Cellule formation erf-rp

22 janvier 2012

PARLER DEVANT UNE ASSEMBLÉE, PARLER EN PUBLIC

Parler en public

Plusieurs groupes ont fonctionné ce samedi 21 janvier. Les prédicateurs laïcs des différents niveaux avaient chacun leur programme. Selon la pratique appréciée par tous, les groupes des différents niveaux ont déjeuné ensemble avec les formateurs et se sont retrouvés sur les marches de la Fac pour la photo souvenir.

Le photographe dans un geste "liturgique"... L'attente des retardataires pour la photo commémorative... le stand de librairie pour prédicateurs. (cliquer sur les vignettes si vous souhaitez voir les photos en plus grand)

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Gilles, prédicateur laïc en formation, rend compte de ce qu'il a vécu et appris dans son groupe de quinze participants avec Delphine Robert, comédienne.

2012_0121 - Parler en public 

© Photo Pelcé - Le groupe au travail avec Delphine Robert

Une journée entière consacrée à ce thème, c’était bien peu mais beaucoup de points ont été abordés, merci à Delphine.

1 - Tour de table, présentations des participants, attentes des uns et des autres.

Plusieurs stagiaires étaient demandeurs de « techniques », de recettes, de trucs et ficelles du métier, demande classique qui est en fait une recherche de rassurance, mais bien sûr, tout un chacun doit construire sa propre recette, en partant de sa propre façon d’être et en y adaptant les apports pédagogiques de l’intervenant.

Nombreuses aussi étaient les attentes pour lutter contre le trac, le stress, le manque de mémoire, etc.

Les autres demandes ont servi à Delphine pour construire la journée, qui s’est finalement déroulée à peu près comme suit :

2 - Prise de conscience de son corps

Tout d’abord, lâcher prise, réaliser que la prise de parole, sans aller jusqu’à la considérer comme un « rôle à jouer », est quand même un exercice où tout va compter, pas seulement le texte qui sera dit, mais aussi la façon de le dire, la présentation de celle ou celui qui va le dire, ses postures, ses intonations, ses tics, même.

Donc des exercices corporels déroutants comme marcher de long en large, appeler un taxi, tendre l’oreille pour écouter quelque chose.

Après ces exercices individuels, une séquence d’exercice en groupe : à une invite imprévue, se ranger subitement dans deux groupes différents ou par rang de taille, ou porter secours à quelqu’un qui défaille, pour apprendre à être vigilants et réactifs, pas facile…

3 - Respiration

Comme l’être humain contemporain ne prend plus le temps de respirer, et qu’il est difficile de prendre la parole sans respirer, Delphine nous a appris à prendre conscience des différentes respirations qui s’offrent à nous, la respiration basse au niveau de l’abdomen, moyenne au niveau du plexus solaire, haute enfin avec le haut de la cage thoracique ; découverte : c’est en se servant de la respiration la plus basse possible qu’on aura la voix la plus pleine, la plus puissante, la plus écoutée donc.

4 - Pose de voix

Face à la tendance habituelle de faire « monter sa voix » dans les aigus lorsque la situation devient inquiétante, il faut apprendre à la garder au contraire dans les registres plus graves, en fonction de la physiologie et de l’anatomie de chacun.

5 - Diction

Quelques cauchemars nécessaires : dire sans se tromper et de la façon la plus fluide possible :

  • je veux et j’exige d’exquises excuses
  • petit pot de beurre, quand te dé-petit-pot-de-beurreriseras-tu ? Je me dé-petit-pot-de-beurreriserai quand tous les petits pot des beurres se dé-petit-pot-de-beurreriseront
  • tas de riz, tas de rats, tas de riz tentant, tas de rats tentés, tas de riz tentant tas de rats tentés

On n’a pas eu à dire ces phrases avec un crayon dans la bouche, mais c’était moins une !

6 - Mises en situation

Plusieurs mises en situation, jeux de rôle, etc. ont été proposés, une lecture devant un micro et un pupitre, de curieux dialogues entre deux personnes ne parlant pas la même langue, avec deux « traducteurs » tout aussi ignorants de ce qui venait d’être dit, et enfin, un exercice très riche et très curieux : deux personnes censées se trouver dans une salle d’attente engagent la conversation ; chacune d’entre elles doit placer une phrase secrète dans la conversation, phrase inconnue de l’autre mais aussi des autres stagiaires témoins de la scène; mais attention, ce n’est pas un concours ni un match, chacun doit au contraire être attentif à ce que dit l’autre pour tenter de repérer les efforts qu’il va faire pour placer « sa » phrase, et donc l’aider à arriver à son but. Exercice délicat, subtil et plein d’enseignement qui mériterait qu’on le répète et qu’on y passe plus de temps.

Enfin, une lecture biblique effectuée par une des stagiaires a servi de synthèse, tous les acquis pédagogiques de la journée devant bien sûr être mis en pratique.

Et un grand merci à Delphine, pleine de qualités et qui a « mouillé sa chemise » pour que ce groupe de quinze personnes progresse et soit content de le faire.

Gilles Carbonell – ERF Saumur

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© Photo Pelcé - Les prédicateurs laïcs en formation le 21 janvier

Les formations de prédicateurs sont conçues, organisées, évaluées et pilotées par la cellule formation des Églises de la région parisienne présidée par le pasteur Jean-Charles Tenreiro. Elles sont effectuées dans les locaux de l'IPT-Paris qui assure de son côté le secrétariat des inscriptions et la réservation des salles.


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06 décembre 2011

LE SENS DU CULTE

. francois-clavairoly CÉLEBRER UN CULTE

Notes prises par un étudiant pendant l'intervention du pasteur François Clavairoly, paroisse de Paris Saint-Esprit

  Introduction

Selon la discipline actuelle et la Discipline à venir de l’Eglise unie il est reconnu un mandat pour la célébration du culte (article 20 alinéa 4). C’est une situation unique dans le monde chrétien qui offre à un laïc la possibilité de conduire un culte.

Etymologie :

  • Culte : vient de la même racine que culture qui veut dire entretenir un autel ou encore labourer le champ, il y a donc une idée de faire le tour, de tourner autour. (en sanscrit c’est le mot chakra) cela donnera également le mot cycle : idée de revenir d’où l’on vient. Cultiver est bien alors se tourner pour créer un espace personnel, une colonie. Le culte est enraciné dans la culture : c’est peut être la façon dont l’humain tourne autour des questions du sens de la vie et la façon dont le culte s’enracine dans le vécu de chacun. Ce qui veut dire que le culte est lié à un contexte et qu’il doit être compris par tous. : Luther a supprimé les messes basses et a parlé en allemand afin d’être compris par tous. Célébrer un culte c’est s’enraciner dans le présent.
  • Liturgie : dans l’épitre aux Hébreux les liturges sont envoyés « en service pour une fonction comme des anges ». en grec le mot liturgie veut dire avoir une fonction dans la cité pour que la circulation puisse se faire (travail sur la voirie et l’organisation des jeux). Le liturge est un responsable public dans l’organisation de la cité. Chez les romains, le licteur est celui qui marche devant le magistrat avec les instruments du verdict (verges et haches). Dans les deux cas, on lui reconnait des responsabilités dans la cité : il a une fonction publique pour réaliser un acte public (loi de 1905 article 18 : le culte est un acte public).
  • L’Eglise s’est privatisée en 1905 sur un malentendu au moment de la construction de la laïcité, elle reste pourtant un espace public. Le mot agora, à l’origine du mot église, signifie assemblée de citoyen qui a pour charge de régler les problèmes de la cité. Le mot a quitté le champ politique pour passer au religieux mais l’église reste appelée à la délibération et à la décision. Cette privatisation de l’espace religieux est une spécificité exclusivement française.
  • Sacrement : selon ses origines ce peut être le serment au drapeau de la légion ou la part financière promise à l’autel d’un dieu païen. Dans les deux cas il apparait la notion d’engagement.
  • Religion : peut avoir deux origines : religere (relire par exemple les éléments fondateurs, la bible) ou bien religare (relier par exemple les humains entre eux). La relecture à une importance considérable dans le monde protestant : chaque relecture de la bible pouvant s’ouvrir à une compréhension nouvelle.

a)  Textes bibliques :

Exode 20 : instruction / consigne de base pour le culte : premier élément sur le culte sacrificiel.

L’essentiel de l’acte cultuel est dans le verset 24b : le but du culte est de constater que Dieu vient et béni. Au verset 22 : c’est le « tu » qui est employé, c’est une injonction personnalisée qui s’adresse au lecteur donc à tous et pas seulement aux prêtres. Il n’est pas question de prêtre, le sacrifiant et le sacrificateur sont confondus dans le « tu », c’est la laïcisation du culte. Lors de l’apparition de la religion juive, il y aura intervention du prêtre comme médiateur pour séparer profane / sacré et pur / impur.

L’autel est défini par sa construction : simplicité et renvoi vers la nature : il n’y a pas de lieu spécifique pour célébrer le culte, l’autel est un simple monticule qui fait penser au Sinaï. À travers ce texte, il ressort 3 choses essentielles :

  • l’acte cultuel n’est pas réservé
  • le lieu de culte n’est pas spécifique
  • l’objet du sacrifice n’est ni d’apaiser une quelconque colère ou une action de grâce, c’est une bénédiction.

Le culte réformé est très proche de cette vision : "rappeler le nom du Seigneur en tous lieux"et "Dieu béni". C’est une mise en question des pratiques de l’époque.

La promesse est que l’offrande fait venir Dieu qui donne une bénédiction : si on réfléchi à la Cène on a le même schéma : l’organisation du repas est humaine, Dieu béni.

La bénédiction est une parole qui réalise ce qu’elle dit : elle effectue la promesse qu’elle contient y compris des effets à long terme. Ce mot vient de « baraquer » : dire le bien, c’est une promesse positive. (Anecdote : le dromadaire baraque c'est-à-dire, il se met à genou).

Le culte traditionnel d’Israël est reformulé à la Réforme : c’est un évènement par lequel Dieu vient vers nous : c’est Dieu qui fait le culte et qui bénit. La bénédiction est un geste de bienveillance qui assure une protection bénéfique. La proclamation de la grâce en début du culte est déjà une bénédiction.

 La culture religieuse ancienne portait l’idée que l’acte religieux était un acte d’élévation, une sortie de soi qui permettait d’accéder à un niveau de conscience supérieur en lien avec la sphère divine : d’où la présence d’estrades dans les lieux de culte. Le monde est à plusieurs étages et Dieu est tout en haut. La montée vers Dieu sous forme d’un remerciement est seconde c’est d’abord Dieu qui descend vers l’humain.

Apocalypse 4 et 5 :

Ces documents sont marqués par les premières liturgies de la première Eglise : cri liturgique. C’est une invitation à la louange.

1 Corinthiens chap 11 :

Texte écrit dans les années 50 après Jésus Christ. C’est une des premières liturgies chrétiennes. Paul au verset 23 dit : « voici l’enseignement que j’ai reçu du Seigneur et que je vous ai transmis ». Il l’a déjà reçu d’un autre. La liturgie s’inscrit dans une tradition, dans une chaine de transmission. Le culte est un évènement mais le culte appartient aussi à une tradition et à une institution : il y a un avant nous et un après nous. Nous l’avons vécu et nous en témoignons. Le culte est en tension entre l’événement de la venue de Dieu et la tradition. 

2 Corinthiens chap 5 verset 18 à 20 

« Tout vient de Dieu qui nous donne la réconciliation », nous sommes chargés d’annoncer cette réconciliation. Dieu se réconcilie avec l’humanité à son initiative sans tenir compte des fautes de chacun. Dieu agit en premier, ce n’est ni nous, ni nos prières qui l’ont amené à agir : il fait. Le culte doit transmettre l’information de cette réconciliation ; le liturge est un ambassadeur, un envoyé, un ange qui annonce cette œuvre de réconciliation indépendamment de ce que nous sommes ou de ce que nous avons fait. Dieu nous réserve un accueil inconditionnel.

La prière est néanmoins un moyen d’expression mai elle n’est pas un lieu de marchandage avec Dieu. Dieu n’agit pas en fonction de ce marchandage. La prière peut être selon les cas une louange personnelle ou collective, un cri de détresse, un cri de colère, une confession de foi, mais ce n’est jamais un processus d’activation de la réponse de Dieu.

L’intercession, prière des uns pour les autres, positionne le priant et les écoutants dans une position de vigilance par rapport aux autres : c’est une prière de militance et d’auto encouragement : à nous d’agir et de nous souvenir des autres. La prière est là pour nous gendarmer,  nous pousser à agir et à manifester la communion de l’Eglise. Dans l’Eglise, il n’y a pas de hiérarchisation des relations à Dieu : la prière du pasteur n’a pas plus de valeur que celle de quiconque. L’acte cultuel n’est pas opératoire, ce n’est pas une œuvre : sinon quand il est raté quelle déprime !

La grâce est offerte sans limite et il ne faut pas enterrer le message du culte : nous sommes porteur d’un trésor qu’il faut à notre tour transmettre.

b)    Textes théologiques :

KBarthKark Barth : Dogmatique 3ème volume tome 4 p208 à 211

Karl Barth rappelle le sens profond du culte autour de deux éléments : la foi en Dieu et le renoncement à soi-même (point au combien difficile dans nos sociétés actuelle hyper individualistes).

Il pose également la question du dimanche : pourquoi ce jour ? Chez les premiers chrétiens le choix est de ne pas faire le culte le jour du sabbat et sans raison réelle le choix du lendemain a été fait. Il ne s’oppose pas du tout aux cultes en semaine. Le problème que soulève Barth est celui de le faire quand on veut mais si on décide de faire le culte de le faire bien : ce doit être un événement. Il dénonce le culte « lieu de concert » mais insiste sur l’absolue nécessité du chant en tant que louange.

 Gagnebin8 Laurent Gagnebin : rapport du synode de Marseille 1989 : les sens du culte

Plusieurs points sont abordés dans ce texte : le premier est celui de l’importance du silence pour se retrouver soi-même. Ensuite il évoque l’aspect esthétique que doit revêtir un culte : le lieu de culte doit être accueillant et agréable. Ensuite l’appropriation du culte est essentielle dans la vie du chrétien : c’est un élément constitutif. Et pour finir le culte a pour but l’édification de chacun d’entre nous et de l’Eglise pour former une communauté vivante. Le culte structure la communauté, au-delà, peut-il structurer la cité ?

Dietrich-Bonhoeffer Dietrich Bonhoeffer : la parole de prédication : p 40-41 cours 1938

Sa question, durant ce cours destiné à de futurs pasteurs, est: le prédicateur peut-il poursuivre un but ? Le texte doit-il être écouté (le prédicateur laisse dire au texte ce qu’il a à dire) ou utilisé (le prédicateur se sert du texte pour dire ce que lui a à dire) ?

Le prédicateur doit se soumettre au texte et pas l’inverse, la prédication ne doit pas servir à véhiculer ses propres idées. Il faut noter qu’il est récent que les prédicateurs puissent choisir leur texte, autrefois, la liste de lecture était toujours respectée. Ce choix possible n’existe que chez les protestants.

Pour Bonhoeffer, chaque venue au culte est à la fois un miracle (l’Eglise =  le corps du Christ =  ceux qui ont été appelés) et une obligation (il faut y aller). Le culte est une cathédrale sémiotique : on s’y prépare, on y va et on sait que ce temps ne va pas durer. Le culte est un acte institutionnel et un événement personnel mais dans la durée il est une aide indispensable à l’édification personnelle et à celle de l’Église (le but du culte est de créer l’Eglise). D’où l’expression « le culte est une nourriture spirituelle » car cette nourriture est tout aussi indispensable que les nourritures terrestres. On ne se souvient pas toujours du menu – contenu mais on sait qu’on a aimé et que c’était bon.

ABirmelé André Birmele : la différence fondamentale est ecclésiologique p 255 à 257

Birmele se penche sur nos différences avec les Catholiques romains. Il explique que sur le plan du salut nous sommes en parfaite adéquation. Mais que sur le plan de la valeur de l’Eglise les choses sont très différentes. Dans les deux cas, l’Eglise est sainte mais pour les Catholiques elle est, de plus, sanctifiante : « hors de l’Eglise point de salut » pour les Protestants c’est « hors du Christ point de salut ».

Dans la tradition protestante, l’Eglise est par sa prédication à la fois témoin et transmétrices des écrits bibliques. Le culte est une ellipse a deux foyers : sermon et Sainte Cène : parole audible et parole visible (sacrement). L’édification du protestant chrétien se fait par ces deux axes. Pour ce qui est de la présidence des cultes, les mieux formés sont ordonnés pasteurs (organisateur de l’Eglise locale) mais cela ne leur donne aucune différence avec les laïcs, chacun est témoin et transmetteur. L’ordination se fait au nom du Christ et par l’Eglise. Est considéré comme membre de l’Eglise quiconque confesse sa foi en Christ.

Chez les Catholiques, l'Église est en plus juge : il faut que le prêtre soit présent pour que le message eucharistique soit opératoire. Le prêtre a un lien particulier avec le sacerdoce : il a été ordonné à l’évêque et de ce fait il est différent du laïc. Le prêtre obtient, au moment de son ordination, le pouvoir de célébrer les sacrements indispensables pour être sauvés. Ce qui sous entend que, pour être pleinement catholiques et sauvés, il faut participer aux rites. L’Eglise est la médiation active et indispensable pour être sanctifiée par l’intermédiaire de l’eucharistie, la partie sermon est secondaire. Sans eucharistie point de salut

1.   Le sens comme « direction »

Le culte est une circularité : la fin renvoie au début et le début annonce déjà la fin : annonce de la grâce = bénédiction. Cette organisation peut créer un phénomène d’usure.

L’ordonnancement de la liturgie est un perpétuel recommencement qui renvoie à une antériorité : d’autres l’ont déjà fait avant nous. Dans la lettre aux Corinthiens, Paul le dit clairement : « ce que j’ai reçu, je le transmets ». Cet ordre fait référence à l’histoire du protestantisme, cette transmission de l’héritage donne également sa légitimité à l’officiant. Une part d’improvisation est possible : on peut s’inspirer des textes issus de la tradition pour créer ses propres textes, cette appropriation permet d’être vraiment dans ce que l’on dit. La liturgie est un cheminement spirituel de la grâce à la bénédiction. L’ordre liturgique correspond à une théologie : il en existe deux dont une 'historique' (la verte).

La liturgie verte reprends l’ordre du 19ème siècle : loi / repentance / pardon. Dans ce cas la loi qui  rappelle le péché est programmatique : elle induit la possibilité de la grâce.

La liturgie jaune plus récente est organisée en fiches qui peuvent être utilisées dans un ordre différent. Elle penche pour l’ordre : grâce / repentance / loi : dans ce cas la loi est un appel à vivre qui ne peut être compris que dans la foi. La loi a ici un usage pédagogique : c’est un aiguillon pour la foi puisque l’on a de toute façon la grâce. 

La loi n’est dite que dans l’Église réformée, elle n’est présente ni chez les catholiques romains, les orthodoxes ou les luthériens.

Quoi qu’il en soit, la repentance est dans ce cas une reconnaissance de son incapacité personnelle et collective à suivre ce qui nous est demandé sans l’aide de la grâce : c’est la reconnaissance du péché.

Cette situation de pluralité des textes liturgiques est une richesse mais a un coût : il faut s’adapter à la liturgie du lieu. Il existe toujours un tronc commun, c’est le fameux chemin pédagogique qui assure cohérence et apaisement.

 La prédication fait partie de la tradition de l’Eglise, ii faut aller voir ce que les prédécesseurs disaient des textes, cela donne des idées et une orientation de la construction de la prédication en gardant ce qui nous correspond et qui nous semble bon.

Il faudrait un geste pour introduire les prédicateurs laïcs : installation, présentation ; faut-il un vêtement signifiant ?

2. Le sens comme « expérimentation »

Toutes les petites choses qui paraissent à première vue secondaires disent quelque chose de notre paroisse et de notre plaisir, joie à être ensemble en Christ.

Ecouter entendre : prière, louange, lecture, prédication. Les cantiques, les chants : importance du contenus, des paroles des cantiques

Attention que les cantiques ne contredisent pas le contenu, le message du sermon. Certaines personnes ne chantent que le dimanche (la nouvelle génération écoute plus qu’elle ne chante). Il faudrait d’une part sortir de l’hymnologie du 19ème siècle par de nouvelles créations et continuer à apprendre de nouveaux cantiques. A l’époque de Calvin, la création musicale et poétique est très riche avec des écrivains tel Clément Marot.

 Voir regarder : officiant, couleurs, objets, lumières, espace et lieu de culte

Le culte donne à voir quelque chose : un espace et un officiant : on ne voit plus, quand on fait partie d’une paroisse le lieu de culte : pourtant il y aurait des choses à faire pour le rendre plus accueillant, chaleureux, beau ? L’espace offert à la vue doit être agréable.

L’officiant s’expose : il ne peut pas être habillé n’importe comment et il ne peut pas se présenter n’importe comment (sourire, regard…). Il faut tenir compte des "signes qui parlent " : couronne de l’avent, sapin, bougies…il ya dans ce cas un mélange cultuel et culturel ; les bougies très prosaïquement servaient à l’origine à éclairer ! Le voir doit contribuer à la vie cultuelle.

Toucher communier : salutation, baptême, cène, geste de paix 

Il y a contact physique lors d’un culte. La communion avec coupe commune a posé et pose des problèmes et des questions : au début du 20ème siècle une épidémie de tuberculose avait entraîné l’utilisation de gobelets individuels, cette pratique a reparu avec le sida. Cette pratique est en décalage avec l’institution, qui dit communion dit se voir, transmettre et partager. L'intinction (humidification ou trempage du pain dans le vin) est d’origine orthodoxe.

Le geste de paix n’existe pas chez les protestants, il est quelque fois remplacé par le fait de se tenir par la main lors du Notre Père.  Il peut y avoir des réticences mais qui ne correspondent pas à un quelconque écrit liturgique : le rituel du culte est d’être les uns avec les autres, on devient des frères et sœurs, ce qui autorise une certaine familiarité en Christ.

Les rites et rituels (étymologiquement « remettre de l’ordre ») évitent le chaos par la coupure : on arrête le monde par le rituel ce qui permet de remettre de l’ordre et ne pas aller vers le chaos.  Le ritualité nous rappelle que nous pouvons (nous sommes autorisés à ) faire une coupure pour nous retrouver et remettre de l’ordre.

Goûter  savoir: pain et vin, musique et chant

La périodicité de la Sainte Cène est un sujet de controverse sans fin. Calvin était pour une Cène tous les dimanches, à l’extrême certains prônent la Sainte Cène que 2 à 3 fois par an. La Discipline précise juste « une fois par mois ».

Le pain et le vin de la Cène sont la part réalité de la communion : on est dans la réalité d’un repas : la Cène n’est pas qu’un geste spirituel : on incorpore physiquement la réalité christique. On atteint à la réalité du corps du Christ autour du repas commun : on est nourri tant par la parole que par la réalité du pain et du vin. La qualité du pain et du vin lors de la Cène fait également partie de la qualité de l’accueil : on parle du vivre ensemble.

Sentir ressentir : ambiance, style

Le culte requiert notre intellect et notre spiritualité mais aussi le corps tout entier et la communauté toute entière. Tous nos sens sont parties-prenantes lors du culte. Ce qui fait dire qu’une paroisse à un « style ».

3.   Le culte réformé

Origine et perspectives :

On a très peu d’écrits sur les origines du culte réformé.

En 1538, Calvin est appelé par Martin Bucer à Strasbourg, il n’a jamais vraiment célébré de culte. Strasbourg est une ville du Refuge qui accueille beaucoup de Français, la cathédrale bascule à la Réforme puis l’ensemble des églises de la ville. Calvin prend en charge la paroisse des réfugiés huguenots, son statut n’est pas très clair. Il va mettre en place le culte à partir de la messe de Luther par une traduction : ce premier ordre liturgique est calqué sur la messe romaine. Calvin fait face à une position pastorale sans aucune formation initiale, il se lance, et son premier culte est célébré en 1539. L’évolution de la liturgie de la Sainte Cène est la même : il y a continuité dans les textes, la différence la plus notoire est que les psaumes sont chantés par l’assemblée et que toute la liturgie se fait à voie haute.

Le célébrant est le représentant de la communauté qui célèbre : la communauté confesse par l’intermédiaire du célébrant : la confession des péchés est dite pour toute l’assemblée : il n’y a plus de confession individuelle. Le sermon apparait très vite comme l’élément essentiel du culte au même titre que la Cène.

Calvin en quittant Strasbourg en 1542, "emporte" la liturgie avec lui et va la répandre.

Le  sermon a sans doute une double origine :

  • Origine luthérienne : pour Luther, la bible est première, il faut l’enseigner, ce sera fait au cours du sermon pendant le culte.

Origine réformée et influence des monastères : dans les monastères, il est habituel que des commentaires bibliques soient faits par un théologien sous la forme de sermon, Bucer est dominicain, il a gardé cette habitude. D’autre part, les réfugiés huguenots ne sont pas ou peu instruits de la bible, il faut leur fournir éducation et instruction biblique.

Enjeux théologiques :

Présider un culte, c’est être à la fois dans la situation d’un acteur : il faut capter l'attention de son auditoire et d’un metteur en scène : il faut que tout se tienne et que les participants y adhèrent.

Le metteur en scène est aidé par la liturgie et la Discipline qui donne le déroulé de base du culte. La mise en scène a pour objectif de faire comprendre l’invitation de chacun à un repas, invitation transmise par le célébrant de la part du Christ à l’assemblée. Un culte est à la fois issu de la tradition / institution mais c’est aussi un événement.

Le culte est un événement public, convivial, esthétique, informatif, performatif et prophétique :

Public : la loi de 1905 précise « exercice public du culte ». Les lieux de culte appartiennent parfois à la commune. Ouvert à tous. Il faut en faire la publicité.

Convivial : accueillant pour les convives. On va au culte comme on va au restaurant : notre choix est lié à l’offre et aux personnes : la prédication et le repas sont des nourritures : tout dépend du service.

Esthétique : il faut rendre les lieux agréables c’est un des éléments constitutifs du culte. Épitre de Pierre : « soyez de beaux administrateurs »

Informatif : la prédication informe, forme, formate et réforme. La spiritualité est fonction de l’évangile prêché dans la perspective de la grâce. Le culte est « l’école de l’évangile » pour faire grandir sa foi.

Performatif : le langage opère ce qu’il annonce : « ceci est mon corps" on détourne le sens de l’objet : le pain prend une vocation nouvelle (sanctification), ce qu’on nous montre est autre chose. Dans la prédication, la parole préchée produit un effet : elle ne laisse pas indifférent, elle lance un phénomène de germination : conversion

Prophétique : être en avance sur les autres. Prophétiser : c’est la capacité de parler de la part de Dieu

Conclusion :

Le culte est un objet de préoccupation : il faut le prendre au sérieux, cela demande du travail et met dans une situation de responsabilité, il occupe l’esprit. Mais au moment venu le culte est sujet de joie.

Merci au pasteur François Clavairoly pour cette présentation très complète et éclairante, ainsi qu'à Isabelle Zuber pour ses notes particulièrement claires. Les prédicateurs en formation leut en seront particulièrement reconnaissants. Des commentaires et des questions peuvent être écrits ci-dessous. La cellule formation les lira avec attention et y répondra directement ou les transmettra.

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30 novembre 2011

SYNODE RÉGIONAL ERF DE DOURDAN, 25-27 novembre 2011

SYNODE DE DOURDAN 2011 - 25 AU 27 NOVEMBRE

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L'ATELIER FORMATION S'INSCRIT DANS LA DYNAMIQUE "ÉCOUTE DIEU NOUS PARLE...

Avons-nous conscience que nous sommes en train de vivre un moment vraiment très particulier ? Un moment déterminant même. Oui, ce synode, ces deux jours qui s’ouvrent devant nous sont... poétiques ! Dans le sens étymologique premier du terme qui a à voir avec l’acte de création.  Pasteur Jean-Charles TENREIRO, Dourdan, le 25 novembre 2011

DES OBJECTIFS

OBJECTIFS 

DES QUESTIONS

Cliquer sur les textes pour les rendre plus lisibles

Questions1

Questions2 

 LE TRAVAIL DE L'ATELIER

P1050586 

Les membres de la cellule formation animent la production du groupe

LA QUESTION 1:

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Fondamentaux, Identité culturelle, Décentralisation, Méthode, Mission, Prédicateurs laïcs, IPT, Liens du CR,

P1050593 P1050592 P1050596 P1050597 

P1050594 P1050595 P1050598 etc... 

L'EXISTANT: (si une image manque, cliquer sur son emplacement pour la faire apparaître)

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LA SYNTHESE 1 PRÉSENTÉE AU SYNODE:

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LA QUESTION 2 N'A PAS ÉTÉ TRAITÉE POUR ELLE MÊME, MAIS INCIDAMMENT ET PARTIELLEMENT À L'OCCASION DES AUTRES QUESTIONS

LA QUESTION 3:

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Les regroupements thématiques: Tension féconde (échanges et enrichissements mutuels); mutualisation (donner les notres), Union en marche (just married, bizounours), En route vers une Église de témoins.

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cliquer sur les vignettes pour les agrandir

LA SYNTHÈSE 2 PRÉSENTÉE AU SYNODE:

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Le travail de l'atelier formation a été présenté devant le synode ainsi que les résultats des travaux des autres ateliers.

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08 octobre 2011

LE CP ET L'ANIMATION SPIRITUELLE DE L'ÉGISE LOCALE

JOURNÉE DE RENCONTRE ET DE FORMATION DU SAMEDI 8 OCTOBRE 2011 - 56 Personnes ont participé.

Inscriptions au Secrétariat régional, 37 rue Tournefort 75005 Paris

Si une Église locale n'avait ni son président, ni son vice président disponible pour cette date, il était possible de déléguer un autre membre du conseil presbytéral.

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Des présidents motivés

 

1Pdt et VP - 08 oct 2011

2Pdt et VP - 08 oct 2011

3Pdt et VP - 08-10-11

Après le culte présidé par le pasteur Jean-Charles Tenreiro l'introduction de la journée par le pasteur Marcel Manoel

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Plan détaillé de la présentation du thème par le pasteur Marcel Manoel

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VOIR LE TEXTE COMPLET DU PASTEUR MARCEL MANOEL AU BAS DE CETTE PAGE

Les pauses et le repas organisés dans les locaux des UCJG sont des occasions d'échanges entre pairs très appréciés

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Le lancement des ateliers et des formulaires d'évaluation

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Avec Marc Pelcé

Le groupe sur la relation Pasteur-Président avec la pasteure Laurence Berlot et sa présidente.

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Les regroupements

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Le groupe de Marie Claire sur le discernement spirituel

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Il y a eu aussi un groupe sur la vacance pastorale qui peut nous envoyer ses notes pour qu'elles paraissent sur cette page.

La fiche d'évaluation par les objectifs

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Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus puis l'imprimer si vous le souhaitez.

Les participants peuvent ajouter des informations dans les commentaires ci-dessous.

Le dépouillement des évaluations "à chaud" a donné:

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Pasteur Marcel MANOEL

LA RESPONSABILITÉ SPIRITUELLE DU CONSEIL PRESBYTÉRAL

FONDEMENTS THÉOLOGIQUES 

Prolégomènes

 D'abord quelques mots à propos du titre de cet exposé qui parle de fondements" théologiques" de la responsabilité spirituelle du Conseil presbytéral. En fait, et plus modestement, je n'ouvrirai qu'un des domaines de la théologie, celui de l'ecclésiologie. En effet, nous ne pensons pas que notre façon de vivre l'Eglise, d'exercer son ministère, de le partager entre nous… découle directement de la volonté de Dieu, telle que nous pourrions la recevoir dans la lecture des Ecritures, ou directement de l'Esprit ! Les Eglises de la Réforme ont au contraire en général pensé que ce sont là des questions "secondes", c'est-à-dire :

-       Des questions qui découlent des questions "premières" : l'Evangile de la justification par la foi,  l'autorité reconnue aux Ecritures éclairées par l'Esprit, le sacerdoce universel des croyants… : notre façon de vivre l'Eglise doit rendre compte de cela, et du mieux possible ! Par exemple, une autorité sur l'Eglise qui s'exercerait de manière tyrannique, qui condamnerait sans appel, ou ne laisserait pas de liberté de parcours aux membres de l'Eglise… serait incompatible avec ces convictions fondamentales !

-       Mais des questions qui peuvent recevoir des réponses diverses, à la fois entre plusieurs types de réponses (par exemple, la responsabilité spirituelle peut être exercée de manière plus ou moins collégiale ou personnelle), et à la fois à l'intérieur d'un même type ou d'une même Eglise : ainsi on peut, dans l'ERF, vivre le système presbytérien synodal avec une certaine diversité. Fondamentalement ce caractère "second" des questions ecclésiologiques indique qu'il s'agit de réception, de mise en œuvre, d'adaptation… de convictions essentielles à la fois dans une certaine tradition (on ne crée par l'Eglise chaque matin, … ou à chaque mutation pastorale !... mais on la reçoit dans une histoire où les racines de nos choix peuvent parfois remonter très loin) et dans des situations diverses et des temps divers.

Je soumettrai donc à votre discussion 4 propositions d'ordre ecclésiologique, plus 4 thèses qui relèvent plutôt de la théologie biblique qui nous renvoient vers ce qu'est le ministère évangélique.

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Deuxièmement, mon intervention sera plus sur le mode de la question ou de la suggestion que sur celui de la description, parce qu'il touche des domaines qui peuvent faire l'objet d'un débat parmi nous.

Et d'abord, qu'est-ce que la spiritualité ?

Qu'est-ce que l'animation spirituelle d'une paroisse ?

On peut d'abord définir le "spirituel" en l'opposant à son contraire : le "matériel". La "vie spirituelle" d'une paroisse serait alors tout ce qui ne serait pas sa vie matérielle : l'immobilier, les finances, la gestion des programmes, la recherche de responsables… - toutes choses qui tiennent souvent beaucoup de place dans les séances des CP ! Le "spirituel" se situerait alors plutôt du côté de la célébration du culte, de l'étude biblique et de la prière, des visites et des entretiens pastoraux… Mais peut-il y avoir vie spirituelle sans gestion matérielle, c'est-à-dire réunion sans locaux et chauffage, visites sans frais de déplacement, etc. ? Et pourrait-on, et comment, partager au sein d'un conseil ce qui relève de la prédication, de la théologie… et de la "cure d'âme" qui relève du secret professionnel - qu'il s'agisse du pasteur ou de laïcs ?

Si l'on part de cette définition qui oppose le "spirituel" au "matériel", il s'agirait alors pour le conseil presbytéral d'être vigilant sur le fait que la gestion dont il est responsable a une finalité spirituelle, et non pas seulement une finalité économique, ou identitaire, ou de conservation, dans laquelle on risque toujours de s'enfermer et de s'embourber… Pour dire les choses de façon caricaturale, il s'agirait de bien savoir, par exemple, que les temples sont faits pour le culte, et non le culte pour financer l'entretien des temples !

On peut aussi définir la spiritualité en référence à sa racine "esprit", "souffle", en faisant de la spiritualité une sorte de pléonasme du mot "animation", mais avec une qualité supérieure. Ce souci de la dimension spirituelle des activités humaines (éducation, soin, loisirs…) émerge de plus en plus dans notre société - peut-être parce qu'elle est devenue trop matérialiste ! Par exemple, le Conseil supérieur de l'éducation écrit "On peut parler de spirituel quand on dépasse l'ordre des considérations purement utilitaires et immédiates, pour accéder au domaine de l'altruisme, de la gratuité, de la liberté intérieure, de la contemplation." ! Il s'agirait alors pour le Conseil de veiller à ce qu'il y ait vraiment de la vie dans la paroisse, que ça respire, que ça bouge, qu'il y ait des commencements, du sens, des accomplissements… toutes choses qui transcendent des activités qui risquent sinon de devenir routinières.

On peut enfin considérer la dimension religieuse de la spiritualité : ce qui rapproche de Dieu, ce qui nous fait participer à la vie de l'Esprit de Dieu, ou permet à l'Esprit de Dieu de vivre en nous. Paul aux Galates (5,16-17) : "Ecoutez-moi : marchez sous l'impulsion de l'Esprit, et vous n'accomplirez plus ce que la chair désire. Car la chair, en ses désirs, s'oppose à l'Esprit, et l'Esprit à la chair ; entre eux, c'est l'antagonisme…". La spiritualité, c'est alors plus qu'une animation, mais un changement radical de régime de vie : la vie spirituelle, c'est alors un combat, une vigilance pour se libérer du matériel, du charnel, conçus comme aliénants. Ce n'est pourtant pas une vie "éthérée", mais elle comporte au contraire une certaine logique, comme nous le rappelle l'impossible traduction du "tên logikên latréian" de Romains 12,1 : culte logique, raisonnable… ou culte spirituel ? En tous cas le catalogue des fruits de l'Esprit selon Galates 5,22 nous renvoie à des réalités tout à fait incarnées dans une éthique de vie : "amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi…". Dans cette optique, il s'agirait pour le conseil presbytéral  de tout faire pour appeler, préparer et favoriser quelque chose qui est de l'ordre de la conversion, du nouveau, de la vie du Royaume, et de veiller sur un mode de vie qui soit concrètement significatif de ce changement. Et ceci tout autant pour la vie personnelle des paroissiens que pour la vie communautaire de la paroisse.

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A ce débat sur ce que peut être la spiritualité, s'ajoute - au moins ! - un débat sur ce qu'est la responsabilité du Conseil presbytéral. On dit parfois rapidement qu'il a la responsabilité de gouverner l'Eglise locale. Mais les choses sont plus complexes :

D'abord, le §1 de l'article 3 de la Discipline dit exactement ceci : "L’Eglise locale se gouverne par l’intermédiaire d’un conseil presbytéral dans le cadre général de la Discipline, des statuts et des règlements de l’Eglise réformée de France ". La responsabilité de gouvernement est attribuée à l'Eglise locale elle-même : c'est l'Eglise qui se gouverne, et le Conseil presbytéral n'est pour cela qu'un intermédiaire, un ministère. Et cette responsabilité est "cadrée" par les textes constitutionnels de l'ERF qui en définissent un partage !

Ce qui nous renvoie à l'affirmation du principe premier que nous rappelle le Préambule de la Discipline : "Le Seigneur Jésus-Christ, de qui procèdent toutes les charges et tous les pouvoirs, est le seul chef de l’Eglise, dont tous les ministères doivent être exercés en son Nom, sous la direction de sa Parole et de son Esprit, et en soumission à son autorité souveraine.". S'il n'y a pas dans notre Eglise de gouvernement autonome, ni supérieur, c'est que c'est le Seigneur lui-même qui gouverne, et que les ministères divers, personnels et collégiaux, qui ont tous part à cette responsabilité de gouvernement, ne sont que les instruments dirigés et soumis de cette autorité souveraine.

La responsabilité du Conseil est ainsi posée dans une tension fondamentale :

-       Le Conseil est l'instrument par lequel l'Eglise locale se gouverne, et pourtant, il ne dispose pas d'une autorité de type "représentatif" (il n'est pas une sorte de "conseil municipal" représentant les citoyens !), puisque l'autorité appartient en fait au Seigneur lui-même,

-       Le Conseil est un des ministères par lesquels s'exerce l'autorité du Seigneur sur son Eglise, mais ce n'est pourtant pas une autorité de type hiérarchique (il n'est pas un "évêque" représentant le Christ dans l'Eglise !), car c'est bien à l'Eglise qu'il revient de se gouverner !

Ni autorité par délégation représentative, ni autorité hiérarchique, de quelle nature est donc la responsabilité du Conseil ? - Peut-être justement spirituelle…

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Des héritages à assumer dans les conditions actuelles de la mission de l'Eglise

Lorsque l'on parle de responsabilité du Conseil presbytéral, il faut se souvenir que l'on ne part pas de rien, mais qu'il y a des héritages transmis par la mémoire collective. Ils imprègnent toujours plus ou moins nos pratiques, et il s'agit de ne pas les ignorer, sous peine de malentendus et de réactions parfois incompréhensibles ! Au contraire, il s'agit de les assumer, c'est-à-dire d'en prendre acte en les questionnant, en les modifiant, ou même en les refusant.

J'en distinguerai 4 grands types, issus de notre histoire, que je caractériserai brièvement en suggérant des évolutions ou des corrections :

1°) Du rôle traditionnel de "surveillants" du peuple protestant autrefois dévolu aux anciens, il s'agit de passer à un service d'édification des personnes, c'est-à-dire à la mise en œuvre d'un accompagnement fraternel et d'une entraide mutuelle des membres de la communauté pour la construction de leur vie personnelle.

Calvin attribuait au pasteur la responsabilité du gouvernement spirituel de l'Eglise locale. Non à cause de qualités personnelles qui lui auraient été reconnues, ni à cause d'une légitimité hiérarchique, mais parce qu'il était le prédicateur de la Parole de Dieu : apte à lire et expliquer les Ecritures, il avait autorité pour transmettre la volonté de Dieu à son Eglise, pourvu qu'il exerce fidèlement ce ministère de la prédication. Et tant s'il ne disposait pas de grandes qualités personnelles, car cela ne faisait que faire ressortir, par contraste, l'autorité de la Parole de Dieu elle-même. Car c'est elle seule qui a autorité, non pas comme texte à appliquer, mais par l'illumination du Saint-Esprit : "la Parole nue ne profite de rien sans l'illumination du Saint-Esprit" (IC? III, II, 33) ce que Calvin entend de deux façons : d'une part, c'est l'Esprit de Dieu qui illumine l'intelligence humaine pour lui faire entendre la volonté de Dieu ; et d'autre part, c'est le même Esprit qui fortifie la volonté du fidèle pour lui permettre de mettre en œuvre cette volonté.

Pour reprendre la question posée, on peut donc dire que la responsabilité pastorale quand à la vie spirituelle de l'Eglise se résume à la prédication de la Parole de Dieu. Le reste - réception et mise en œuvre - relève de Dieu lui-même par la puissance de son Esprit.

Dans ce contexte, les "anciens" ont un rôle second par rapport à celui du pasteur, à la fois aides du pasteur, soutiens de son ministère, et surveillants de la communauté. En commentant dans l'Institution chrétienne (IV, III, 8) les listes de ministères de Romains 12 et I Corinthiens 12, Calvin écrit : "J'estime qu'il (Paul) appelle gouverneurs les anciens qu'on élisait d'entre le peuple pour assister les évêques à faire les admonitions, et tenir le peuple en discipline. Au commencement, chaque Eglise a donc eu comme un conseil ou consistoire de bons prud'hommes, graves et de sainte vie, qui avaient l'autorité de corriger les vices… cet office de gouvernement est nécessaire pour tout temps.". Cette surveillance des mœurs par la visite fraternelle, les avertissements adressés par le Consistoire, et parfois l'exclusion de la Cène, avait une signification essentiellement pédagogique : car, si les meurs n'étaient pas correctes, c'était le signe que la personne se rendait imperméable à l'œuvre du Saint Esprit d'illumination de l'intelligence et de fortification de la volonté, et il s'agissait de lui en faire prendre conscience.

Ce rôle de surveillance  fraternelle subsiste dans certaines Eglises protestantes - comme dans l'Eglise catholique romaine avec la pratique de la confession - qui, par exemple, font une obligation à leur fidèles d'appliquer des choix éthiques précis (sexualité, avortement…) et pratiquent l'exclusion - temporaire ou définitive - de la Cène. Ce n'est plus le cas dans l'Eglise réformée de France, et rien, ni dans la Discipline, ni dans la Liturgie, ne vient confier un tel rôle de surveillance fraternelle aux conseillers presbytéraux.

Seule exception : la question de l'inscription sur la liste électorale de l'association cultuelle, liée à l'appel "à contribuer au gouvernement de l’Eglise, à participer fidèlement au service de l’Evangile et à la vie matérielle et financière de l’Eglise", qui est confiée au discernement du Conseil presbytéral, avec possibilité d'appel devant le Conseil régional. Mais, en fait, ces radiations ne sont prononcées qu'en cas de décès, de départ, ou de désintérêt manifeste pour la vie de l'Eglise.

Doit-on se satisfaire de cette situation ? Ou bien faut-il réapprendre dans l'Eglise un rôle d'accompagnement fraternel ?

Pour dire les choses de façon caricaturale, notre grand respect de la liberté individuelle et des démarches personnelles nous a souvent amené à nous désintéresser du soutien fraternel. Nous prêchons l'Evangile, assez correctement je crois, puis nous laissons les gens se débrouiller ! Quitte à les accompagner à nouveau - et je crois de manière en général efficace - s'ils sont en situation de crise grave (ruptures, deuils éprouvants …), et s'ils le demandent ! Mais, entre les deux, rien,… ou pas grand chose ! Cela pouvait se comprendre lorsque des sociétés fortement marquées de chrétienté, ou d'humanisme postchrétien, proposaient des modèles de parcours de vie relativement clairs qui pouvaient servir de référence. Mais cela créée des situations difficiles, en tous cas pour les personnes en difficulté ou les plus faibles, dans des sociétés marquées par un ultralibéralisme idéologique et éthique qui non seulement ne propose plus de modèles de vie, mais s'acharne à détruire tout ce qui pourrait servir de repère, dans le domaine éthique, mais aussi dans celui des croyances où l'on peut voir ressurgir aujourd'hui les fantaisies les plus absurdes . Et il est frappant de voir que ce rôle d'accompagnement de la vie au quotidien est aujourd'hui repris par la littérature de vulgarisation ("Comment réussir sa vie ?" - "Comment se pardonner à soi-même ?" - "Comment avoir une bonne image de soi ?...) et les rubriques d'astrologie (Travail : "Ne considérez pas tous vos collègues comme des rivaux. Certains souhaitent faire équipe avec vous. Leur aide vous sera très favorable" - Amour : "Vous êtes trop autoritaire. Vous devriez respecter l'intimité et les sentiments des autres." - Santé : "Pas d'excès alimentaire". "Couchez-vous tôt" … Midi libre 29/09/11) !!!...

Il ne s'agit pas d'en revenir au contrôle des vies individuelles, mais je me demande si nous ne sommes pas aujourd'hui appelés à proposer de manière plus active un accompagnement libre mais attentif qui permette à l'Eglise d'être pas seulement un "auditoire", mais aussi une véritable communauté, non pas au sens "communautariste" qui discrimine et isole, mais au sens de lieu de vie qui permet de se poser, de se reposer, de se construire, d'être soutenu en cas de difficulté, une communauté à la fois fraternelle et thérapeutique (avec les deux aspects du "cure", le soin pour guérir d'un mal, et du "care", le soin pour être bien, pour se construire bien) : groupes de partage d'expérience, groupes de "réconfort", main tendue aux personnes qui s'isolent, … Ce qui donnerait un contenu à l'engagement liturgique à "être responsable de nos frères et de nos sœurs" et à "porter ensemble la responsabilité spirituelle de la communauté" !

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2°) Du rôle traditionnel de "mainteneurs" qui a amené et amène encore les conseils à mettre au premier plan de leurs préoccupations le maintien de l'Eglise telle qu'elle est, la priorité missionnaire les invite à un rôle de "transmetteurs", qui se préoccupe d'abord de l'annonce de l'Evangile et de la nécessaire adaptation de l'Eglise, son programme d'activités,  son patrimoine, ses ministères, sa forme de gouvernement… - bref sa "réforme".

Les conseils presbytéraux héritent, aujourd'hui toujours d'une autre figure importante, celle des "mainteneurs" de la religion réformée en France, que les anciens ont dû assumer pendant la période de lutte contre le protestantisme en France.

Suite à l'application "à la rigueur" de l'Edit de Nantes, puis sa révocation en 1685, il a fallu suppléer à l'absence des pasteurs exilés ou mis à mort. Dans un premier temps, les anciens semblent dépassés, ou résignés ; et il faut la vague des prédicants et inspirés de la fin du 17ième siècle pour "relever" l'Eglise par la prédication. Puis la restauration de l'Eglise réformée en France conduite par Antoine Court à partir de 1715 redonne aux Anciens une importance première : il leur revient de veiller à ce que la Discipline et les décisions des Synodes soient respectées, de rassembler et de veiller sur le peuple protestant,  en exhortant celles et ceux qui faiblissent, en mettant à l'écart celles et ceux qui abjurent, et en accueillant les repentis sincères, de convoquer les fidèles aux assemblées et à la célébration de la Cène (distribution des "méreaux")... Le critère de cette vigilance des Anciens est alors plus "ecclésiologique" que "moral" : plus que de manifester sa foi par une conduite exemplaire, il s'agit de manifester sa fidélité à l'Eglise réformée en refusant de se soumettre - ou en se soumettant le moins possible ! - à l'Eglise catholique. Ce souci de "maintenir" s'est souvent traduit par une attitude très conservatrice : les assemblées "comme avant" (silence pour les femmes !), la Discipline "comme avant", les pasteurs "comme avant"… Coincés entre la menace extérieure de la persécution et la menace intérieure des déviations des "illuminés", les Anciens ne pouvaient guère que tenir bon en ne bougeant pas !

Cette attitude du "maintien" a retrouvé une certaine actualité dans la période de déclin du protestantisme qui a marqué la seconde moitié du 20ième siècle. Parfois de manière très positive, par un engagement important des conseillers presbytéraux dans le partage du ministère de l'Eglise, et l'invention d'autres façons de vivre l'Eglise : par exemple les diverses tentatives de "vivre l'Eglise sans poste pastoral" (Eglise en dissémination dans l'Est, Voiron et Valdaine en C.A.R., Apollos en CLR, etc…). Mais aussi, trop souvent, ce souci de "maintenir" s'est exprimé, et s'exprime encore, au travers d'un conservatisme têtu : maintenir des temples non utilisés, des conseils presbytéraux sans paroisses, des activités pourtant délaissées, des coutumes ou des textes devenus obsolètes…

Veiller aujourd'hui à la vie spirituelle de l'Eglise me semble nécessiter de donner priorité au souci de transmettre sur celui de maintenir. D'après un article de "La Vie" (du 29 septembre) qui relate la visite de Benoit XVI en Allemagne, le pape blâme la foi "auto-construite" et "édulcorée" des protestants qui cèderaient trop à la sécularisation, et les exhorte à revenir aux fondamentaux de la réforme : le "sens du péché" et "l'inquiétude du salut" : exemple typique de la volonté de maintenir par un retour au passé, quitte à vouloir recréer les questions du passé pour pouvoir y faire coller les réponses déjà connues. Plutôt que de maintenir, il me semble que notre responsabilité nous pousse à prendre en compte les questions d'aujourd'hui : les énormes questions sur la nature de l'"être" humain, la prise en compte des besoins de reconnaissance de la personne individuelle et ce que cela signifie pour la reconnaissance de l'autre, l'inquiétude sur l'avenir… Toutes questions tout aussi théologiques que celles du péché et du salut - et peut-être les mêmes ! - et que la prédication de l'Evangile peut éclairer ! Même chose pour le patrimoine culturel ou immobilier de l'Eglise qui doit lui aussi évoluer pour répondre aux besoins de sa mission aujourd'hui ! Peut-être devrions méditer là la parabole des talents (Matthieu 25, 14-30) ?

J'ai beaucoup aimé une phrase d'un éminent évêque catholique, que je cite de manière libre : "l'Eglise n'est pas une institution qui doit défendre des dogmes, des rites ou des valeurs;, ou même se défendre ; mais l'Eglise naît et vit chaque fois que la Parole de Dieu rencontre le monde".

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3°) De l'autorité de "notables religieux", les membres des conseils presbytéraux sont appelés à exercer celle de "témoins évangéliques"

Le troisième héritage que doivent assumer les conseils presbytéraux est celui des "notables" mis à la tête des Eglises dans les Consistoires établis par les Lois organiques de Napoléon (selon un critère censitaire, puis plutôt moral à partir de Napoléon III). Pour le pouvoir, il s'agissait de contrôler ces organisations religieuses que l'on autorisait. Pour les Eglises elles-mêmes, il s'agissait de se réinsérer dans le tissu social en montrant leur respectabilité, l'efficacité de leur prédication et de leurs œuvres diaconales… avec le projet plus ou moins avoué de concurrencer l'Eglise catholique en se présentant comme une religion moderne, intelligente et respectable contre un catholicisme passéiste, opposé au progrès et autoritariste…

On peut aujourd'hui critiquer le système du gouvernement par des "notables"- au prix d'un anachronisme flagrant - mais dans le monde d'alors, la présence affichée de ces notables - politiques, industriels, ou scientifiques - à la tête des conseils du protestantisme était significative, d'autant plus qu'il s'agissait de notables "engagés" qui, au travers de divers comités, finançaient des activités missionnaires et sociales ! Ces notables concourraient à donner au protestantisme, par leur seule présence, une certaine visibilité missionnaire.

Ce n'est plus le cas aujourd'hui, et lorsque les journaux font le catalogue de "personnalités" protestantes, c'est plutôt - laïcité oblige - pour souligner leur discrétion que leur engagement spirituel ou ecclésial ! D'une manière plus générale, dans le monde d'aujourd'hui, la seule "présence" n'est plus significative, ni la "présence" de l'Eglise dans le monde, ni la "présence" de chrétiens dans la société. Plus que d'être présents, il s'agit de communiquer, de proposer, de témoigner, personnellement et collectivement. Et au centre de la responsabilité du Conseil presbytéral sur la vie spirituelle de l'Eglise, il y a ce souci du témoignage, du projet missionnaire.

4°)  Au statut d'administrateurs que la loi de 1905 attribue aux conseillers presbytéraux, la réflexion de l'Eglise sur elle-même a substitué petit à petit (et non sans difficultés !) celui de participants à un ministère collégial.

Le dernier héritage nous a été légué par la Loi de Séparation de 1905. A bien des égards profitable pour le protestantisme, elle nous a toutefois fait un cadeau empoisonné : celui d'assimiler les conseils presbytéraux - conseils d'anciens de l'Eglise - aux comités directeurs des associations créées par la Loi de 1901. Le principe de l'association est de permettre à des personnes qui veulent ensemble réaliser un but commun de se réunir et de réunir leurs forces pour cela. Et lorsque l'association se dote d'un comité directeur, celui-ci est le représentant de l'association pour réaliser ce but : il détient d'elle son autorité, et lui rend des comptes, et lorsqu'il n'est plus représentatif, son mandat pourra être remis en cause.

On aurait pu dissocier à l'époque un ministère d'"Anciens" qui auraient partagé avec le pasteur la responsabilité de la vie spirituelle de l'Eglise et un comité directeur qui aurait été responsable de la vie matérielle. On aurait eu ainsi un système plus typiquement luthérien avec une distinction nette entre le spirituel et le temporel (cf. le principe du partage d'autorité dans l'ECAAL entre Directoire et Inspections). Mais le choix a été fait de ne pas dissocier les deux et d'avoir, dans la tradition calviniste, un seul conseil présidé par le pasteur. Le système du "comité directeur d'association" permettait au fond assez bien de mettre en place légalement le système d'exercice de l'autorité dans l'Eglise locale qui confiait le gouvernement spirituel essentiellement au pasteur, assisté des conseillers pour le gouvernement "temporel". D'ailleurs, lors de la reconstitution de l'Eglise réformée de France en 1938, le seul ministère reconnu est le ministère pastoral.

Mais très vite se repose la question de reconnaître le presbytérat comme un ministère. Le débat surgit pendant la seconde guerre mondiale, parce que la guerre créée un grand vide dans le corps pastoral, mais aussi parce que beaucoup ressentent la nécessité de vivifier l'Eglise et de l'enrichir de ce nouveau ministère. En 1942, le pasteur Pierre Lestringant réclame au Synode la reconnaissance du ministère presbytéral, et en 1946, le Synode répond en soulignant que la charge et la responsabilité de la paroisse incombent, non au seul pasteur, mais à toute la communauté et particulièrement au Conseil presbytéral.

Un débat a lieu, par publications interposées, en 1946, entre le professeur genevois Henri d'Espine ("Les anciens, conducteurs d'Eglise") et les professeurs de la faculté de Montpellier, menés par Jean Cadier ("Pasteurs et anciens"). D'Espine demande une réforme de l'Eglise pour qu'elle soit authentiquement gouvernée, et pas seulement administrée ; il souligne la fragilité du type d'Eglise construit uniquement autour du pasteur ; et il souhaite bénéficie des recherches du mouvement œcuménique naissant en matière de ministères, au lieu d'affirmer péremptoirement que son système est apostolique : "la restauration du pastoral collectif, exercé par un véritable collège d'anciens, est une des premières conditions du renouveau spirituel dont nos Eglises ont besoin…". A cela, Jean Cadier répond en soulignant une différence essentielle entre les deux ministères : pour lui, le ministère pastoral est un "don", reçu de Dieu par vocation, et il implique une consécration totale ; alors que le presbytérat est une "charge", reçue par élection de la communauté, et pour un temps seulement. Pour lui, cette tension doit être maintenue : le pastoral est un ministère de l'inspiration, qui a besoin du contrôle des anciens, qui ont, eux, le ministère de la permanence et de la continuité.

Le Synode national de 1962 précise la "responsabilité de gouvernement de l'Eglise confiée au Conseil presbytéral (discernement et coordination des ministères locaux ; rassemblement des fidèles et unité de l'Eglise, célébration du culte et instruction des enfants, pratique de l'amour fraternel ; gestion matérielle de la communauté).  

Mais une enquête faite en 1966-67 montre que la réalité est tout autre ! Un grand nombre de conseillers sont là parce que ce sont des notables, représentant des familles importantes qui "disposent" d'un siège ; beaucoup se considèrent comme nommés à vie, et peu nombreux sont ceux qui exercent réellement une fonction dans l'Eglise… Tellement que le rapporteur conclut en se demandant si le régime presbytérien-synodal n'est pas en train de se transformer en régime sénatorial ! Et en préparant les élections de 1970, le Conseil national écrit aux conseillers : "si la forme paroissiale de l'Eglise est aujourd'hui souvent critiquée, cela ne provient-il pas fréquemment d'un affadissement des conseils presbytéraux ? Car il faut bien reconnaître que la routine les guette, que certains conseils sont davantage l'expression d'une aristocratie sociale que du ministère commun de l'Eglise dont ils sont responsables, que d'autres sont absurdement jaloux de leurs prérogatives et de leurs écrits… La charge d'ancien est un véritable ministère, c'est-à-dire un service et non une dignité ou un honneur !".

Le Synode de 1969 - qui ouvre la possibilité de présidence du CP aux laïcs - indique qu'il s'agit d'un "ministère", et celui de 1985 d'un "ministère de l'union". Ce ne sont pas là de simples enjolivements de vocabulaire, mais il s'agit d'orientations importantes :

-       Même si le Conseil presbytéral est mis en place par mandat électif, il doit être reçu comme "don de Dieu" à son Eglise, collégialement appelé par vocation, et donc liturgiquement reconnu comme tel (comme les ministres sont reconnus après décision de la CDM au nom de l'Eglise, même si les ministres ont reçu vocation) : le vote de l'Assemblée générale n'est pas un vote de représentations d'intérêts différents, mais celui de la reconnaissance d'une vocation, vocation collégiale, mais dont chacun des conseillers est prêt à assumer sa part.

-       Le Conseil presbytéral n'est pas limité au gouvernement de l'Eglise locale, mais il participe par ses décisions et ses avis, au gouvernement de l'union des Eglises : chaque Eglise locale, là ou elle est, n'est-elle pas pleinement Eglise, ce qui implique non seulement qu'elle est appelée à exercer en un lieu l'intégralité du ministère de l'Eglise, mais qu'elle est appelée à vivre là l'unité de l'Eglise du Christ dans sa diversité, ce qui signifie communion et solidarité !

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Pour méditer : quelques thèses théologiques à propos du ministère :

1°) L'Evangile est la cause, le but, le moyen, la justification… bref la situation de tout ministère.

Matthieu 28, 18-20 : Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples…

Jean 20, 21 : Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie…

I Corinthiens 1, 17 : Christ ne m'a pas envoyé baptiser, mais annoncer l'Evangile…

Au début, il y a l'envoi pour l'annonce de l'Evangile. Elle est le but de la vie de l'Eglise, mais aussi son moyen d'existence (c'est bien cette annonce qui la fait vivre, et non les cotisations et les kermesses !!!). Et l'Evangile est lui-même le code de son annonce…

Les fonctions d'administration, de gestion et d'animation de la vie de la paroisse, et même les fonctions cultuelles (baptême…) ne deviennent vraiment "gouvernement" de l'Eglise que dans le travail de discernement évangélique de la mission de l'Eglise : ce que le Christ attend de son Eglise… mais aussi ce qu'il lui donne !

2°) La faiblesse achève et glorifie le ministère évangélique.

II Corinthiens 10 à 13 : cf. en particulier :

-        11,30 : S'il faut s'enorgueillir, je mettrai mon orgueil dans la faiblesse

-       et 12, 9-10 : il m'a déclaré : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. Aussi mettrai-je mon orgueil bien plutôt dans mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ… lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort !

Il ne s'agit pas là d'une pirouette, mais de la revendication d'une réelle autorité pour le ministère évangélique. Dans le contexte, attaquer le ministre de l'évangile, ce n'est pas seulement attaquer un homme (Paul), mais mettre en cause l'Evangile lui-même ! L'apôtre revendique la dunamis (puissance) de Dieu (10,4), l'exousia (autorité) de Dieu pour l'édification (10,8 13,10), et jusqu'à une quasi-identification au Christ (13,3 et 11,10).

Mais ce qui achève cette kaukhèsis (sujet de gloire), c'est la revendication de la faiblesse (11,30 12,9-10) : elle témoigne de la grâce de Dieu qui agit et elle rappelle qui est Dieu lui-même, en Christ. 

3°) Le ministère évangélique s'exerce dans un service tout à la fois attendu et rendu, inespéré et donné.

Jean 13, 6-15 : Etudier le dialogue entre Jésus et Pierre lors du "lavement des pieds". Repérer en particulier les attentes, les propositions et les refus, … et les tensions entre eux :

-       Jésus propose à Pierre de lui laver les pieds / Pierre refuse

-       Jésus renverse ce refus : car il est refus de Jésus lui-même

-       Pierre demande à être lavé en entier / mais Jésus refuse…

Et chaque fois, dans ces tensions, quelque chose de fort se révèle de l'Evangile : qui est vraiment Jésus : le Maître ? / le Serviteur !

Le service se situe nécessairement dans des tensions entre ce qui est attendu et ce qui est effectivement reçu (satisfaction / déception), ce qui est attendu et qui est refusé (frustration/soulagement), ce qui n'est pas attendu, mais proposé (surprise/résistance). Ceci est vrai aussi bien pour celui qui propose un ministère (conseil, minisre…) que pour celui qui le reçoit : en fait, il y a service mutuel…

Le ministère - comme autorité, puissance créatrice, du Christ - se situe essentiellement dans la tension "attendu/refusé" et  "non attendu/proposé". Mais pour que cette tension puisse être fructueuse (et non rupture), il faut qu'il y ait de "l'attendu/reçu", c'est-à-dire création de reconnaissance mutuelle au travers de ce qui est partagé.

4°) Tous nos ministères relèvent de l'édification (époïkodomein) et non de l'apostolat fondateur (themelion). C'est en cela qu'ils sont apostoliques.

I Corinthiens 3, 9-15 : (9) Nous sommes en effet des collaborateurs (sunergoï) de Dieu, et vous êtes le champ de Dieu, l'édifice de Dieu. (10) Selon la grâce de Dieu qui m'a été donnée, j'ai posé le fondement (themelion) comme un sage architecte, un autre édifie dessus (epoikodomeï). Que chacun prenne garde comment il édifie dessus (époikodomeï)…

3 points à noter en particulier :

  • La fidélité n'est pas l'imitation, la conservation ou le remplacement, mais le "construire dessus".
  • La valeur de la construction découle de sa capacité à passer l'épreuve : invitation à la recherche d'une certaine "efficacité"… et peut être à la diversité des constructions ? Peut-être y a-t-il des temps pour construire en or (ce qui dure)… et d'autres pour construire en paille (le nécessaire provisoire des temps de changement) ?
  • La réussite de la construction, et la valeur de son matériau, n'ont pas valeur de salut, même pour le constructeur : c'est une totale libération pour celles et ceux qui partagent ce ministère de "constructeurs sur…" ! 

 Envoi

Il ne peut pas y avoir de responsabilité "spirituelle" du Conseil presbytéral, ni de responsabilité sur la vie "spirituelle" de la paroisse, s'il n'y a pas vie spirituelle du Conseil lui-même.

Il est nécessaire de nourrir cette spiritualité de gouvernement :

-       Par le travail biblique et la prière (écouter),

-       Par la compréhension mutuelle et l'accueil des diversités (se parler de soi pour se connaître et se reconnaître !),

-       Par la construction d'une compréhension commune (débattue) du contexte : vie de l'Eglise, vie de la société… (parler ensemble de nos perceptions, non pour les uniformiser obligatoirement, mais pour les mettre en perspective et les "construire" ensemble en les rassemblant dans un tableau plus ou moins contrasté)

Ceci afin de mettre en œuvre concrètement ce "gouvernement spirituel" :

-       Par l'écouter et le discernement (quel est le don de Dieu qui nous est fait au travers de telle personne, telle rencontre…),

-       Apprendre à prendre en compte les difficultés, et travailler avec elles, au lieu de les occulter ou de tenter de les vaincre par la force,

-       Savoir prendre le temps d'expliquer et de soumettre à approbation,

-       … et, peut-être, parfois, accepter de changer soi-même !?

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01 septembre 2011

Formatons de prédicateurs: un bilan

UN BILAN DE LA FORMATION DE PRÉDICATEURS LAÏCS À L'IPT/ERF-RP SUR QUATRE ANNÉES

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VOUS AVEZ PARTICIPÉ À CES FORMATIONS, AJOUTEZ VOS COMMENTAIRES CI-DESSOUS EN PRÉCISANT L'ANNÉE ET LE NIVEAU (1 OU 2)

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09 juin 2011

PREDICATION NARRATIVE

Aspects de la prédication narrative

Un exemple de « conte » biblique :

 

crucifixion  (Bernard Dimey)

 

Tu viens c't' après-midi à la crucifixion?

T'as qu'à v'nir avec moi, ça t'chang'ra les idées !

Ta bergère est pas là, profit' de l'occasion

Moi j'ai prév'nu Lévy que j 'prenais ma journée

J'y ai dit "j'veux voir ça, et pis j'ai mes raisons !"

Il a pas pu r'fuser vu qu'il y va, cézigue !

Ça va ram 'ner du monde et marquer la saison

C' t'affair'là, tu vas voir, mais le truc qui m'intrigue

C'est qu'sur les trois clients qu'ils vont foutre au séchoir

Y en a deux, paraît-il, qu'on a dû bien connaître

Ils nous ont fait marron sur un coup d'marché noir

On ira les r'garder, ça les amus'ra p't'être

 

Quand on avait l'tuyau pour les surplus romains


J'avais tout préparé, tout mâché la besogne,


On était cinq su'l'coup, vraiment du cousu-main!


Quand ils nous ont doublé, on a passé la pogne


Mais j'dois dire qu'aujourd'hui, je vais bien rigoler


Comm'quoî, mon vieux cochon, y a tout d'même un'justice


Comm'disait mon vieux père: "Faut pas tuer ni voler

à moins
d'être certain que le coup réussisse !"

 

Le troisième, il paraît qu'il marche à la gamberge


Il jacte à droite à gauche, on l'a vu v'nir de loin


Il est pas vieux du tout, il n'a pas trente-cinq berges


On n'sait pas bien qui c'est, c'est pas un gars du coin


C'est un genr'de r'bouteux, il guérit les malades


Ça fait trois ans, guèr'plus, qu'il est sur le trimard


N'empêch'que le Pilate et ses p'tits camarades


L'ont prié d'obéir et d'arrêter son char


Comm'disait mon vieux père : "La poisse, elle vient tout'seule


Mais plus tu veux jacter, plus qu'ell'vient rapid'ment


C'est un'bell'qualité d'savoir fermer sa gueule"


Mon père, pour un ivrogne, il n'manquait pas d'jug'ment !

D'ailleurs, en fait d'jug'ment, c'est par là qu'ça commence


Si tu veux v'nir, tu viens... Moi j'veux pas m foutr'en r'tard


Tu viens pas... Moi j'm'en vais... J'te dirai c'que j'en pense!


J'pass'rai pour l'apéro, à sept heures, au plus tard.

 

****

 

Ça y est, me v'la r'venu, j'en ai les jamb'coupées


J'ai vu assez d'salauds pour le restant d'mes jours


Et c'est l'genr'd'histoir' qui s'ra vite étouffée


T'en entendras causer, crois-moi, pis mêm'les sourds

D'abord le tribunal, une vraie rigolade!


Les carott' étaient cuites, archi-cuites au début


Le Pilate s'en foutait, mais les p'tits camarades


Ça gueulait maximum, aussi fort qu'ils ont pu


Le mec, il était là, il a pas dit grand-chose


Et pis j'étais trop loin ; j'ai pas bien entendu


Tout l'mond'braillaît là-d'dans, mais pour plaider sa cause


Y a personn'qu'à moufté... Ni l'avocat non plus...


D'ailleurs, y en n'avait pas ! C'était la mascarade !


Et j'suis sûr que le gars il est blanc comm'l'agneau


Tu peux dir'que l'Pîlate et ses p'tits camarades


Ça fait avec nous autres un'bell'band'de salauds


On a beau êtr'voyou, viv'comm'des malhonnêtes


Y a tout d'mêm'des machins qui vous fout'le bourdon...


Tout était combiné, mêm' la croix qu'était prête


Et quand on vous y colle on sait qu'c'est pour de bon...


Et pis la croix maint'nant c'est toi qui t'la coltines


C'est nouveau, j'te préviens, si ça t'arrive un jour


Tout seul et ça su'l'dos jusqu'en haut d'la colline.


 

Il s'est juste arrêté pour faire un p'tit discours,


Il s'trouvait juste en face d'un ramassis d'bonn'femmes


Qui chialaient comm'des veaux, faut dir'qu'y avait d'quoi,


Il leur a dit comm'ça " pour le salut d'vos âmes


il vaudrait mieux pleurer sur vous-mêmes que sur moi !"

Sa vieille elle était là, la pauv'mémère, tout'seule


Y aurait pas eu un mec pour y donner la main,


Surtout quand son fiston il s'est cassé la gueule !


Trois fois d'suite sous les coups d'ces enfoirés d'romains !


 

Moi, ça m'a foutu l'noir, pourtant j'suis pas sensible


Ça m'a tout barbouillé, j'en suis cœur sur carreau !


Faut dir'que l'populo c'est vraiment des horribles


Ils sont pour la plupart plus fumiers qu'les bourreaux...

Bref, je n'suis pas r'venu pour gâcher la soirée...


Ils l'ont cloué là-d'ssus et tout l'monde est parti...


Moi j'en suis lessivé, tu parles d'une journée...


Et tout l'monde est pareil... et pis c'est pas fini

 

Les deux autres ? Ah ben oui, pardonn'moi si j't'excuse


Hé ben j'les ai pas vus, j'y ai mêm'plus pensé !


Ils sont toujours là-haut, vas-y si ça t'amuse


Pour moi ça va comm'ça, j'en ai vu bien assez !


Paulo, tu m'connais bien, tu sais qu'les innocents


Je m'en fous complèt'ment, seul'ment pour le quart d'heure


Je dois dir'que c'que j'ai vu, ça m'a tourné les sangs


Un mot que j'dis jamais, Paulo..., ça m'a fait peur !

 

Une possibilité de prédication narrative :

dimanche 27 février 2011

Eglise Réformée d'Ermont

Matthieu 6,24-34

pasteur Jean-Pierre STERNBERGER

 

texte Deutéronome 30, 18-20

“ Je prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre:

je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction.

Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant YHWH ton Dieu,

écoutant sa voix,  t'attachant à lui;

car là est ta vie,  ainsi que la longue durée de ton séjour sur la terre

que YHWH a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de leur donner.”

 

Voilà, cette nuit, tu ne dors pas. La nuit dernière non plus. Tu tournes tournes dans ton lit. Tu guettes les bruit de la maison, les mouvements des voisins, les voitures de la rue. Tu penses à cette journée qui naît quelque part. Tu revois celle qui vient de s'écouler; tu t'interroges. Comment faire ? Comment tenir ? Comment joindre les deux bouts. Mais les deux bouts de quoi ?

Tu te répètes l'histoire et tu t'interroges. Comment en es-tu être arrivée là ? C'est vrai, à Noël, tu a voulu dessérer un peu l'étau. Mais peut-on toujours faire attention à ce qu'on achète, toujours prendre la moins bonne qualité, acheter au meilleur prix. Et puis il y a eu ce jeu qu'Antoine voulait à tous prix, et puis il y a eu ... finalement pas tant que ça. Non, pas tant que ça. On ne peut pas dire que tu as fait des folies. Simplement, les choses se sont accumulées depuis la panne de la voiture en septembre.  Pour la première fois, tu as été dans le rouge. Depuis tu n'en es pas vraiment sortie. Et ce mois-ci, tu as plongé. En septembre, il y a eu la rentrée, il y a eu les impots en novembre, les fêtes en décembre, les assurances en janvier et puis cette lettre de la banque ce matin : Interdit bancaire avec obligation d'aller rendre la carte qui te permettait d'acheter à nouveau dès le 26. 26, c'était devenu ton chiffre fétiche. A partir du 26 du mois, tu sais que tes dépenses ne seront débitées que le mois suivant ...

 Surtout ne pas paniquer. tu y arriveras. Tu t'en es toujours sortie. Pouvu que la voiture tienne le coup et ne flanche pas comme l'hiver dernier. Pourvu ...  pourvu surtout que tu retrouves vite un travail, peut-être pas un vrai, peut-être une mission d'interim, mais  quelque chose qui te fasse sortir du rouge.

 Quelle heure est-il ? Bientôt 4 heures. Tu as allumé la lampe pour voir l'heure et maintenant tu te lèves. A quoi bon rester couchée ? En faisant le moins de bruit possible, tu rejoins la cuisine. Tu fermes la porte doucement. T u mets le volume de la radio au minimum audible et tu tourne le bouton. L'oreille collée au poste, tu écoute l'écho des fracas et des soupirs du monde. Comment tout ça va finir. Tunisie, Egypte et maintenant la Lybie. Et puis le gaz qui va augmenter, et le prix du pétrole qui flambe. C'est pas ça qui va aranger tes affaires. Ici sans voiture, comment  farais-tu pour vivre ? Même pour aller au restau du coeur, il faut une voiture.

 Et de nouveau tu  calcules. Comment moins dépenser ? Le RSA, les allocations d'un côté, le loyer, la nourriture, l'essence de l'autre. Le jean d'Antoine est déchiré. Au moins, il est un peu à la mode et ça ne le gène pas. Par contre ses chaussures ne vont pas faire le trimestre ...  il grandit vite en ce moment. Avec un peu de chance, on va lui proposer les affaires de son cousin. Une fois de plus tu accepteras. Mais au grand jamais, jamais, tu ne demanderais. Enfin, c'est ce que tu penses aujourd'hui ...

Il reste une pomme sur la table. Tu n'as pas faim mais tu l'épluches. Tu la coupes en quatre et chaque quartier en deux. Ce serait bien de pouvoir dormir et oublier. Ça ne sert à rien de s'inquiéter. Ça ne résout pas les problèmes. Demain est un autre jour. A chaque jour suffit sa peine. C'est vrai qu'on peut voir les choses autrement et petit à petit tu voudrais les voir autrement. Antoine, par exemple, c'est ta plus belle réussite. Et puis il travaille bien. Il s'est fait plein de copains qu'il ramène de l'école et parmi ceux-là de bien plus malheurexu que lui. Lui au moins il a une chambre à lui, ça compte. Et tu l'aimes comme il t'aime même si e n'est pas tous les jours facile pour lui de vivre en tête à tête avec sa mère.

 Maintenant tu t'es levée et  tu t'es rapprochée de la fenêtre. A l'horizon la nuit pâlit déjà. Tiens, la fleur dans le pot sur l'appui de la fenêtre, on dirait qu'elle va refleurir. Comment ça s'appelle déjà : une pensée ? Quel drôle de nom pour une fleur ! Mais c'est vrai qu'il y a parfois des pensées qui vous poussent dans la tête comme des fleurs et d'autres dont il faudrait se débarrasser comme de la mauvaise herbe. Ou alors il faudrait faire fleurir la mauvaise herbe et la voir devenir fleur.

Si la pensée refleurit,c'est qu'il ne fait plus aussi froid que la semaine dernière. C'est aussi que la nuit déjà tombe moins tôt. Pour mieux voir la fleur qui naît, tu tournes la poignée et ouvres la fenêtre. Et là juste au moment où tu mets le nez dehors, à l'instant où tu sens le frais de la nuit sur ton visage, tu entends le chant du matin d'un oiseau perché sur l'arbre de la cour. Et tu te sais vivante et tu repires à grandes goulées l'oxygène de la vie.

A chaque jour suffit sa peine et la peine ne nous est pas comptée. N'allons pas y ajouter celle des jours passés et des jours à venir. Seulement la peine de ce jour, et puis aussi sa joie, et puis surtout la vie. La peine de ce jour suffit, pas la peine d'en rajouter. pas la peine de surcharger le jour d'une inquiétude infructueuse. On ne peut pas vivre et se laisser manger par l'inquiétude. On ne peut pas travailler pour deux patrons à la fois, travailler pour la vie le jour et la nuit, se laisser manger par l'inquiétude. Il faut savoir dans quoi on investit, dans quoi on s'investit.

Et en ouvrant la fenêtre tu as choisi la vie.

 Allez, file te recoucher. Tu as encore deux bonne heures de sommeil. Demain, dans quelques heures, tu devras être forte et tu le seras. Tu le seras pour chercher et reconstruire une vie meilleure, pas seulement pour toi, mais pour ton fils er pour les autres. Tu seras forte et sans inquiétude car au fond de toi tu sais que la vie pourrait être différente. Elle sera différente. Cela s'appellera la vraie vie, la justice, la vraie paix.

 Dans l'évangile, Jésus l'appelle : le Royaume de Dieu.         Amen

 

et nous lisons dans l'évangile de Matthieu, le texte pour ce jour (trad. NBS / JPS)

24

Personne ne peut servir deux maîtres;

en effet, ou bien il haïra l'un et  aimera l'autre,

ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre.

Vous ne pouvez servir Dieu et  Mamon.

25

C'est pourquoi je vous dis :  Ne vous inquiétez pas, pour votre vie,

de ce que vous mangerez [ou de ce que vous boirez], 

ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus.

La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?

26

Regardez les oiseaux du ciel  et qu' ils ne sèment pas ni ne moissonnent,

ni ne stockent rien dans des granges,  et votre Père céleste les nourrit.

Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?

27

Parmi vous, qui peut par ses inquiétudes,  rallonger d'un centimètre[1] sa vieillesse[2] ?

28

Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ?

 

Observez comment poussent les lis des champs :

ils ne travaillent pas, ils ne filent pas;

29

et pourtant je vous dis que même Salomon, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux.

30

Si l'herbe des champs qui pousse[3] aujourd'hui et demain sera jetée au four, Dieu l'habille ainsi, [ne le fera-t-il pas] à bien plus forte raison pour vous qui croyez un peu ?

31

Ne vous inquiétez donc pas, en disant : « Qu'allons-nous manger ? »

Ou bien : « Qu'allons-nous boire ? »

Ou bien : « De quoi allons-nous nous vêtir ? »

32

tout cela, les païens le cherchent sans relâche, 

car votre Père céleste sait  que vous avez besoin de tout ça.

33

Mais cherchez d'abord le règne [de Dieu] et sa justice,  et tout cela vous sera donné en plus.

34

Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain s'inquiétera de lui-même.

A chaque jour suffit sa peine.


[1]       -littéralement : « une coudée »

[2]       -ou « sa jeunesse » (!) littéralement : « son âge »

[3]       -littéralement : « qui est »

 

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28 mai 2011

FORMATIONS RÉGIONALES DE PRÉDICATEURS LAÏCS 2011_12

LES FORMATIONS DE PRÉDICATEIURS LAÏCS À L'IPT EN 2011-2012

Pour agrandir le proramme cliquer sur une des trois patries (onjectifs, programmation/dates et intervenants/modalités.

FPL02 

   FPL01

   2011_0527 - Formation PL1+PL2 - 2011-2012_1

   

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29 avril 2011

LE PRESBYTÉRIEN-SYNODAL POUR LES NULS

Le presbytérien-synodal pour les nuls

Samedi 30 avril 2011 de 9h00 à 16h00

Foyer UCJG, 14 rue de Trévise 75009 PARIS

Métro : Cadet ou Grands Boulevards

Une journée  de rencontre et de formation pour

tous les Conseillers Presbytéraux, nouveaux et anciens

Objectifs

1.    Etre capable d’expliquer l’intérêt de l’organisation originale de l’ERF

2.  Mieux utiliser les ressources mises à la disposition des Eglises locales

Programme

Matin

§  09h00 : accueil café - enregistrement

§  09h30 : mini-culte - Jean-Charles Tenreiro

§  10h00 : Histoire et fondements théologiques du système presbytérien synodal, son ancrage dans la réforme calvinienne. Les fondements de notre système ecclésial. - Bertrand de Cazenove

§  11h15 : pause

§  11h30 : Echanges en 4 sous-groupes répartis par consistoires

§  12h15 : repas servi (10€/p)

Après-midi

§  13h45 : 2 ateliers successifs par ½ groupe

§  13h45 : ATELIER "Presbytérien" : La communication interne au service de l’externe – Daniel Cassou

§  14h35 : pause - permutation des ateliers – remise des fiches d’évaluation

§  14h45 : ATELIER "Synodal" : faire prendre conscience des possibilités offertes par la richesse de la vie régionale, et des ressources aux divers échelons Gill Daudé.

§  15h35 : Envoi

§  16h00 : fin de la journée (ponctualité assurée)

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16 octobre 2010

Pasteur, conseil presbytéral: vis à vis, dos à dos, côte à côte ?

Journée de rencontre des Présidents et Vice-Présidents des conseils presbytéraux de la région parisienne (ERF):

Pasteur, conseil presbytéral : Vis-à-vis, dos à dos, côte à côte ?

Journée du Samedi 16 octobre 2010

Ci-dessous: Exposé de Raphaël PICON. Après cet exposé voir les travaux des ateliers.

 

 

« Le rôle particulier du président et le ministère singulier du pasteur dans la collégialité du conseil ».

 

Relevons tout d’abord un constat saisissant. Au début des années 80, dans l’Eglise réformée de France, la plus grande majorité des Conseils presbytéraux sont présidés par des pasteurs. A la fin de cette même décennie, presque plus aucun pasteur ne préside un Conseil presbytéral. Actuellement, dans la région parisienne de l’ERF, seuls deux Conseils sont présidés par un pasteur. Cette mutation est largement positive dans le sens où elle permet une meilleure répartition des responsabilités entre pasteurs et laïcs (pour reprendre une distinction habituelle mais qui reste problématique en protestantisme), un renforcement le rôle des non-pasteurs dans l’Eglise, dans le sens aussi où elle a libéré certains conseils d’une autorité pastorale parfois trop écrasante. Cette évolution a facilité le travail d’équipe entre pasteurs sur un même poste et a souvent donné à ces derniers de se recentrer sur les tâches plus proprement pastorales. On relèvera toutefois que cette évolution, provoquée bien souvent en partie par les pasteurs eux-mêmes, a parfois fragilisé le rôle de ces derniers et leur autorité dans le Conseil. Du centre du dispositif décisionnaire, certains pasteurs se sont retrouvés sur un strapontin, parfois éjectable…

 

Pour répondre à la question qui nous est posée, nous s procéderons en deux temps : dans un premier, nous présenterons une brève analyse théologique du Conseil Presbytéral, de cette modalité particulière de la gouvernance de l’Eglise, dans un second, nous repérerons certaines tâches et fonctions que le Président du Conseil est appelé à mettre en œuvre.

 

La première tâche qui incombe à un président de Conseil Presbytéral est d’être au clair sur la signification que revêt son engagement comme président, mais aussi, plus fondamentalement, sur la signification propre au CP qu’il préside. Le rôle du président est en effet de présenter, de préciser, de clarifier ce qu’est un CP, ce à quoi il sert, son importance dans la vie de l’Eglise réformée. Le premier rôle est un rôle d’enseignant, d’instructeur.

 

le="text-align: justify;">Ce mode de gouvernement ecclésial est fondé théologiquement dans le sens où il exprime des convictions théologiques. Il est la déduction institutionnelle de certaines affirmations dogmatiques, et il est lui-même porteur de ces convictions ; il est, en soi, une forme de prédication. Le Conseil presbytéral est c’est une confession de foi.

 

I. Le Conseil presbytéral : une confession de foi

 

Trois éléments : une vocation, une prédication, une exigence triple. 

 

1. Une vocation

Ce terme de « vocation » appliqué au Conseil presbytéral souligne que celui-ci est l’objet d’un appel ; « vocatio » signifiant notamment appel. Nous sommes conseillés parce que nous avons été appelés à l’être. C’est notre vocation.

 

Vous avez étés appelés à cette tâche par d’autre que vous-mêmes. Vous l’avez été formellement lors de l’Assemblée Générale de l’assemblée cultuelle, vous l’avez été spirituellement par Dieu qui vous appelle au ministère de son Evangile. Autrement dit, vous ne vous êtes pas autoproclamés Conseiller presbytéral.

 

J’insiste sur ce point parce que la vocation nous confie une fonction particulière, nous confie à une fonction particulière, et dans le fait d’être confié à cette fonction, une confiance nous est faite. Nous sommes conseillers parce qu’on nous a fait confiance. Il me semble essentiel de toujours prendre et de reprendre la mesure de cet appel premier et de la confiance qu’il nous donne ; une confiance qui assure, qui nous réassure, qui contribue à nous reconnaître une autorité, à nous rendre légitimes pour soi et aux yeux des autres.

 

Ce terme de « vocation » souligne aussi qu’un conseiller est porteur de certaines compétences. On lui reconnaît une vocation, c’est-à-dire une aptitude, une capacité à remplir telle ou telle tâche. Vous êtes conseillers afin de mettre au bénéfice de la communauté certaines compétences qui vous sont reconnues, un savoir-faire spécifique et utile à l’ensemble de la communauté.

 

Ce ne sont pas seulement les compétences particulières des conseillers qui sont requises mais les compétences du Conseil dans son ensemble. Le Conseil rend compte d’une expertise (acquise notamment grâce à la discussion interne, à sa collégialité) qui rend possible le gouvernement de la communauté locale.

 

Les engagements communs à tous les ministères exprimés lors de la reconnaissance liturgique du Conseil suggère certaines qualités particulières: soumission mutuelle, fraternité, responsabilité à l’égard de l’autre, discrétion, vigilance dans la prière, persévérance dans l’écoute de la Parole. Nous pourrions rajouter les éléments indispensables à la bonne santé d’un conseil : écoute, partage de la parole, solidarité devant les décisions prises. On sait aussi que chaque membre du Conseil enrichit celui-ci par sa sensibilité, ses convictions, ses préoccupations, par sa manière d’être, son savoir-faire. 

 

Si la vocation est un appel, si elle est une compétence, elle est aussi un engagement. Le Conseil presbytéral a vocation à faire quelque chose, il a une mission à accomplir, il se doit de remplir certaines fonctions. Celles-ci sont en partie exprimées dans la liturgie de reconnaissance du ministère du Conseil presbytéral ; énoncé liturgique qui souligne la responsabilité majeure de ce Conseil. « Vous qui êtes appelés à former le Conseil presbytéral de cette Eglise, vous porterez ensemble la responsabilité spirituelle et matérielle de la Communauté. Vous discernerez, reconnaîtrez et coordonnerez les ministères que Dieu donne à cette Eglise pour qu’elle grandisse dans l’amour et soit au sein du monde messagère de l’Evangile. Vous serez solidaires des décisions que prendra votre conseil et vous préparerez et appliquerez les décisions des synodes."

 

2. Une affirmation théologique

L’existence du Conseil presbytéral dans notre Eglise ne répond pas d’abord à un souci d’efficacité dans le travail et de cohésion communautaire. Ce mode de gouvernement ecclésial est fondé théologiquement dans le sens où il exprime certaines convictions théologiques. Le Conseil presbytéral est, en soi, une affirmation théologique. Etre Conseiller presbytéral, c’est poser un acte théologique.

1ère conviction : L’Eglise est animée par un conseil pour témoigner d’un Dieu sans clergé.

L’un des grands gestes théologiques du protestantisme est d’annuler la nécessité de l’intermédiaire entre Dieu et l’humanité. Dieu nous parle et nous rejoint librement, sans être conditionné par ce que nous sommes, sans dépendre de nous. Cette conviction est lourde de conséquences dans notre conception de l’Eglise.

 

Cette spécificité apparaît clairement lorsqu’elle est pensée en vis-à-vis du modèle catholique romain. Pour celui-ci l’institution du clergé demeure une nécessité théologique. La Parole et les sacrements ne reçoivent leur efficacité que par l’intermédiaire du ministère ordonné. C’est en consacrant l’hostie que le prêtre rend le Christ présent et c’est en la distribuant qu’il provoque la rencontre avec le Christ. L’institution du clergé produit ici l’événement de la rencontre avec Dieu et la conditionne. Dans le protestantisme, le pasteur n’est pas celui qui rend possible la rencontre avec Dieu, il est celui qui témoigne que cette rencontre a déjà eu lieu, pour chacune et pour chacun, en Christ. Le ministre n’a pas pour fonction de rendre le Christ présent, à travers le sacrifice de la messe, mais d’enseigner la grâce offerte, à travers la prédication de l’Evangile.

 

Ce refus de l’intermédiaire soustrait l’Eglise à l’emprise d’un clergé qui prétendrait canaliser, conditionner et finalement réglementer la relation à Dieu. Dans le modèle protestant, c’est aux membres de la communauté de se réunir et d’organiser le ministère de l’Evangile et de l’Eglise. Parce que la relation à Dieu est une relation directe, fruit des seules volonté et liberté de Dieu, l’Eglise n’est pas portée par un clergé institué, mais par des hommes et des femmes réunis en instance collégiale de délibération. 

 

2ème conviction : L’Eglise partage les responsabilités pour témoigner d’une Parole de Dieu qui autorise chacune et chacun dans sa propre parole.

Cette relation directe valorise et encourage chacun. On pourrait dire de Dieu qu’il fait ici autorité en nous autorisant pleinement à parler à son sujet, à le raconter, à le proclamer. Ce qu’on appelle communément le sacerdoce universel.

 

Je vous rappelle ce propos de Luther tenu dans son adresse à la noblesse chrétienne de la nation allemande : « On a inventé que le Pape, les évêques, les prêtres, les gens des monastères seraient appelés état ecclésiastique, les princes, les seigneurs, les artisans et les paysans l’état laïque, ce qui est certes une fine subtilité et une belle hypocrisie. Mais personne ne doit se laisser intimider par cette distinction, pour cette bonne raison que tous les chrétiens appartiennent vraiment à l’état ecclésiastique ; il n’existe entre eux aucune différence, si ce n’est celle de la fonction (…) car ce sont le baptême, l’Evangile et la foi qui seuls forment l’état ecclésiastique et le peuple chrétien (…). Nous sommes absolument tous consacrés prêtres par le baptême ».

 

Le Conseil presbytéral est le lieu témoin de ce ministère partagé, d’une prêtrise qui est confiée à tous. Ce concept de sacerdoce universel, l’un des grands principes de la Réforme, souligne que le ministère n’est pas la chasse gardée de quelques-uns, mais l’affaire de tous et de chacun. Si nous pouvons nous réunir en CP, c’est que nous sommes tous prêtres.

 

Dès lors qu’il est universel, le ministère est appelé à prendre des formes diverses, à se déployer dans une pluralité d’options, de projets, de sensibilités. Cette diversité est théologiquement précieuse car elle témoigne d’un Dieu qui ne se laisse pas réduire à un seul dogme, à une seule confession de foi, à un seul ministère.

 

3ème conviction : L’Eglise est organisée collégialement pour témoigner d’un Dieu qui se révèle dans la pluralité.

La collégialité, le travail en équipe, le partage de l’autorité, enseignent un Dieu qui ne se laisse pas canaliser et enfermer dans une seule expression de foi. Comme le dit le théologien Bonhoeffer  dans son ouvrage De la vie communautaire : « Dieu est bien trop important pour être abandonné aux mains d’un seul ». Le théologique est chose trop sérieuse pour être confiée à un seul et la prédication de Jésus-Christ est bien trop riche pour être prisonnière d’un seul ministère. La collégialité du Conseil presbytéral témoigne que le Dieu de Jésus-Christ se laisse servir dans la diversité, qu’il se révèle de manières différentes et qu’il mobilise des compétences variées.

 

Cette collégialité reconnaît aussi en l’autre une nécessité spirituelle. Si Dieu ne se laisse pas monopoliser par un seul, nous ne pouvons pas non plus nous suffire à nous-mêmes et rester satisfaits de sa seule manière de croire en Dieu et de vivre l’Eglise. Dans ce sens, le sacerdoce universel ne fonde pas un individualisme spirituel mais fonde la possibilité d’une relation théologique à l’autre. « Chacun a besoin de l’autre en tant que prêtre », dit encore Bonhoeffer, autre qui peut toujours nous faire découvrir d’autres choses de Dieu que nous ne connaissons pas encore.

 

Une Eglise dirigée par un conseil et non par une seule personne valorise forcément la diversité. Elle intègre en son sein une pluralité de sensibilités, de désirs, de projets. L’Eglise d’un Conseil presbytéral n’est pas monocorde et monotone. Elle est une communauté au sens propre du terme, le lieu d’une mise en commun de sensibilités et de convictions, d’une mise en partage de compétences et d’expériences.

 

3. Une exigence triple

 

Chacune de ces convictions théologiques traduit une exigence particulière à l’endroit du Conseil presbytéral.

 

Une exigence théologique

La première conviction rappelle que le Conseil presbytéral est au service d’une Parole déjà donnée, d’un Evangile déjà offert à toutes et à tous. Sa fonction est d’être pleinement au service de ce don premier. Au service de l’Evangile, le Conseil presbytéral a pour tâche de constamment recentrer l’institution ecclésiale sur l’Evangile qui la fonde. Le ministère du Conseil est ici essentiellement théologique par sa capacité à ramener la communauté à l’essentiel, à lui ré-offrir la possibilité d’être sans cesse ré-animée et réveillée par la Parole, à empêcher par là-même l’Eglise de devenir une « boutique ». Le conseil restera ici particulièrement vigilant au ministère de la prédication, à l’animation biblique, à la réflexion théologique, à la vie spirituelle de la communauté.

 

Une exigence prophétique

La deuxième conviction rappelle que si le Conseil presbytéral est autorisé par les autres, il n’a pas le monopole de cette autorisation. L’universalité du sacerdoce n’est pas réduite aux seules dimensions du Conseil. Puisqu’il est au service de ce Sacerdoce universel, le Conseil presbytéral doit le rendre possible en veillant à ce que chacun puisse se sentir concerné, motivé et autorisé par la parole. Dans ce sens, le Conseil presbytéral a pour fonction de discerner toutes les vocations possibles que la prédication de l’Evangile peut susciter. Son rôle est de repérer ce que l’Evangile peut faire naître chez les uns et les autres en termes de désir, de projet, d’attente, d’appel, d’engagement. Le ministère du Conseil est ici essentiellement prophétique par sa capacité à scruter ce qui, à l’intérieur de l’institution mais aussi à l’extérieur, peut témoigner de l’Evangile et enrichir par là-même la communauté humaine. 

 

Une exigence politique

La troisième conviction rappelle au Conseil presbytéral la richesse de la diversité. Il doit veiller à sans cesse ouvrir l’Eglise au plus grand nombre. Le Conseil doit diversifier suffisamment les actions, les formes d’engagement, les rythmes d’activité, les expressions théologiques, afin que l’Eglise soit véritablement une communauté, une composition, une mise en commun de sensibilités différentes. Le ministère du Conseil presbytéral est ici essentiellement politique par sa capacité à mettre ensemble des éléments différents.

 

Le ministère du Conseil presbytéral naît finalement d’une conviction théologique toute simple : Jésus-Christ est le don d’une parole de salut qui nous fait parler. Servir cette Bonne Nouvelle, c’est lui donner de l’audience, de l’écho, et l’inscrire dans la communauté humaine. C’est au Conseil de rendre l’Eglise toujours plus réceptive à l’Evangile et toujours plus transparente à la Grâce.

 

Venons-en maintenant aux différentes fonctions du président de CP ; définir ces fonctions nous permettra de mieux penser les relations entre le président et le pasteur comme les autres membres du Conseil.

 

II. Un rôle multiple

 

1. Un instructeur 

Je l’ai déjà évoqué, le président du CP est dans son rôle lorsqu’il instruit les membres du CP de la signification de celui-ci et de ce qui est attendu du CP comme de chacun de ses membres.

 

Cette tâche est d’autant plus importante à remplir, rôle d’autant plus essentiel à jouer que notre culture d’Eglise est de moins en moins vive, elle est de moins en moins partagée et connue et ce du fait de la pluralité plus grande des origines des membres de nos Eglises.

 

2. Celui qui préside collègialement

C’est le président qui établit l’ordre du jour, préside les séances, anime les débats. C’est lui qui fait en sorte que les décisions puissent être prises, et qui veille à ce que les décisions prises soit respectées. C’est lui qui ouvre et met fin aux séances.

Dans ce conseil, c’est au Président de veiller à ce que chaque membre ait sa place, que personne ne prenne l’ascendant sur les autres. Il sert d’instance de régulation démocratique, ce qui implique une vigilance de tous les instants. Il veillera à ce que chacun soit dans son rôle, puisse assumer ses propres responsabilités, que chacun soit aussi reconnu dans son travail, trouve la confiance nécessaire pour réaliser ce qu’il doit faire. Cette animation n’est pas purement technique, elle doit aussi prendre en compte du fait que le CP est aussi un lieu d’Eglise, parce que lieu d’Eglise elle est soumise à certaines exigences.

 

J’aimerai pour évoquer ce point, rappeler quelques éléments qui caractérisent la relation entre le CP (et à travers lui son président) et le pasteur. Mais aussi entre le CP et le président.

     

Valorisé, comme je viens de le faire, le ministère du Conseil presbytéral ne saurait porter atteinte à ce qui fait selon moi la spécificité et la nécessité du ministère pastoral.

 

3 remarques :

 

- Une spécificité sans exclusivité.

Le pasteur a un métier et une vocation qui lui imposent d’être théologien, qui le chargent de la prédication de l’Evangile, de l’accompagnement spirituel des fidèles, d’animer la communauté autour de la Parole. Il est formé à cela, il est reconnu institutionnellement apte à accomplir ces tâches, il est rétribué financièrement pour ce travail. Cela ne lui donne aucun pouvoir particulier mais lui reconnaît une autorité spécifique. Le fait que des non-pasteurs puissent prêcher, accompagner et animer, ne diminue en rien ce qui fait selon nous l’essence, la spécificité et la nécessité du ministère pastoral.

 

Une Eglise donnée confie aux pasteurs de son ressort le soin d’accomplir certaines tâches, même si elle sait théoriquement que chacun pourrait en principe les assumer, ce qui est le cas là où il n’y a pas de pasteur et dans le cadre d’un « mandat de desserte ». Si le pasteur n’a pas le monopole des tâches que son métier lui impose, celles-ci constituent pourtant la spécificité de son ministère. Ce n’est pas parce que chacun peut faire son pain que le boulanger n’est plus boulanger et n’a plus de raison d’être…


  Ni chef ni serviteur

Même si le pasteur dépend localement du CP, il n’est pas réductible à ce CP, son titulaire ne relève pas seulement de la communauté dans laquelle il travaille. Dans un modèle presbytérien-synodal, modèle qui valorise autant le plan local que régional ou national d’une même Eglise, le pasteur d’une communauté particulière reste ministre de l’Eglise à laquelle il appartient. Il engage celle-ci, peut se trouver sollicité par elle, et ce indépendamment de l’accord préalable du Conseil de l’Eglise local auquel il dépend.

 

Cette extériorité du pasteur par rapport à la communauté traduit dans les faits que le pasteur est toujours, en théologie réformée du moins, l’objet d’un double appel et d’une double reconnaissance (la double vocation « interne » et « externe » chère à Calvin) : de la part de l’Eglise et de la part de Dieu. Cette double appartenance implique que les différentes fonctions pastorales s’exercent en lien avec le Conseil dont il dépend sans que celui-ci ne s’approprie et ne domine le pasteur. Cela implique aussi que le Conseil ne se trouve pas instrumentalisé et finalement possédé par le pasteur. Pasteur et Conseil sont liés entre eux sans être soumis l’un à l’autre. Comme l’explique André Gounelle dans un article consacré à l’articulation entre ministre et communauté : « La reconnaissance du ministre par la communauté ecclésiale s’accompagne d’une reconnaissance de la communauté ecclésiale par le ministre, symbolisée [dans le cadre de l’Eglise réformée de France notamment] par l’adhésion à la Déclaration de foi et l’acceptation de la Discipline. Le ministère n’est pas le chef de la communauté ; il n’a pas le droit de la commander, de lui imposer ses vues et sa conception propre du message évangélique. Elle dépend du Christ, et il n’est pas pour elle l’image, la figure ou la parole du Christ. Mais le ministère n’est pas non plus le serviteur, l’agent d’exécution de la communauté qui aurait à se soumettre à sa volonté. Il dépend lui aussi du Christ, et il a une parole venant du Christ à faire entendre ».

 

- Une relation corrélative

 

Pour parler du pasteur dans son lien avec l’institution, on distingue souvent trois modèles : celui de l’institution, celui de la délégation, celui de la corrélation. Pour le modèle de l’institution, le ministre est représentant de Dieu et lieutenant du Christ, institué divinement pour servir et vivifier la communauté. Pour le modèle de modèle de la délégation le ministre est mandaté et nommé par la communauté dont il est l’émanation et l’agent exécutif). Pour le modèle de la corrélation (le ministre est définit par sa double relation au Christ qui l’envoie et à la communauté qui le reconnaît, double dépendance qui se régule l’une par rapport à l’autre).

 

Cf. « Les ministères de l’union. Décision synodale de l’ERF, mai 2004 : « Le pasteur est appelé à entrer au service d’une communauté locale qu’il contribue à rendre vivante et heureuse dans sa mission à la suite du Christ. Arrivant dans une communauté qui a une histoire, une tradition, des attentes, le pasteur ne peut la soumettre à ses représentations préétablies, mais il les partage et les discute. De même, la communauté qui accueille un nouveau ministre, avec sa personnalité et ses dons, se prépare au changement et à ce que ses attentes soient déplacées.»

 

Certes, c’est avec les membres du Conseil Presbytéral que le pasteur veille à l’animation de l’Eglise ; il partage avec eux le souci de l’édification et de la conduite de l’Eglise locale, comme le soin de son administration et de sa gestion. C’est aussi parce qu’il est « autre », qu’il vient d’ailleurs, qu’il n’est pas réductible au Conseil, qu’il peut fonctionner comme pasteur dans toute la liberté que la fonction pastorale requiert. Le ministère doit donc nécessairement échapper à l’emprise de son Conseil, précisément pour en demeurer le pasteur –celui qui, parce qu’il est autre, peut librement recentrer l’Eglise sur l’Evangile, l’empêcher de « tourner en rond », briser toute autosatisfaction cléricale. Un Conseil qui n’accepte pas le dérangement occasionné par son pasteur ne le mérite pas et n’a finalement nul besoin de lui…

 

Si le président préside, il ne serait présider le pasteur (ou seulement en tant que membre du CP), de même le président ne préside pas l’Eglise. Le président ne peut avoir un ascendant sur le pasteur qui serait tel que tout ce qu’il fait et décide devrait être soumis à l’accord préalable du CP. De même, le président ne peut présider aux destinées d’une Eglise locale qui lui échappe.

 

Pour se faire, le président du CP doit accepter de ne pas tout contrôler, de ne pas devoir tout savoir, de ne pas être omniscient, ni omniprésent, ni omnipotent (on dira la même chose du pasteur). Pour présider sans diriger ni contrôler, il devrait penser et pratiquer collégialement sa propre présidence. Le bureau est ici essentiel comme lieu de discussion et de recul pour le président lui-même, d’évaluation et de vérification de ses propres idées et propositions, mais aussi et peut-être surtout pour souligner, pour incarner le primat de la collégialité dans la présidence. Si le président préside une collégialité, cette collégialité préside aussi la présidence, elle induit une manière particulière de présider (dimension corrélative). D’où l’importance du bureau qui, sans remplacer le CP doit lui faciliter les prises de décisions, d’où l’importance aussi que le pasteur fasse partie du bureau et ce même s’il n’y occupe aucune fonction spécifique. Sa présence est aussi nécessaire pour veiller à ce que CP et pasteur (extérieur au CP) travaillent ensemble, fassent voix commune, qu’il n’y ait pas une Eglise à deux vitesses.

 

On relèvera aussi l’importance de la relation entre le président et le pasteur qui sans devoir être sur le mode de l’amitié, doit être une relation de confiance réciproque ; relation qui implique notamment une réelle confidentialité. Cette relation peut servir d’instance de vérification de certains projets et de première délibération sur des questions « préoccupantes » pour le pasteur comme pour le président.

 

3. Celui qui pré-embauche

Le président peut facilement se retrouver en situation de pré-employeur, du pasteur mais aussi des autres membres.

 

C’est bien souvent lui qui reçoit le premier contact et peut d’emblée être une force de persuasion ou de dissuasion, pour le pasteur et pour le CP vis-à-vis d’un pasteur. Il me paraît cependant essentiel de rappeler que le pasteur est nommé par le CP. C’est le CP qui est responsable et s’il se sent forcé par le président pour dire oui ou non, il risque fort un jour de regretter de l’avoir été et de le reprocher au président. Si la nomination doit bien venir du CP, c’est aussi et peut-être surtout pour que le pasteur ne se sente pas dépendant du seul président ; qu’il ne se sente pas continuellement redevable à son sujet ou continuellement craintif à son égard. C’est au CP que le pasteur doit rendre des comptes et non au président. De même, c’est le CP qui est responsable de l’évaluation du pasteur en lien avec le synodal et non le président. Par exemple, ce n’est pas au président de procéder à des évaluations sauvages qui serviraient de pré-évaluations pour le CP. Cela implique de la part du président un sens certain de l’abnégation. Le président peut présider un CP qui nomme un pasteur que ce même président peut ne pas vraiment aimer.

 

Cette neutralité du président est d’autant plus nécessaire que le président peut parfois servir d’instance de régulation de la relation entre le pasteur et le CP et la communauté dans son ensemble. Quand un CP ne parvient pas à dire certaines choses aux pasteurs et vice-versa, c’est bien au président d’assurer la communication. Le président doit faire la part des choses mais aussi la balance entre les intérêts du CP et ceux du pasteur, et ce lorsque ces intérêts diffèrent et ne coïncident pas immédiatement.

 

En même temps, il faut reconnaître que le président appartient au CP, il en est membre et le préside. Sa neutralité sera donc toujours relative et dans bien des cas, c’est vers le président du Conseil régional que le pasteur devra se tourner. Il me semble en revanche que ce rôle d’intermédiaire doit nettement jouer entre le CP et le reste de la communauté, c’est bien souvent ce que la communauté attend du président du CP.

 

  1. Un porte – parole 

Porte-parole du CP pour la communauté

Porte-parole de l’Union pour le CP et la communauté

Porte-parole de l’Eglise pour l’extérieur

 

  1. Un responsable juridique

 

R. Picon

 


 

On retrouvera ces éléments dans mon livre Ré-enchanter le ministère pastoral. Lyon, Olivétan, 2004.

 

Dans l’Eglise évangélique luthérienne de France et dans l’Eglise réformée de France, notamment, tout prédicateur a été préalablement reconnu apte à l’exercice de la prédication par le Conseil presbytéral et les instances régionales. Il n’en demeure pas moins qu’un véritable parcours de formation, obligatoire, validée et objet d’une reconnaissance institutionnelle, serait utile pour assurer une prédication de meilleur qualité et donner à ce ministère une identité et une légitimité plus fortes.

 

Voir pour cela Claude PEURON, « Statut des ministres dans l’Union nationale », in Ministères, Coordination Edifier-Former, ERF, Paris, 2000.

 

André GOUNELLE, « Le ministre et la communauté », in : Etudes Théologiques et Religieuses, 1988/2.

 

TRAVAUX DES ATELIERS

 

LE PROJET D'ÉGLISE - FACTEURS CLÉ DE SUCCÈS

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15 octobre 2010

RECONNAISSANCE DU MINISTÈRE DU PRÉDICATEUR LAÏC

 

INDICATIONS CONCERNANT LA RECONNAISSANCE DU MINISTÈRE D’UN PRÉDICATEUR 

 

 

La célébration éventuelle d’une reconnaissance d’un prédicateur muni d’un mandat de desserte délivré par le Conseil régional (discipline, art. 13, paragraphe 1 et 3) est à l’initiative de ceux qui sont chargés de son discernement. On s’est contenté de fournir quelques éléments. À adapter de la liturgie de Reconnaissance du Ministère d'un Ministre. 


ENGAGEMENTS PARTICULIERS D’UN PRÉDICATEUR : 

 

Officiant(e) : 

Vous qui êtes appelé (e) au ministère de prédicateur, vous annoncerez joyeusement l’Evangile. 

 

Vous aiderez les assemblées à célébrer le culte du Seigneur, en les conduisant dans l’adoration, l’écoute de la Parole, la célébration du baptême et de la cène, la prière communautaire. 

 

Vous exercerez votre ministère en collaboration avec les autres prédicateurs et les pasteurs de votre consistoire ; ensemble, vous chercherez comment annoncer fidèlement l’Evangile aujourd’hui. 

 

Est-ce bien là ce que vous voulez ? 

 

Ministre : 

- Oui je le veux. 

  Jésus-Christ est le Seigneur. 

  Qu’il me soit en aide. 

 

IMPOSITION DES MAINS : 

 

Prière particulière pour un prédicateur : ( ...)

 

Officiant(e) : 

Accomplis ta force dans la faiblesse de ton serviteur -ta servante-. Dans sa vie comme dans sa prédication, donne-lui de mettre en relation constante l’Evangile et la vie quotidienne. 

 

Inspire-lui une parole claire et donne-lui l’humble assurance de celui -celle- que tu envoies. Mets en lui -elle- l’amour de ton Eglise et de son unité. 

 

Posté par TIMKIT à 15:26 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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