" se situerait alors plutôt du côté de la célébration du culte, de l'étude biblique et de la prière, des visites et des entretiens pastoraux… Mais peut-il y avoir vie spirituelle sans gestion matérielle, c'est-à-dire réunion sans locaux et chauffage, visites sans frais de déplacement, etc. ? Et pourrait-on, et comment, partager au sein d'un conseil ce qui relève de la prédication, de la théologie… et de la "cure d'âme" qui relève du secret professionnel - qu'il s'agisse du pasteur ou de laïcs ?

Si l'on part de cette définition qui oppose le "spirituel" au "matériel", il s'agirait alors pour le conseil presbytéral d'être vigilant sur le fait que la gestion dont il est responsable a une finalité spirituelle, et non pas seulement une finalité économique, ou identitaire, ou de conservation, dans laquelle on risque toujours de s'enfermer et de s'embourber… Pour dire les choses de façon caricaturale, il s'agirait de bien savoir, par exemple, que les temples sont faits pour le culte, et non le culte pour financer l'entretien des temples !

On peut aussi définir la spiritualité en référence à sa racine "esprit", "souffle", en faisant de la spiritualité une sorte de pléonasme du mot "animation", mais avec une qualité supérieure. Ce souci de la dimension spirituelle des activités humaines (éducation, soin, loisirs…) émerge de plus en plus dans notre société - peut-être parce qu'elle est devenue trop matérialiste ! Par exemple, le Conseil supérieur de l'éducation écrit "On peut parler de spirituel quand on dépasse l'ordre des considérations purement utilitaires et immédiates, pour accéder au domaine de l'altruisme, de la gratuité, de la liberté intérieure, de la contemplation." ! Il s'agirait alors pour le Conseil de veiller à ce qu'il y ait vraiment de la vie dans la paroisse, que ça respire, que ça bouge, qu'il y ait des commencements, du sens, des accomplissements… toutes choses qui transcendent des activités qui risquent sinon de devenir routinières.

On peut enfin considérer la dimension religieuse de la spiritualité : ce qui rapproche de Dieu, ce qui nous fait participer à la vie de l'Esprit de Dieu, ou permet à l'Esprit de Dieu de vivre en nous. Paul aux Galates (5,16-17) : "Ecoutez-moi : marchez sous l'impulsion de l'Esprit, et vous n'accomplirez plus ce que la chair désire. Car la chair, en ses désirs, s'oppose à l'Esprit, et l'Esprit à la chair ; entre eux, c'est l'antagonisme…". La spiritualité, c'est alors plus qu'une animation, mais un changement radical de régime de vie : la vie spirituelle, c'est alors un combat, une vigilance pour se libérer du matériel, du charnel, conçus comme aliénants. Ce n'est pourtant pas une vie "éthérée", mais elle comporte au contraire une certaine logique, comme nous le rappelle l'impossible traduction du "tên logikên latréian" de Romains 12,1 : culte logique, raisonnable… ou culte spirituel ? En tous cas le catalogue des fruits de l'Esprit selon Galates 5,22 nous renvoie à des réalités tout à fait incarnées dans une éthique de vie : "amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi…". Dans cette optique, il s'agirait pour le conseil presbytéral  de tout faire pour appeler, préparer et favoriser quelque chose qui est de l'ordre de la conversion, du nouveau, de la vie du Royaume, et de veiller sur un mode de vie qui soit concrètement significatif de ce changement. Et ceci tout autant pour la vie personnelle des paroissiens que pour la vie communautaire de la paroisse.

***

A ce débat sur ce que peut être la spiritualité, s'ajoute - au moins ! - un débat sur ce qu'est la responsabilité du Conseil presbytéral. On dit parfois rapidement qu'il a la responsabilité de gouverner l'Eglise locale. Mais les choses sont plus complexes :

D'abord, le §1 de l'article 3 de la Discipline dit exactement ceci : "L’Eglise locale se gouverne par l’intermédiaire d’un conseil presbytéral dans le cadre général de la Discipline, des statuts et des règlements de l’Eglise réformée de France ". La responsabilité de gouvernement est attribuée à l'Eglise locale elle-même : c'est l'Eglise qui se gouverne, et le Conseil presbytéral n'est pour cela qu'un intermédiaire, un ministère. Et cette responsabilité est "cadrée" par les textes constitutionnels de l'ERF qui en définissent un partage !

Ce qui nous renvoie à l'affirmation du principe premier que nous rappelle le Préambule de la Discipline : "Le Seigneur Jésus-Christ, de qui procèdent toutes les charges et tous les pouvoirs, est le seul chef de l’Eglise, dont tous les ministères doivent être exercés en son Nom, sous la direction de sa Parole et de son Esprit, et en soumission à son autorité souveraine.". S'il n'y a pas dans notre Eglise de gouvernement autonome, ni supérieur, c'est que c'est le Seigneur lui-même qui gouverne, et que les ministères divers, personnels et collégiaux, qui ont tous part à cette responsabilité de gouvernement, ne sont que les instruments dirigés et soumis de cette autorité souveraine.

La responsabilité du Conseil est ainsi posée dans une tension fondamentale :

-       Le Conseil est l'instrument par lequel l'Eglise locale se gouverne, et pourtant, il ne dispose pas d'une autorité de type "représentatif" (il n'est pas une sorte de "conseil municipal" représentant les citoyens !), puisque l'autorité appartient en fait au Seigneur lui-même,

-       Le Conseil est un des ministères par lesquels s'exerce l'autorité du Seigneur sur son Eglise, mais ce n'est pourtant pas une autorité de type hiérarchique (il n'est pas un "évêque" représentant le Christ dans l'Eglise !), car c'est bien à l'Eglise qu'il revient de se gouverner !

Ni autorité par délégation représentative, ni autorité hiérarchique, de quelle nature est donc la responsabilité du Conseil ? - Peut-être justement spirituelle…

***

Des héritages à assumer dans les conditions actuelles de la mission de l'Eglise

Lorsque l'on parle de responsabilité du Conseil presbytéral, il faut se souvenir que l'on ne part pas de rien, mais qu'il y a des héritages transmis par la mémoire collective. Ils imprègnent toujours plus ou moins nos pratiques, et il s'agit de ne pas les ignorer, sous peine de malentendus et de réactions parfois incompréhensibles ! Au contraire, il s'agit de les assumer, c'est-à-dire d'en prendre acte en les questionnant, en les modifiant, ou même en les refusant.

J'en distinguerai 4 grands types, issus de notre histoire, que je caractériserai brièvement en suggérant des évolutions ou des corrections :

1°) Du rôle traditionnel de "surveillants" du peuple protestant autrefois dévolu aux anciens, il s'agit de passer à un service d'édification des personnes, c'est-à-dire à la mise en œuvre d'un accompagnement fraternel et d'une entraide mutuelle des membres de la communauté pour la construction de leur vie personnelle.

Calvin attribuait au pasteur la responsabilité du gouvernement spirituel de l'Eglise locale. Non à cause de qualités personnelles qui lui auraient été reconnues, ni à cause d'une légitimité hiérarchique, mais parce qu'il était le prédicateur de la Parole de Dieu : apte à lire et expliquer les Ecritures, il avait autorité pour transmettre la volonté de Dieu à son Eglise, pourvu qu'il exerce fidèlement ce ministère de la prédication. Et tant s'il ne disposait pas de grandes qualités personnelles, car cela ne faisait que faire ressortir, par contraste, l'autorité de la Parole de Dieu elle-même. Car c'est elle seule qui a autorité, non pas comme texte à appliquer, mais par l'illumination du Saint-Esprit : "la Parole nue ne profite de rien sans l'illumination du Saint-Esprit" (IC? III, II, 33) ce que Calvin entend de deux façons : d'une part, c'est l'Esprit de Dieu qui illumine l'intelligence humaine pour lui faire entendre la volonté de Dieu ; et d'autre part, c'est le même Esprit qui fortifie la volonté du fidèle pour lui permettre de mettre en œuvre cette volonté.

Pour reprendre la question posée, on peut donc dire que la responsabilité pastorale quand à la vie spirituelle de l'Eglise se résume à la prédication de la Parole de Dieu. Le reste - réception et mise en œuvre - relève de Dieu lui-même par la puissance de son Esprit.

Dans ce contexte, les "anciens" ont un rôle second par rapport à celui du pasteur, à la fois aides du pasteur, soutiens de son ministère, et surveillants de la communauté. En commentant dans l'Institution chrétienne (IV, III, 8) les listes de ministères de Romains 12 et I Corinthiens 12, Calvin écrit : "J'estime qu'il (Paul) appelle gouverneurs les anciens qu'on élisait d'entre le peuple pour assister les évêques à faire les admonitions, et tenir le peuple en discipline. Au commencement, chaque Eglise a donc eu comme un conseil ou consistoire de bons prud'hommes, graves et de sainte vie, qui avaient l'autorité de corriger les vices… cet office de gouvernement est nécessaire pour tout temps.". Cette surveillance des mœurs par la visite fraternelle, les avertissements adressés par le Consistoire, et parfois l'exclusion de la Cène, avait une signification essentiellement pédagogique : car, si les meurs n'étaient pas correctes, c'était le signe que la personne se rendait imperméable à l'œuvre du Saint Esprit d'illumination de l'intelligence et de fortification de la volonté, et il s'agissait de lui en faire prendre conscience.

Ce rôle de surveillance  fraternelle subsiste dans certaines Eglises protestantes - comme dans l'Eglise catholique romaine avec la pratique de la confession - qui, par exemple, font une obligation à leur fidèles d'appliquer des choix éthiques précis (sexualité, avortement…) et pratiquent l'exclusion - temporaire ou définitive - de la Cène. Ce n'est plus le cas dans l'Eglise réformée de France, et rien, ni dans la Discipline, ni dans la Liturgie, ne vient confier un tel rôle de surveillance fraternelle aux conseillers presbytéraux.

Seule exception : la question de l'inscription sur la liste électorale de l'association cultuelle, liée à l'appel "à contribuer au gouvernement de l’Eglise, à participer fidèlement au service de l’Evangile et à la vie matérielle et financière de l’Eglise", qui est confiée au discernement du Conseil presbytéral, avec possibilité d'appel devant le Conseil régional. Mais, en fait, ces radiations ne sont prononcées qu'en cas de décès, de départ, ou de désintérêt manifeste pour la vie de l'Eglise.

Doit-on se satisfaire de cette situation ? Ou bien faut-il réapprendre dans l'Eglise un rôle d'accompagnement fraternel ?

Pour dire les choses de façon caricaturale, notre grand respect de la liberté individuelle et des démarches personnelles nous a souvent amené à nous désintéresser du soutien fraternel. Nous prêchons l'Evangile, assez correctement je crois, puis nous laissons les gens se débrouiller ! Quitte à les accompagner à nouveau - et je crois de manière en général efficace - s'ils sont en situation de crise grave (ruptures, deuils éprouvants …), et s'ils le demandent ! Mais, entre les deux, rien,… ou pas grand chose ! Cela pouvait se comprendre lorsque des sociétés fortement marquées de chrétienté, ou d'humanisme postchrétien, proposaient des modèles de parcours de vie relativement clairs qui pouvaient servir de référence. Mais cela créée des situations difficiles, en tous cas pour les personnes en difficulté ou les plus faibles, dans des sociétés marquées par un ultralibéralisme idéologique et éthique qui non seulement ne propose plus de modèles de vie, mais s'acharne à détruire tout ce qui pourrait servir de repère, dans le domaine éthique, mais aussi dans celui des croyances où l'on peut voir ressurgir aujourd'hui les fantaisies les plus absurdes . Et il est frappant de voir que ce rôle d'accompagnement de la vie au quotidien est aujourd'hui repris par la littérature de vulgarisation ("Comment réussir sa vie ?" - "Comment se pardonner à soi-même ?" - "Comment avoir une bonne image de soi ?...) et les rubriques d'astrologie (Travail : "Ne considérez pas tous vos collègues comme des rivaux. Certains souhaitent faire équipe avec vous. Leur aide vous sera très favorable" - Amour : "Vous êtes trop autoritaire. Vous devriez respecter l'intimité et les sentiments des autres." - Santé : "Pas d'excès alimentaire". "Couchez-vous tôt" … Midi libre 29/09/11) !!!...

Il ne s'agit pas d'en revenir au contrôle des vies individuelles, mais je me demande si nous ne sommes pas aujourd'hui appelés à proposer de manière plus active un accompagnement libre mais attentif qui permette à l'Eglise d'être pas seulement un "auditoire", mais aussi une véritable communauté, non pas au sens "communautariste" qui discrimine et isole, mais au sens de lieu de vie qui permet de se poser, de se reposer, de se construire, d'être soutenu en cas de difficulté, une communauté à la fois fraternelle et thérapeutique (avec les deux aspects du "cure", le soin pour guérir d'un mal, et du "care", le soin pour être bien, pour se construire bien) : groupes de partage d'expérience, groupes de "réconfort", main tendue aux personnes qui s'isolent, … Ce qui donnerait un contenu à l'engagement liturgique à "être responsable de nos frères et de nos sœurs" et à "porter ensemble la responsabilité spirituelle de la communauté" !

***

2°) Du rôle traditionnel de "mainteneurs" qui a amené et amène encore les conseils à mettre au premier plan de leurs préoccupations le maintien de l'Eglise telle qu'elle est, la priorité missionnaire les invite à un rôle de "transmetteurs", qui se préoccupe d'abord de l'annonce de l'Evangile et de la nécessaire adaptation de l'Eglise, son programme d'activités,  son patrimoine, ses ministères, sa forme de gouvernement… - bref sa "réforme".

Les conseils presbytéraux héritent, aujourd'hui toujours d'une autre figure importante, celle des "mainteneurs" de la religion réformée en France, que les anciens ont dû assumer pendant la période de lutte contre le protestantisme en France.

Suite à l'application "à la rigueur" de l'Edit de Nantes, puis sa révocation en 1685, il a fallu suppléer à l'absence des pasteurs exilés ou mis à mort. Dans un premier temps, les anciens semblent dépassés, ou résignés ; et il faut la vague des prédicants et inspirés de la fin du 17ième siècle pour "relever" l'Eglise par la prédication. Puis la restauration de l'Eglise réformée en France conduite par Antoine Court à partir de 1715 redonne aux Anciens une importance première : il leur revient de veiller à ce que la Discipline et les décisions des Synodes soient respectées, de rassembler et de veiller sur le peuple protestant,  en exhortant celles et ceux qui faiblissent, en mettant à l'écart celles et ceux qui abjurent, et en accueillant les repentis sincères, de convoquer les fidèles aux assemblées et à la célébration de la Cène (distribution des "méreaux")... Le critère de cette vigilance des Anciens est alors plus "ecclésiologique" que "moral" : plus que de manifester sa foi par une conduite exemplaire, il s'agit de manifester sa fidélité à l'Eglise réformée en refusant de se soumettre - ou en se soumettant le moins possible ! - à l'Eglise catholique. Ce souci de "maintenir" s'est souvent traduit par une attitude très conservatrice : les assemblées "comme avant" (silence pour les femmes !), la Discipline "comme avant", les pasteurs "comme avant"… Coincés entre la menace extérieure de la persécution et la menace intérieure des déviations des "illuminés", les Anciens ne pouvaient guère que tenir bon en ne bougeant pas !

Cette attitude du "maintien" a retrouvé une certaine actualité dans la période de déclin du protestantisme qui a marqué la seconde moitié du 20ième siècle. Parfois de manière très positive, par un engagement important des conseillers presbytéraux dans le partage du ministère de l'Eglise, et l'invention d'autres façons de vivre l'Eglise : par exemple les diverses tentatives de "vivre l'Eglise sans poste pastoral" (Eglise en dissémination dans l'Est, Voiron et Valdaine en C.A.R., Apollos en CLR, etc…). Mais aussi, trop souvent, ce souci de "maintenir" s'est exprimé, et s'exprime encore, au travers d'un conservatisme têtu : maintenir des temples non utilisés, des conseils presbytéraux sans paroisses, des activités pourtant délaissées, des coutumes ou des textes devenus obsolètes…

Veiller aujourd'hui à la vie spirituelle de l'Eglise me semble nécessiter de donner priorité au souci de transmettre sur celui de maintenir. D'après un article de "La Vie" (du 29 septembre) qui relate la visite de Benoit XVI en Allemagne, le pape blâme la foi "auto-construite" et "édulcorée" des protestants qui cèderaient trop à la sécularisation, et les exhorte à revenir aux fondamentaux de la réforme : le "sens du péché" et "l'inquiétude du salut" : exemple typique de la volonté de maintenir par un retour au passé, quitte à vouloir recréer les questions du passé pour pouvoir y faire coller les réponses déjà connues. Plutôt que de maintenir, il me semble que notre responsabilité nous pousse à prendre en compte les questions d'aujourd'hui : les énormes questions sur la nature de l'"être" humain, la prise en compte des besoins de reconnaissance de la personne individuelle et ce que cela signifie pour la reconnaissance de l'autre, l'inquiétude sur l'avenir… Toutes questions tout aussi théologiques que celles du péché et du salut - et peut-être les mêmes ! - et que la prédication de l'Evangile peut éclairer ! Même chose pour le patrimoine culturel ou immobilier de l'Eglise qui doit lui aussi évoluer pour répondre aux besoins de sa mission aujourd'hui ! Peut-être devrions méditer là la parabole des talents (Matthieu 25, 14-30) ?

J'ai beaucoup aimé une phrase d'un éminent évêque catholique, que je cite de manière libre : "l'Eglise n'est pas une institution qui doit défendre des dogmes, des rites ou des valeurs;, ou même se défendre ; mais l'Eglise naît et vit chaque fois que la Parole de Dieu rencontre le monde".

***

3°) De l'autorité de "notables religieux", les membres des conseils presbytéraux sont appelés à exercer celle de "témoins évangéliques"

Le troisième héritage que doivent assumer les conseils presbytéraux est celui des "notables" mis à la tête des Eglises dans les Consistoires établis par les Lois organiques de Napoléon (selon un critère censitaire, puis plutôt moral à partir de Napoléon III). Pour le pouvoir, il s'agissait de contrôler ces organisations religieuses que l'on autorisait. Pour les Eglises elles-mêmes, il s'agissait de se réinsérer dans le tissu social en montrant leur respectabilité, l'efficacité de leur prédication et de leurs œuvres diaconales… avec le projet plus ou moins avoué de concurrencer l'Eglise catholique en se présentant comme une religion moderne, intelligente et respectable contre un catholicisme passéiste, opposé au progrès et autoritariste…

On peut aujourd'hui critiquer le système du gouvernement par des "notables"- au prix d'un anachronisme flagrant - mais dans le monde d'alors, la présence affichée de ces notables - politiques, industriels, ou scientifiques - à la tête des conseils du protestantisme était significative, d'autant plus qu'il s'agissait de notables "engagés" qui, au travers de divers comités, finançaient des activités missionnaires et sociales ! Ces notables concourraient à donner au protestantisme, par leur seule présence, une certaine visibilité missionnaire.

Ce n'est plus le cas aujourd'hui, et lorsque les journaux font le catalogue de "personnalités" protestantes, c'est plutôt - laïcité oblige - pour souligner leur discrétion que leur engagement spirituel ou ecclésial ! D'une manière plus générale, dans le monde d'aujourd'hui, la seule "présence" n'est plus significative, ni la "présence" de l'Eglise dans le monde, ni la "présence" de chrétiens dans la société. Plus que d'être présents, il s'agit de communiquer, de proposer, de témoigner, personnellement et collectivement. Et au centre de la responsabilité du Conseil presbytéral sur la vie spirituelle de l'Eglise, il y a ce souci du témoignage, du projet missionnaire.

4°)  Au statut d'administrateurs que la loi de 1905 attribue aux conseillers presbytéraux, la réflexion de l'Eglise sur elle-même a substitué petit à petit (et non sans difficultés !) celui de participants à un ministère collégial.

Le dernier héritage nous a été légué par la Loi de Séparation de 1905. A bien des égards profitable pour le protestantisme, elle nous a toutefois fait un cadeau empoisonné : celui d'assimiler les conseils presbytéraux - conseils d'anciens de l'Eglise - aux comités directeurs des associations créées par la Loi de 1901. Le principe de l'association est de permettre à des personnes qui veulent ensemble réaliser un but commun de se réunir et de réunir leurs forces pour cela. Et lorsque l'association se dote d'un comité directeur, celui-ci est le représentant de l'association pour réaliser ce but : il détient d'elle son autorité, et lui rend des comptes, et lorsqu'il n'est plus représentatif, son mandat pourra être remis en cause.

On aurait pu dissocier à l'époque un ministère d'"Anciens" qui auraient partagé avec le pasteur la responsabilité de la vie spirituelle de l'Eglise et un comité directeur qui aurait été responsable de la vie matérielle. On aurait eu ainsi un système plus typiquement luthérien avec une distinction nette entre le spirituel et le temporel (cf. le principe du partage d'autorité dans l'ECAAL entre Directoire et Inspections). Mais le choix a été fait de ne pas dissocier les deux et d'avoir, dans la tradition calviniste, un seul conseil présidé par le pasteur. Le système du "comité directeur d'association" permettait au fond assez bien de mettre en place légalement le système d'exercice de l'autorité dans l'Eglise locale qui confiait le gouvernement spirituel essentiellement au pasteur, assisté des conseillers pour le gouvernement "temporel". D'ailleurs, lors de la reconstitution de l'Eglise réformée de France en 1938, le seul ministère reconnu est le ministère pastoral.

Mais très vite se repose la question de reconnaître le presbytérat comme un ministère. Le débat surgit pendant la seconde guerre mondiale, parce que la guerre créée un grand vide dans le corps pastoral, mais aussi parce que beaucoup ressentent la nécessité de vivifier l'Eglise et de l'enrichir de ce nouveau ministère. En 1942, le pasteur Pierre Lestringant réclame au Synode la reconnaissance du ministère presbytéral, et en 1946, le Synode répond en soulignant que la charge et la responsabilité de la paroisse incombent, non au seul pasteur, mais à toute la communauté et particulièrement au Conseil presbytéral.

Un débat a lieu, par publications interposées, en 1946, entre le professeur genevois Henri d'Espine ("Les anciens, conducteurs d'Eglise") et les professeurs de la faculté de Montpellier, menés par Jean Cadier ("Pasteurs et anciens"). D'Espine demande une réforme de l'Eglise pour qu'elle soit authentiquement gouvernée, et pas seulement administrée ; il souligne la fragilité du type d'Eglise construit uniquement autour du pasteur ; et il souhaite bénéficie des recherches du mouvement œcuménique naissant en matière de ministères, au lieu d'affirmer péremptoirement que son système est apostolique : "la restauration du pastoral collectif, exercé par un véritable collège d'anciens, est une des premières conditions du renouveau spirituel dont nos Eglises ont besoin…". A cela, Jean Cadier répond en soulignant une différence essentielle entre les deux ministères : pour lui, le ministère pastoral est un "don", reçu de Dieu par vocation, et il implique une consécration totale ; alors que le presbytérat est une "charge", reçue par élection de la communauté, et pour un temps seulement. Pour lui, cette tension doit être maintenue : le pastoral est un ministère de l'inspiration, qui a besoin du contrôle des anciens, qui ont, eux, le ministère de la permanence et de la continuité.

Le Synode national de 1962 précise la "responsabilité de gouvernement de l'Eglise confiée au Conseil presbytéral (discernement et coordination des ministères locaux ; rassemblement des fidèles et unité de l'Eglise, célébration du culte et instruction des enfants, pratique de l'amour fraternel ; gestion matérielle de la communauté).  

Mais une enquête faite en 1966-67 montre que la réalité est tout autre ! Un grand nombre de conseillers sont là parce que ce sont des notables, représentant des familles importantes qui "disposent" d'un siège ; beaucoup se considèrent comme nommés à vie, et peu nombreux sont ceux qui exercent réellement une fonction dans l'Eglise… Tellement que le rapporteur conclut en se demandant si le régime presbytérien-synodal n'est pas en train de se transformer en régime sénatorial ! Et en préparant les élections de 1970, le Conseil national écrit aux conseillers : "si la forme paroissiale de l'Eglise est aujourd'hui souvent critiquée, cela ne provient-il pas fréquemment d'un affadissement des conseils presbytéraux ? Car il faut bien reconnaître que la routine les guette, que certains conseils sont davantage l'expression d'une aristocratie sociale que du ministère commun de l'Eglise dont ils sont responsables, que d'autres sont absurdement jaloux de leurs prérogatives et de leurs écrits… La charge d'ancien est un véritable ministère, c'est-à-dire un service et non une dignité ou un honneur !".

Le Synode de 1969 - qui ouvre la possibilité de présidence du CP aux laïcs - indique qu'il s'agit d'un "ministère", et celui de 1985 d'un "ministère de l'union". Ce ne sont pas là de simples enjolivements de vocabulaire, mais il s'agit d'orientations importantes :

-       Même si le Conseil presbytéral est mis en place par mandat électif, il doit être reçu comme "don de Dieu" à son Eglise, collégialement appelé par vocation, et donc liturgiquement reconnu comme tel (comme les ministres sont reconnus après décision de la CDM au nom de l'Eglise, même si les ministres ont reçu vocation) : le vote de l'Assemblée générale n'est pas un vote de représentations d'intérêts différents, mais celui de la reconnaissance d'une vocation, vocation collégiale, mais dont chacun des conseillers est prêt à assumer sa part.

-       Le Conseil presbytéral n'est pas limité au gouvernement de l'Eglise locale, mais il participe par ses décisions et ses avis, au gouvernement de l'union des Eglises : chaque Eglise locale, là ou elle est, n'est-elle pas pleinement Eglise, ce qui implique non seulement qu'elle est appelée à exercer en un lieu l'intégralité du ministère de l'Eglise, mais qu'elle est appelée à vivre là l'unité de l'Eglise du Christ dans sa diversité, ce qui signifie communion et solidarité !

***

Pour méditer : quelques thèses théologiques à propos du ministère :

1°) L'Evangile est la cause, le but, le moyen, la justification… bref la situation de tout ministère.

Matthieu 28, 18-20 : Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples…

Jean 20, 21 : Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie…

I Corinthiens 1, 17 : Christ ne m'a pas envoyé baptiser, mais annoncer l'Evangile…

Au début, il y a l'envoi pour l'annonce de l'Evangile. Elle est le but de la vie de l'Eglise, mais aussi son moyen d'existence (c'est bien cette annonce qui la fait vivre, et non les cotisations et les kermesses !!!). Et l'Evangile est lui-même le code de son annonce…

Les fonctions d'administration, de gestion et d'animation de la vie de la paroisse, et même les fonctions cultuelles (baptême…) ne deviennent vraiment "gouvernement" de l'Eglise que dans le travail de discernement évangélique de la mission de l'Eglise : ce que le Christ attend de son Eglise… mais aussi ce qu'il lui donne !

2°) La faiblesse achève et glorifie le ministère évangélique.

II Corinthiens 10 à 13 : cf. en particulier :

-        11,30 : S'il faut s'enorgueillir, je mettrai mon orgueil dans la faiblesse

-       et 12, 9-10 : il m'a déclaré : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. Aussi mettrai-je mon orgueil bien plutôt dans mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ… lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort !

Il ne s'agit pas là d'une pirouette, mais de la revendication d'une réelle autorité pour le ministère évangélique. Dans le contexte, attaquer le ministre de l'évangile, ce n'est pas seulement attaquer un homme (Paul), mais mettre en cause l'Evangile lui-même ! L'apôtre revendique la dunamis (puissance) de Dieu (10,4), l'exousia (autorité) de Dieu pour l'édification (10,8 13,10), et jusqu'à une quasi-identification au Christ (13,3 et 11,10).

Mais ce qui achève cette kaukhèsis (sujet de gloire), c'est la revendication de la faiblesse (11,30 12,9-10) : elle témoigne de la grâce de Dieu qui agit et elle rappelle qui est Dieu lui-même, en Christ. 

3°) Le ministère évangélique s'exerce dans un service tout à la fois attendu et rendu, inespéré et donné.

Jean 13, 6-15 : Etudier le dialogue entre Jésus et Pierre lors du "lavement des pieds". Repérer en particulier les attentes, les propositions et les refus, … et les tensions entre eux :

-       Jésus propose à Pierre de lui laver les pieds / Pierre refuse

-       Jésus renverse ce refus : car il est refus de Jésus lui-même

-       Pierre demande à être lavé en entier / mais Jésus refuse…

Et chaque fois, dans ces tensions, quelque chose de fort se révèle de l'Evangile : qui est vraiment Jésus : le Maître ? / le Serviteur !

Le service se situe nécessairement dans des tensions entre ce qui est attendu et ce qui est effectivement reçu (satisfaction / déception), ce qui est attendu et qui est refusé (frustration/soulagement), ce qui n'est pas attendu, mais proposé (surprise/résistance). Ceci est vrai aussi bien pour celui qui propose un ministère (conseil, minisre…) que pour celui qui le reçoit : en fait, il y a service mutuel…

Le ministère - comme autorité, puissance créatrice, du Christ - se situe essentiellement dans la tension "attendu/refusé" et  "non attendu/proposé". Mais pour que cette tension puisse être fructueuse (et non rupture), il faut qu'il y ait de "l'attendu/reçu", c'est-à-dire création de reconnaissance mutuelle au travers de ce qui est partagé.

4°) Tous nos ministères relèvent de l'édification (époïkodomein) et non de l'apostolat fondateur (themelion). C'est en cela qu'ils sont apostoliques.

I Corinthiens 3, 9-15 : (9) Nous sommes en effet des collaborateurs (sunergoï) de Dieu, et vous êtes le champ de Dieu, l'édifice de Dieu. (10) Selon la grâce de Dieu qui m'a été donnée, j'ai posé le fondement (themelion) comme un sage architecte, un autre édifie dessus (epoikodomeï). Que chacun prenne garde comment il édifie dessus (époikodomeï)…

3 points à noter en particulier :

  • La fidélité n'est pas l'imitation, la conservation ou le remplacement, mais le "construire dessus".
  • La valeur de la construction découle de sa capacité à passer l'épreuve : invitation à la recherche d'une certaine "efficacité"… et peut être à la diversité des constructions ? Peut-être y a-t-il des temps pour construire en or (ce qui dure)… et d'autres pour construire en paille (le nécessaire provisoire des temps de changement) ?
  • La réussite de la construction, et la valeur de son matériau, n'ont pas valeur de salut, même pour le constructeur : c'est une totale libération pour celles et ceux qui partagent ce ministère de "constructeurs sur…" ! 

 Envoi

Il ne peut pas y avoir de responsabilité "spirituelle" du Conseil presbytéral, ni de responsabilité sur la vie "spirituelle" de la paroisse, s'il n'y a pas vie spirituelle du Conseil lui-même.

Il est nécessaire de nourrir cette spiritualité de gouvernement :

-       Par le travail biblique et la prière (écouter),

-       Par la compréhension mutuelle et l'accueil des diversités (se parler de soi pour se connaître et se reconnaître !),

-       Par la construction d'une compréhension commune (débattue) du contexte : vie de l'Eglise, vie de la société… (parler ensemble de nos perceptions, non pour les uniformiser obligatoirement, mais pour les mettre en perspective et les "construire" ensemble en les rassemblant dans un tableau plus ou moins contrasté)

Ceci afin de mettre en œuvre concrètement ce "gouvernement spirituel" :

-       Par l'écouter et le discernement (quel est le don de Dieu qui nous est fait au travers de telle personne, telle rencontre…),

-       Apprendre à prendre en compte les difficultés, et travailler avec elles, au lieu de les occulter ou de tenter de les vaincre par la force,

-       Savoir prendre le temps d'expliquer et de soumettre à approbation,

-       … et, peut-être, parfois, accepter de changer soi-même !?

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01 septembre 2011

Formatons de prédicateurs: un bilan

UN BILAN DE LA FORMATION DE PRÉDICATEURS LAÏCS À L'IPT/ERF-RP SUR QUATRE ANNÉES

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VOUS AVEZ PARTICIPÉ À CES FORMATIONS, AJOUTEZ VOS COMMENTAIRES CI-DESSOUS EN PRÉCISANT L'ANNÉE ET LE NIVEAU (1 OU 2)

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09 juin 2011

PREDICATION NARRATIVE

Aspects de la prédication narrative

Un exemple de « conte » biblique :

 

crucifixion  (Bernard Dimey)

 

Tu viens c't' après-midi à la crucifixion?

T'as qu'à v'nir avec moi, ça t'chang'ra les idées !

Ta bergère est pas là, profit' de l'occasion

Moi j'ai prév'nu Lévy que j 'prenais ma journée

J'y ai dit "j'veux voir ça, et pis j'ai mes raisons !"

Il a pas pu r'fuser vu qu'il y va, cézigue !

Ça va ram 'ner du monde et marquer la saison

C' t'affair'là, tu vas voir, mais le truc qui m'intrigue

C'est qu'sur les trois clients qu'ils vont foutre au séchoir

Y en a deux, paraît-il, qu'on a dû bien connaître

Ils nous ont fait marron sur un coup d'marché noir

On ira les r'garder, ça les amus'ra p't'être

 

Quand on avait l'tuyau pour les surplus romains


J'avais tout préparé, tout mâché la besogne,


On était cinq su'l'coup, vraiment du cousu-main!


Quand ils nous ont doublé, on a passé la pogne


Mais j'dois dire qu'aujourd'hui, je vais bien rigoler


Comm'quoî, mon vieux cochon, y a tout d'même un'justice


Comm'disait mon vieux père: "Faut pas tuer ni voler

à moins
d'être certain que le coup réussisse !"

 

Le troisième, il paraît qu'il marche à la gamberge


Il jacte à droite à gauche, on l'a vu v'nir de loin


Il est pas vieux du tout, il n'a pas trente-cinq berges


On n'sait pas bien qui c'est, c'est pas un gars du coin


C'est un genr'de r'bouteux, il guérit les malades


Ça fait trois ans, guèr'plus, qu'il est sur le trimard


N'empêch'que le Pilate et ses p'tits camarades


L'ont prié d'obéir et d'arrêter son char


Comm'disait mon vieux père : "La poisse, elle vient tout'seule


Mais plus tu veux jacter, plus qu'ell'vient rapid'ment


C'est un'bell'qualité d'savoir fermer sa gueule"


Mon père, pour un ivrogne, il n'manquait pas d'jug'ment !

D'ailleurs, en fait d'jug'ment, c'est par là qu'ça commence


Si tu veux v'nir, tu viens... Moi j'veux pas m foutr'en r'tard


Tu viens pas... Moi j'm'en vais... J'te dirai c'que j'en pense!


J'pass'rai pour l'apéro, à sept heures, au plus tard.

 

****

 

Ça y est, me v'la r'venu, j'en ai les jamb'coupées


J'ai vu assez d'salauds pour le restant d'mes jours


Et c'est l'genr'd'histoir' qui s'ra vite étouffée


T'en entendras causer, crois-moi, pis mêm'les sourds

D'abord le tribunal, une vraie rigolade!


Les carott' étaient cuites, archi-cuites au début


Le Pilate s'en foutait, mais les p'tits camarades


Ça gueulait maximum, aussi fort qu'ils ont pu


Le mec, il était là, il a pas dit grand-chose


Et pis j'étais trop loin ; j'ai pas bien entendu


Tout l'mond'braillaît là-d'dans, mais pour plaider sa cause


Y a personn'qu'à moufté... Ni l'avocat non plus...


D'ailleurs, y en n'avait pas ! C'était la mascarade !


Et j'suis sûr que le gars il est blanc comm'l'agneau


Tu peux dir'que l'Pîlate et ses p'tits camarades


Ça fait avec nous autres un'bell'band'de salauds


On a beau êtr'voyou, viv'comm'des malhonnêtes


Y a tout d'mêm'des machins qui vous fout'le bourdon...


Tout était combiné, mêm' la croix qu'était prête


Et quand on vous y colle on sait qu'c'est pour de bon...


Et pis la croix maint'nant c'est toi qui t'la coltines


C'est nouveau, j'te préviens, si ça t'arrive un jour


Tout seul et ça su'l'dos jusqu'en haut d'la colline.


 

Il s'est juste arrêté pour faire un p'tit discours,


Il s'trouvait juste en face d'un ramassis d'bonn'femmes


Qui chialaient comm'des veaux, faut dir'qu'y avait d'quoi,


Il leur a dit comm'ça " pour le salut d'vos âmes


il vaudrait mieux pleurer sur vous-mêmes que sur moi !"

Sa vieille elle était là, la pauv'mémère, tout'seule


Y aurait pas eu un mec pour y donner la main,


Surtout quand son fiston il s'est cassé la gueule !


Trois fois d'suite sous les coups d'ces enfoirés d'romains !


 

Moi, ça m'a foutu l'noir, pourtant j'suis pas sensible


Ça m'a tout barbouillé, j'en suis cœur sur carreau !


Faut dir'que l'populo c'est vraiment des horribles


Ils sont pour la plupart plus fumiers qu'les bourreaux...

Bref, je n'suis pas r'venu pour gâcher la soirée...


Ils l'ont cloué là-d'ssus et tout l'monde est parti...


Moi j'en suis lessivé, tu parles d'une journée...


Et tout l'monde est pareil... et pis c'est pas fini

 

Les deux autres ? Ah ben oui, pardonn'moi si j't'excuse


Hé ben j'les ai pas vus, j'y ai mêm'plus pensé !


Ils sont toujours là-haut, vas-y si ça t'amuse


Pour moi ça va comm'ça, j'en ai vu bien assez !


Paulo, tu m'connais bien, tu sais qu'les innocents


Je m'en fous complèt'ment, seul'ment pour le quart d'heure


Je dois dir'que c'que j'ai vu, ça m'a tourné les sangs


Un mot que j'dis jamais, Paulo..., ça m'a fait peur !

 

Une possibilité de prédication narrative :

dimanche 27 février 2011

Eglise Réformée d'Ermont

Matthieu 6,24-34

pasteur Jean-Pierre STERNBERGER

 

texte Deutéronome 30, 18-20

“ Je prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre:

je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction.

Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant YHWH ton Dieu,

écoutant sa voix,  t'attachant à lui;

car là est ta vie,  ainsi que la longue durée de ton séjour sur la terre

que YHWH a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de leur donner.”

 

Voilà, cette nuit, tu ne dors pas. La nuit dernière non plus. Tu tournes tournes dans ton lit. Tu guettes les bruit de la maison, les mouvements des voisins, les voitures de la rue. Tu penses à cette journée qui naît quelque part. Tu revois celle qui vient de s'écouler; tu t'interroges. Comment faire ? Comment tenir ? Comment joindre les deux bouts. Mais les deux bouts de quoi ?

Tu te répètes l'histoire et tu t'interroges. Comment en es-tu être arrivée là ? C'est vrai, à Noël, tu a voulu dessérer un peu l'étau. Mais peut-on toujours faire attention à ce qu'on achète, toujours prendre la moins bonne qualité, acheter au meilleur prix. Et puis il y a eu ce jeu qu'Antoine voulait à tous prix, et puis il y a eu ... finalement pas tant que ça. Non, pas tant que ça. On ne peut pas dire que tu as fait des folies. Simplement, les choses se sont accumulées depuis la panne de la voiture en septembre.  Pour la première fois, tu as été dans le rouge. Depuis tu n'en es pas vraiment sortie. Et ce mois-ci, tu as plongé. En septembre, il y a eu la rentrée, il y a eu les impots en novembre, les fêtes en décembre, les assurances en janvier et puis cette lettre de la banque ce matin : Interdit bancaire avec obligation d'aller rendre la carte qui te permettait d'acheter à nouveau dès le 26. 26, c'était devenu ton chiffre fétiche. A partir du 26 du mois, tu sais que tes dépenses ne seront débitées que le mois suivant ...

 Surtout ne pas paniquer. tu y arriveras. Tu t'en es toujours sortie. Pouvu que la voiture tienne le coup et ne flanche pas comme l'hiver dernier. Pourvu ...  pourvu surtout que tu retrouves vite un travail, peut-être pas un vrai, peut-être une mission d'interim, mais  quelque chose qui te fasse sortir du rouge.

 Quelle heure est-il ? Bientôt 4 heures. Tu as allumé la lampe pour voir l'heure et maintenant tu te lèves. A quoi bon rester couchée ? En faisant le moins de bruit possible, tu rejoins la cuisine. Tu fermes la porte doucement. T u mets le volume de la radio au minimum audible et tu tourne le bouton. L'oreille collée au poste, tu écoute l'écho des fracas et des soupirs du monde. Comment tout ça va finir. Tunisie, Egypte et maintenant la Lybie. Et puis le gaz qui va augmenter, et le prix du pétrole qui flambe. C'est pas ça qui va aranger tes affaires. Ici sans voiture, comment  farais-tu pour vivre ? Même pour aller au restau du coeur, il faut une voiture.

 Et de nouveau tu  calcules. Comment moins dépenser ? Le RSA, les allocations d'un côté, le loyer, la nourriture, l'essence de l'autre. Le jean d'Antoine est déchiré. Au moins, il est un peu à la mode et ça ne le gène pas. Par contre ses chaussures ne vont pas faire le trimestre ...  il grandit vite en ce moment. Avec un peu de chance, on va lui proposer les affaires de son cousin. Une fois de plus tu accepteras. Mais au grand jamais, jamais, tu ne demanderais. Enfin, c'est ce que tu penses aujourd'hui ...

Il reste une pomme sur la table. Tu n'as pas faim mais tu l'épluches. Tu la coupes en quatre et chaque quartier en deux. Ce serait bien de pouvoir dormir et oublier. Ça ne sert à rien de s'inquiéter. Ça ne résout pas les problèmes. Demain est un autre jour. A chaque jour suffit sa peine. C'est vrai qu'on peut voir les choses autrement et petit à petit tu voudrais les voir autrement. Antoine, par exemple, c'est ta plus belle réussite. Et puis il travaille bien. Il s'est fait plein de copains qu'il ramène de l'école et parmi ceux-là de bien plus malheurexu que lui. Lui au moins il a une chambre à lui, ça compte. Et tu l'aimes comme il t'aime même si e n'est pas tous les jours facile pour lui de vivre en tête à tête avec sa mère.

 Maintenant tu t'es levée et  tu t'es rapprochée de la fenêtre. A l'horizon la nuit pâlit déjà. Tiens, la fleur dans le pot sur l'appui de la fenêtre, on dirait qu'elle va refleurir. Comment ça s'appelle déjà : une pensée ? Quel drôle de nom pour une fleur ! Mais c'est vrai qu'il y a parfois des pensées qui vous poussent dans la tête comme des fleurs et d'autres dont il faudrait se débarrasser comme de la mauvaise herbe. Ou alors il faudrait faire fleurir la mauvaise herbe et la voir devenir fleur.

Si la pensée refleurit,c'est qu'il ne fait plus aussi froid que la semaine dernière. C'est aussi que la nuit déjà tombe moins tôt. Pour mieux voir la fleur qui naît, tu tournes la poignée et ouvres la fenêtre. Et là juste au moment où tu mets le nez dehors, à l'instant où tu sens le frais de la nuit sur ton visage, tu entends le chant du matin d'un oiseau perché sur l'arbre de la cour. Et tu te sais vivante et tu repires à grandes goulées l'oxygène de la vie.

A chaque jour suffit sa peine et la peine ne nous est pas comptée. N'allons pas y ajouter celle des jours passés et des jours à venir. Seulement la peine de ce jour, et puis aussi sa joie, et puis surtout la vie. La peine de ce jour suffit, pas la peine d'en rajouter. pas la peine de surcharger le jour d'une inquiétude infructueuse. On ne peut pas vivre et se laisser manger par l'inquiétude. On ne peut pas travailler pour deux patrons à la fois, travailler pour la vie le jour et la nuit, se laisser manger par l'inquiétude. Il faut savoir dans quoi on investit, dans quoi on s'investit.

Et en ouvrant la fenêtre tu as choisi la vie.

 Allez, file te recoucher. Tu as encore deux bonne heures de sommeil. Demain, dans quelques heures, tu devras être forte et tu le seras. Tu le seras pour chercher et reconstruire une vie meilleure, pas seulement pour toi, mais pour ton fils er pour les autres. Tu seras forte et sans inquiétude car au fond de toi tu sais que la vie pourrait être différente. Elle sera différente. Cela s'appellera la vraie vie, la justice, la vraie paix.

 Dans l'évangile, Jésus l'appelle : le Royaume de Dieu.         Amen

 

et nous lisons dans l'évangile de Matthieu, le texte pour ce jour (trad. NBS / JPS)

24

Personne ne peut servir deux maîtres;

en effet, ou bien il haïra l'un et  aimera l'autre,

ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre.

Vous ne pouvez servir Dieu et  Mamon.

25

C'est pourquoi je vous dis :  Ne vous inquiétez pas, pour votre vie,

de ce que vous mangerez [ou de ce que vous boirez], 

ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus.

La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?

26

Regardez les oiseaux du ciel  et qu' ils ne sèment pas ni ne moissonnent,

ni ne stockent rien dans des granges,  et votre Père céleste les nourrit.

Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?

27

Parmi vous, qui peut par ses inquiétudes,  rallonger d'un centimètre[1] sa vieillesse[2] ?

28

Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ?

 

Observez comment poussent les lis des champs :

ils ne travaillent pas, ils ne filent pas;

29

et pourtant je vous dis que même Salomon, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux.

30

Si l'herbe des champs qui pousse[3] aujourd'hui et demain sera jetée au four, Dieu l'habille ainsi, [ne le fera-t-il pas] à bien plus forte raison pour vous qui croyez un peu ?

31

Ne vous inquiétez donc pas, en disant : « Qu'allons-nous manger ? »

Ou bien : « Qu'allons-nous boire ? »

Ou bien : « De quoi allons-nous nous vêtir ? »

32

tout cela, les païens le cherchent sans relâche, 

car votre Père céleste sait  que vous avez besoin de tout ça.

33

Mais cherchez d'abord le règne [de Dieu] et sa justice,  et tout cela vous sera donné en plus.

34

Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain s'inquiétera de lui-même.

A chaque jour suffit sa peine.


[1]       -littéralement : « une coudée »

[2]       -ou « sa jeunesse » (!) littéralement : « son âge »

[3]       -littéralement : « qui est »

 

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